64 ans, enseignant, généalogiste, polyglotte, gastronome et wolfokien

Je ne suis pas grand-père. Mes enfants, dont une qui va frôler la quarantaine, n’ont pas jugé bon de procréer jusqu’à présent ! Grand bien leur fasse ! Soyons philosophes en toute chose ! Comme dit non pas mon cousin Gaston, mais bien ma cousine Maya :

Vaut mieux être sans ké ! Ou té ké ni ké et peut-être ou té ké alè kilé ka kouri main si tèt !

Chacun son destin, donc ! Je comprends leur préoccupation à mettre un enfant au monde dans ces temps incertains ! Mais en même temps je m’aperçois autour de moi que tous les amis de mon âge sont eux grands-parents bien qu’ayant des enfants plus jeunes. Et même quatre de mes frères et soeurs sur huit vivants, bien qu’il soient plus jeunes que moi, puisque je suis le fier aîné, ont déjà un ou plusieurs petits-enfants . Bien sûr je relativise car ils ont eu leurs enfants jeunes, la plupart en-dessous de 20 ans alors que moi je n’ai eu ma première qu’à l’âge de 26 ans et demi, la deuxième à l’age de 35 ans, le troisième à  37 ans, le quatrième à 45 ans et le dernier à 47 ans.

Mais néanmoins je crois devoir transmettre, c’est le rôle  des grands-parents en principe, léguer, faire un legs, laisser un héritage à ces héritiers putatifs qui j’en suis sûr un jour surgiront d’une gourme tendre et fertile !

Il n’est un secret pour nul de ceux qui me connaissent que je m’intéresse, c’est plus que ça, j’ai une passion pour la généalogie antillaise, qui pour l’instant est guadeloupéenne, martiniquaise et africaine au niveau de mes ascendants et brésilienne, hollandaise, amérindienne, portugaise, indonésienne, surinamienne au niveau de mes descendants.  Je suis guadeloupéen, je suis martiniquais, je suis africain, je suis divers par mes origines biologiques ! Je suis hollandais, je suis brésilien, je suis surinamien, je suis indonésien, je suis portugais, je suis divers par mes attaches familiales !  Je suis français, je suis étatsunien, je suis brésilien , je suis guadeloupéen, je suis divers par le temps que j’ai vécu dans ces pays ! Un mot seul résume ce que je suis et ce n’est ni français, ni guadeloupéen, ni africain, ni caribéen, ni européen, ni sud-américain, quoique là aussi je revendique ces appartenances provisoires finalement, mais le mot juste pour me définir est wolfokien ! Je suis wolfokien, voilà ma nationalité, voilà mon hymne, mon drapeau, ma devise, ma monnaie, ma constitution, mon gouvernement, ma race, là où vont mes allégeances ! Ma patrie n’a pas de contour défini, c’est un Tout-Monde comme le disait si bien Glissant et même si je lui donne un épicentre parfois qui peut être la Guadeloupe, puisque c’est tout de même le lieu de ma naissance, ce n’est qu’un centre circonstanciel, c’est un centre mouvant comme l’oeil d’un cyclone ! il se déplace comme un papillon, ou comme un furet, ou mieux un raccoon, il est passé par ici, il repassera par là ! je comprends la guadeloupéanité mais je la vis sereinement à l’intérieur de ma wolfokité ! Je ne me sens pas dans un conflit identitaire car je vis une identité apaisée, plurielle, polyglotte et syncrétique et si j’en cherche inlassablement les racines, comme pour me fixer des repères dans la mer, je sais bien qu’elles sont partout et nulle part et que la quête est insatiable. C’est cet appétit de quête et d’interrogations jamais assouvies que je voudrais transmettre à mes enfants et aux plus jeunes générations. Je suis d’un ailleurs éternellement renouvelé.

Retrouver ses racines passe par la connaissance de son histoire et au départ ce n’était pas une évidence de replonger dans cette histoire car elle me ramenait inéluctablement à la colonisation jusqu’en 1946 et à la condition d’esclavage jusqu’en 1848. Rechercher ses ancêtres signifiait donc pour moi plonger dans les marigots nauséabonds de l’histoire. Mais j’ai appris à voir la beauté et la grandeur dans la mangrove. Comme tout un chacun j’escomptais trouver parmi mes ancêtres un passé d’homme libre, pas même glorieux ni prestigieux, jusqu’au moment où j’ai dû me rendre à l’évidence que j’étais à 99 pour cent de mes branches descendant d’esclaves.  Il y avait donc par la force des choses parmi les ancêtres que j’ai pu identifier jusqu’à présent une grande majorité de cultivateurs. J’ai réussi à force de courage et d’abnégation à identifier plus d’une quinzaine de branches. Mes ancêtres étaient noirs, des nègres, des négresses; des câpres, des câpresses, des mulâtres, des mulâtresses, des rouges et moins rouges ! Donc originaires à un moment donné de la traite transatlantique qui a duré quatre siècles ! Les Antillais ont donc dans leur large majorité à un moment ou à un autre de leur arbre généalogique des descendants d’esclaves africains et s’il y avait des mulâtres et des câpres et toutes sortes de dénomination de couleur c’est qu’il y avait des Européens, des Amérindiens, des Hindous, de religions diverses et variées pour produire le melting pot. De ce microcosme vibrionnant j’ai voulu comprendre la portée syncrétique .

