400 years without a comb

« 400 years without a comb » (400 ans sans peigne) est le nom d’un livre de Willie Lee Morrow paru à San Diego, Californie en 1973 en pleine apogée de la coupe afro ! La mode afro se définissait comme un retour au naturel, à une sorte de pureté africaine retrouvée mais de nombreux intellectuels africains par la suite l’ont dénoncée comme une mode US comme le Coca Cola et Mac Donald ! cela n’a pas empêché les peignes afro de croître et de multiplier comme des poissons christiques et quoi que pour la plupart ils soient tous en plastique, en bois ou en corne fabriqués en Asie dorénavant, ils contribuent à perpétuer le mythe d’une beauté noire américanisée !

Et moi qui suis issu de la Méditerranée américaine, je vous l’avouerai sans détours : étatsunien ou pas, importé de Chine ou pas, ne serait-ce que pour caresser de temps en temps ma calvitie,  j’avais depuis moi aussi 483 ans avec moi mon peigne afro mauve, et je viens aujourd’hui, probablement transporté par un renne égaré dans les méandres caribéens de l’esprit de Noël, de le léguer à mon fils de 17 ans qui semble-t-il hésite entre l’afro et le mohican ! Ce passage de bâton, ou plus exactement ce passage de peigne est lourd de signification ! Cela signifie-t-il que j’ai abandonné toute velléité  capillaire ? Ou peut-être s’agit-il d’aller vers une autre beauté, je n’en sais rien !  Mais on ne peut pas être et avoir été ! Je lui ai offert aussi un tube de Pétrole Hahn que j’avais acheté il y a quelques mois et dont je ne me suis jamais servi ! Peut être tout simplement veux-je par cette cession unilatérale lui confier cet héritage, comme le riche laboureur sentant sa mort prochaine, faisant venir ses enfants, leur parlant sans témoin pour leur dire :

« Gardez-vous de vendre l’héritage que vous ont laissé vos parents, un trésor est caché dedans ! »

Je souhaite qu’il puisse lui aussi à loisir labourer, démêler, bêcher, découenner, emmêler et j’espère qu’il découvrira lui aussi un jour que son cheveu est un trésor ! Plus de 43 ans après, que sont les coupes afro devenues ! Ont-elles cédé à l’appel des défrisants à chaud et à froid, aux vagues des extensions  de cheveux de provenance indienne ou brésilienne, ont-elles éliminé les perruques blondes et rousses ? Faire un état des lieux  ne semble pas nécessaire et un simple regard sur les coiffures des enfants de maternelle en petite, moyenne et grande section en France donne un réponse sans ambiguïté. La coupe afro est décédée, feue la coupe afro ! Enterrée, incinérée ! Qui a été témoin du décès ? Qui a été à l’enterrement !

Certes parfois comme un anachronisme ressurgit au détour d’un chemin un jeune  homme ou une jeune fille ! Comme dans le cas de mon fils, elle renaît dans la nostalgie du père et des pantalons patte d’éléphant ou les microsillons et les tables en formica jaune et les chemises à carreaux rose vichy de Tati ! Elle s’assortit si bien aux lunettes de soleil Ray-Ban ! Que sont Angela Davis, Eldridge Cleaver et Brothers of Soledad devenus ? J’ai même vu récemment dans la rue à  Paris un type arborant cheveux gominés comme du temps de Percy Sledge et Otis Reeding, comme au temps de James Brown avant que lui aussi n’arbore la coupe afro, la coupe aux poings levés dans des gants noirs des champions d’athlétisme de Carlos et Smith en 1968 ! C’était l’apogée de la coupe afro ! Le capillaire a ses raisons que la raison ne comprend pas ! Le cheveu crêpu a comme tout cheveu ses avantages et ses inconvénients. On n’en voit souvent que les inconvénients largement dictés par une mode qui valorise le lisse et le long, comme on peut par ailleurs valoriser le bio ou le cru par exemple !

Comme le dit la brésilienne  Elisa Lucinda, actrice, chanteuse et écrivain, une négresse aux yeux verts, dans son fameux monologue dans la pièce  « Parem de falar mal da rotina » :

« Vou dizer que eu tenho cabelo ruim ? nao vou dizer ! meu cabelo é muito bom por sinal ! ele é amigo, companheiro, fiel !  cabelo ruim é aquele que da no pé e deixa o sujeito na mão. esse ai que é ruim, traidor, larga o cara na mao, jovem sem o fio de cabelo. »

En effet une coupe afro peut servir de parapluie, peut servir de coffre-fort ! Bonne chance, fiston, et que cette coupe afro te serve de drapeau, d’hymne, d’armoiries et de devise ! Be happy, be natty !

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