Quand on parcourt les registres des actes de nmd – naissances, mariages, décès – de mes ancêtres esclaves.  (eh oui il y avait prévu à cet effet un registre des esclaves qui répertoriait ces évènements de la vie) on peut  lire en toutes lettres des informations comme « Naissance de Angèle appartenant à madame veuve untel ». Quand un enfant d’esclave naissait, on notait le nom de sa mère et de son propriétaire et la date de naissance et la couleur qui invariablement était noir, câpre ou mulâtre.

Sur les registres traditionnels, où l’on retrouve les autres habitants accompagnés des affranchis et des libres de naissances il est fait mention quand l’information est connue du nom du père, de sa profession, de son age, de son domicile, de la date et de l’heure de naissance, de mariage ou de décès, du lieu de naissance, de mariage ou de décès,  du nom de la mère, de son âge, de son domicile, on sait si elle sait signer ou pas, si elle est propriétaire ou pas, si un contrat de mariage a été établi ou pas, si on est veuf ou pas, et si oui quel était le nom de son époux en premières ou en secondes noces et quelle était la date du décès de l’ancien être cher, on sait même les circonstances selon lesquelles l’édile a dû se déplacer en raison de la maladie ou de l’impossibilité pour une raison quelconque qui est précisée de l’un des époux à se rendre en mairie pour célébrer le mariage.

Rien de tel sur le registre des esclaves ! Car l’esclave est un bien meuble, qui n’est enregistré que pour des raisons de statistiques ou de paiement de taxes et d’impôts et autres contributions directes ou indirectes. Il est donc important de savoir la date de la mise en service du meuble ou de l’appareil, choisissez la terminologie qui vous convient, et la date de fin de service de l’appareil. On a le nom du propriétaire de l’appareil qui va de père en fils en veuve,

Vous vous demandez je le suppose où je veux en venir. Eh bien voilà j’ai retrouvé récemment un acte de décès qui m’ a interpellé.

Ca se passe le 3 juin 1839, une éternité, me direz-vous, Mais cette éternité bien immobile a le coeur qui bat en moi : acte de décès 28 du 5 juin 1839, Laurent Lafages, propriétaire esclavagiste comme tant d’autres est à la manoeuvre et relate la mort d’un esclave, un certain Jean-Pierre, âgé de 50 ans et appartenant à  Amé-Noël. Cet Amé-Noël, plus exactement ce Jean Antoine Amé Noël, libre de naissance,  né le 19 mai 1769 à Vieux-Habitants et décédé le 3 mai 1845 à  Basse-Terre, est un esclavagiste noir propriétaire lui aussi d’esclaves. Comment le sais-je ? J’ai lu il y a bien longtemps le livre de Gérard Lafleur sur Bouillante, après avoir lu celui sur Saint-Claude, les deux villes entre lesquelles se joue ma guadeloupéanité. Or ce Jean Pierre qui décède est un nègre marron, c’est à dire un nègre qui s’est échappé de sa plantation pour prendre les chemins de la liberté. Je sais que des châtiments terribles étaient réservés à ceux qui osaient commettre cette insolence de vouloir dire basta à la condition servile. On pouvait les estropier, les mutiler, leur couper qui un bras qui une langue qui un cou tout simplement, aussi simplement que ça, sans autre procès, sous la haute protection juridique du Code Noir.  Marronner c’était vu comme de la haute trahison ! Jean-Pierre, comme le déclare laconiquement Béloni Bertin, économe de de l’habitation dite Duché appartenant au sieur Amé-Noël, « nègre marron depuis 18 ans, âgé de 50 ans, arrêté par une patrouille  faite en cette commune dans la nuit du 28 mai dernier et conduit sur l’habitation de son maître, le vingt neuf à sept heures du matin, où il a constamment refusé de prendre de la nourriture, était décédé  le trois de ce mois à six heures du matin ».

Je m’interroge. Et si Jean-Pierre était l’un de mes ancêtres ? Quand bien même il ne le serait pas je vais investiguer sa vie d’insoumis comme s’il était l’un de mes porte-paroles, de mes ancêtres directs de sang. Comme les Mormons qui adoptent les défunts pour leur procurer le baptême et la vie éternelle, je t’adopte Jean-Pierre comme le mari putatif de ma plus ancienne  Baltimore répertoriée à ce jour, la dénommée Magdeleine née vers 1781 à Bouillante, mère de Monrose dit Petit Frère. Puisque tu es mort à 50 ans tu serais né en 1789 donc vous vous êtes connus c’est obligatoire, mathématique ! Réussir à vivre dans la clandestinité pendant 18 ans ce n’est pas une mince affaire, je te salue, Jean-Pierre, plein de grâce, la force est avec toi ! Axé !

Refuser de manger c’est l’acte suprême ! Surtout pour moi qui suis gourmand et qui même malade alité se réjouit à la vue de la plus simple des mangeailles ! Mais je me méfie des actes de complaisance. Plus il y a de détails pour tenter de rendre plus véritable la vérité plus on peut soupçonner la mystification. Jean-Pierre pourrait très bien avoir été exécuté, pendu, égorgé, éventré, émasculé pour l’exemple comme on le faisait généralement en pareil cas.

Transmettre la gastronomie c’est aussi transmettre l’histoire. J’ai en tête l’email que m’a adressé hier un autre guadeloupéen respectueux des traditions et mon aîné de quelques 6 mois, j’ai nommé le sieur Hugues Tiburce Lami, ingénieur de profession et chef d’entreprise mais avant tout humaniste. Lisez plutôt. Il répond à un email que je lui ai écrit et où je fais l’éloge de ma caribéanité plus que de ma guadeloupéanité. Il ne m’en voudra pas, j’ose l’espérer, de partager avec le plus grand nombre ses réflexions. Voici mon mail initial :

« Bonjour Hugues ! Votre H.T. m’avait fait subodorer que vous étiez Hugues Tiburce LAMI et j’ai pu voir en faisant une recherche rapide sur google qu’il y avait eu Hugues Théodore LAMIE avant vous et que vous étiez dans ce domaine médical. Si je comprends bien, dans la mesure où vous descendez comme moi de Bernadine VADIMON, nous sommes cousins, éloignés peut-être, mais cousins quand même ! Moi je suis dans le domaine de l’enseignement. j’ai passé une grande partie de ma vie à enseigner le français à l’étranger ou à vivre à l’étranger. essentiellement les Etats-Unis, la Hollande et surtout le Brésil où j’ai séjourné plus de 15 ans. J’ai 5 enfants dont quatre de mère brésilienne et une de mère hollandaise. Je suis actuellement remarié en troisièmes ou quatrièmes noces, je ne sais plus, avec une brésilienne mais nous n’avons pas enfants. Ma mère a 85 ans et habite prés de Toulouse, j’ai huit frères et soeurs qui vivent en métropole. En Guadeloupe j’ai encore de la famille proche du coté de ma mère à Saint Claude (Justine Manclière, une tante), et encore deux ou trois tantes du coté de mon père qui portent Bardus comme nom de jeune fille, elles disséminées sur la Guadeloupe. Nos rapports malheureusement se sont distendus étant donné mon expatriation pendant de nombreuses années. Ma guadeloupéanité, comme vous dites, est essentiellement généalogique et culinaire. Je me sens caribéen avant toute autre chose, je dirais même plus je me sens tropical. Je sais, ce n’est pas un pays, les tropiques,  mais j’ai vécu dans tant d’environnements linguistiques différents que je me sens limité en disant que je suis de Saint Claude, Guadeloupe. Tout petit j’habitais juste en face du cimetière et je jouais avec les zandolis dans le cimetière de Saint Claude où je me souviens poussaient des pieds d’avocats, puisque j’habitais ruelle de l’Externat. De là vient sans doute ce que ma femme appelle pour me taquiner ma convivialité « macabre » avec les morts. Pourtant je sais que c’est de là que je puise ma « substantifique moelle » comme disait je ne sais plus qui. Les os de morts engraissent la terre et donnent d’énormes avocats, je peux en témoigner !  En ai-je mangé tout petit (de ces avocats-là, pas des os) je l’ignore mais s’il y avait eu des pieds de mangue je ne m’en serais pas privé, ça c’est sûr ! En tout cas j’adore l’avocat et le corossol ! J’adore cuisiner et mes amis brésiliens savent depuis longtemps le gout des accras et du calalou crabes. Je ne suis pas allé en Guadeloupe depuis une dizaine d’années mais je pense y aller fin 2017, ne serait-ce que pour la faire visiter à ma femme et à deux de mes enfants qui n’y ont jamais mis les pieds.. Bien sûr j’ai de nombreux cousins et cousines que je vois parfois sur Facebook. Je suis ravi d’apprendre que mes travaux servent à quelque chose. Pour les Baltimore je le savais car je les ai répertoriés à peu près tous, mais je ne pensais pas que mes recherches pourraient servir aux autres branches de mon arbre familial. Je reçois assez souvent des courriers via Geneanet de personnes qui me demandent de l’aide dans leur généalogie et c’est plus fort que moi il suffit qu’on me jette un nom en pâture et je pars à la recherche de ses racines. J’ai donc vu en relation à vous même que vous étiez né le 14 avril 1952. Vous êtes donc mon aîné de quelques 6 mois puisque je suis né en octobre 1952. J’ai vu aussi que les LAMI que je considérais être tous de Bouillante avaient une branche à partir de Marc LAMI, né en 1870, fils de Gédéon LAMI et Julie LAINEZ, préposé des Douanes, marié à Trois Rivières le 17 novembre 1900 avec Rose Marie Frédérika FRANCOIS (native de Saint-François) qui s’était installée en Grande-Terre avec une descendance entre Sainte Anne, Le Moule et Saint-François. Je suppose que vous êtes un de ses descendants…Quant au patronyme MACOUBY je l’ai déja vu passer sous mes yeux me semble-t-il lors de mes recherches sur Saint-Claude, j’y ferai dorénavant plus attention. Il aurait disparu des Antilles ? Ce serait alors comme le patronyme SYPHAX COLDY ou celui de BANDINI qui se sont eux aussi semble-t-il volatilisés dans les antres du passé. Mais on peut toujours avoir une bonne surprise, vous savez ! j’ai retrouvé il y a quelques mois sur anom un demi-frère de mon père, dont personne ne m’avait parlé. Mon père lui-même ne m’en avait pas parlé de son vivant et peut-être même en ignorait-il l’existence. Quand je pourrai voir les archives de Bouillante entre 1908 et 1924 je pourrai avoir d’autres surprises

Voici la réponse d’Hugues :

Bonjour cher cousin,

J’ai profité des trois jours passés pleins d’occupation pour moi, pour suivre ton parcours qui est déjà tout une histoire. Mais ce n’est qu’une histoire de « guadeloupéen ».

Pour tout te dire c’est aussi mon histoire (certes différente sur quelques aspects) qui me projette dans la recherche compréhension de la formation historique de la population de de la Cote sous le Vent et du peuple de Guadeloupe de manière plus générale.

Il me semble intéressant de dépasser le regard de l’historien ou du généalogiste (que je ne suis pas), pour entrer dans la simple dimension de « la transmission populaire ». Cette « transmission populaire », n’existe pas et pour cause, il faudra la créer. Jouer le rôle nos grand-mère et grand père, de nos aïeuls qui furent dans l’incapacité de relater les faits d’un passé qu’ils maitrisaient peu de raconter la vie d’«an tan lontan». Décrire la généalogie et réinventer la lignée. Faire vivre ceux qui ont tant subi et raconter leur simple vie. Comprendre et faire partager le vécu ou les pensées de ceux qui furent déportés, transplantés et chargés de procréer dans un monde inconnu. Puis parvenir peut être à nous comprendre nous-même.

C’est la mission que je me suis fixée et que je te convie (sans opportunisme) à partager. Tes zandolis ta connaissance des cimetières et ton appétit pour les gouts des fruits bien de chez nous y ont leur place.

Je me suis penché sur les écrits de Gérard Lafleur. Les as-tu lus ? ils éclaireront largement sur le sujet

A propos de cet Amé-Noël dont je parle plus tôt voici ce que me rapporte un autre ami généalogiste de Guadeloupe, monsieur Joseph Coëzy :

Je vous livre ci-dessous cet extrait de mon arbre au sujet de Jean-Antoine Amé-Noël (clic) :

Entrepreneur de pêche à la seine, homme de couleur libre, Jean-Antoine accumula assez de fonds pour acquérir canots et filets. Mais il n’est pas impossible de penser que ce sont les deux « flutes » échouées à l’Anse à la Barque en 1810, juste à coté de sa propriété qui firent sa fortune.

C’est le 26 mai 1830 que Jean-Antoine AMÉ-NOEL se rendit acquéreur de la sucrerie Bologne. Cet homme de couleur «libre de naissance», originaire de Bouillante, était un personnage hors du commun. Avant lui, aucun homme de couleur n’était devenu propriétaire d’une sucrerie aussi importante que celle de Bologne, qui faisait presque 114 hectares.

Monsieur Gérard LAFLEUR [historien] nous offre dans le chapitre consacré aux démêlés de Jean-Antoine avec la Justice un véritable panorama d’un procès de renom national. Jean-Antoine et sa concubine Delphine ainsi que le commandeur de son habitation caféière La Duché, sont accusés du meurtre d’un esclave marron Jean-Pierre. Le Journal Le Temps s’indigna de l’acquittement dont bénéficièrent les accusés. Ce verdict fit scandale et l’affaire fut portée en cassation.

Il mourut en 1845 et l’on peut voir aujourd’hui son tombeau dans le petit jardin voisin de la distillerie Bologne à Baillif.