ascendance servile

On peut être d’ascendance africaine sans être d’ascendance servile. Tel est le cas des 6000 africains engagés volontaires qui ont débarqué entre 1852 et 1862 pour remplacer avec des Indiens et des Chinois la main-d’oeuvre esclave libérée en 1848. Ces 6000 avaient pour référent linguistique le kikongo et comme cosmogonie la cosmogonie   kongo !.La plupart des Africains appartenait aux aires bantoues avec une trilogie particulière : kongo-mbundu, fon et wolof ! Mais ceux de Bouillante semble-t-il étaient d’ascendance  Fanti-Ashanti du Bénin actuel.

Dois-je remercier Abraham Victorin Lesueur , maire de Bouillante en septembre 1848 pour avoir donné le nom Baltimore à mon ancêtre   Monrose dit Petit Frère Baltimore, ou dois-je plutôt le maudire ! Aurais-je dû comme Malcom Little et Cassius Clay me faire appeler x ! et jeter mon nom aux gémonies ! Il aurait pu l’appeler Deux Cent Treize, son numéro du registre des nouveaux libres , ou conserver 1049 son numéro du registre matricule des esclaves de Bouillante, ou appeler toute la famille  Petitfrère, à partir de son surnom , voire Fanti-Ashanti ! Jean-Marie Fanti-Ashanti ! Qui aurait trouvé à y redire !

Monrose était alors un homme de 35 ans, né pendant l’occupation anglaise vers 1813 qui avait eu avec sa femme Jeannille agée de 30 ans deux enfants : Saint-Prix né le 27 décembre  1839 et Etienne né le 26 août 1841. Jeannille Bandini et ses enfants habitaient sur l’habitation Mineurs  Bertrand. Tandis que le père de ses enfants était lui sur l’habitation   Bertrand. La mère de Monrose, Magdeleine Baltimore, âgée de 55 ans, était sur l’habitation  Epoux Lafages tandis que la mère et la sœur de Jeannille, Désirée âgée de 57 ans et sa fille Delphine âgée de 42 ans l’accompagnaient sur l’habitation     Mineurs Bertrand. Le père de Jeannille, Jean Paley âgé de 54 ans habitait sur l’habitation veuve Noël Sabine. Il y avait encore Ambroise Bandini fils de Delphine, âgé de 15 ans !

Je résume: rnl 207 Désirée – rnl 208 Delphine – rnl 209 Jeannille – rnl 210 Ambroise – rnl 211 Saint-Prix -rnl 212 Etienne – rnl 213 Monrose – rnl 796 Magdeleine – rnl ??? Jean Paley

Classés selon leur RM cela donne RM 1078 :  Magdeleine – RM 1049 Monrose –   RM 277 Jeannille – RM 273 Delphine – RM 1777 Etienne – RM 293 Saint-Prix – RM 290 Ambroise – RM 270 Désirée –

Qui étaient donc ces ancêtres, d’où venaient-ils avant la Guadeloupe, d’Afrique certes mais de quelle ethnie ? Etaient-ils kikongo, kimbundu, bambara, malinké, mandingue, djoula, sango ?. Étaient-ils originaires du royaume du Congo  (sud du Gabon, sud de la république du Congo (Brazzaville), République démocratique du Congo (Kinshasa), nord de l’Angola ou étaient-ils du royaume Arada (Côte de l’Or, Ghana, Bénin) situé dans le Golfe de Guinée !

Il est bien plus facile de savoir sur eux en cherchant l’histoire des habitations et de leurs propriétaires. cela réduit mes recherches à deux patronymes  :      Lafages et Bertrand !

Les Lafages :

Le premier Lafages à s’installer en Guadeloupe est Laurent Lafages né à Bayonne  le 13 juillet 1748 et décédé à Basse-Terre le 3 octobre 1807. C’est le fils de Bernard Lafages et Marie Françoise Claverie (1715-). Laurent est officier de marine et capitaine de milice. Il est l’avant-dernier enfant : avant lui sont nés à Bayonne deux soeurs  Jeanne Marie Lafages (1744) et Catherine Lafages (1745), puis un frère, Pierre Lafages (1747). Il a une sœur plus jeune  Marie Thérèse Lafages née en 1752 à Bayonne. Il se marie le 27 février 1775 à Vieux-Habitants à Marie Ursule Laurence Lemoyne (1750-1819), fille de Laurent Lemoyne et de Marie Magdeleine Gardin. Le couple a deux enfants nés à Bouillante: Laurent né le 24 décembre 1783 et Françoise née le 22 octobre 1786.

1783 est aussi la date de naissance approximative de mon ancêtre Magdeleine Baltimore qui est listée en 1848 sur cette habitation.

En 1794 une partie de la petite famille doit s’expatrier suite aux guerres révolutionnaires et à la terreur qui règne sur l’île à travers Victor Hugues pendant la Convention puis le Directoire.  Leurs biens sont confisqués. La caféière devient caféière nationale. Laurent Lafages père est parti avec un de ces garçons et l’une de ses filles, accompagné de la veuve Estiemble  et deux des fils de cette dernière, ainsi que  de sa sœur  Thérèse Lafages. De son côté , pour des raisons que l’on ignore encore, Ursule Lemoine, la femme de Lafages est restée à Bouillante  avec Laurencine, fille de la veuve Estiemble. Mais en 1899 le père revient et son habitation lui est rendue ! A sa mort en 1807 c’est le fils  qui lui succède : il est capitaine de la milice puis est nommé commandant du quartier de Bouillante à la place de son beau-père Poirié !.

Il se marie le 27 juin 1808 à    Basse-Terre avec Jeanne Marie Marguerite Butel (1782 Basse-Terre, 4 juin 1824, Bouillante) et de cette union naîtront 4 enfants !       Adrien Alphonse Lafages (1812-1813), Delmance Louis Laurent Lafages  (1818-1825), Sylvain Théobald Auguste Lafages (1821), et Hélène Elodie lafages (1823)

Entre le 6 février 1810 et le 30 mars 1814 les Anglais occupent la Guadeloupe puis s’en vont au moment de la Restauration du 13 juin 1814 au 9 août 1815 pour la réoccuper du 10 août 1815  au 24 juillet 1816 suite aux Cent Jours de Napoléon. Une armée de 30 000 hommes sous les ordres du général    Leith envahit la Guadeloupe (soldats originaires de Demerara, Antigua, Canada , Dominique, Sainte-Lucie, Martinique alors aux mains des Anglais). A cette occasion Lafages se distingue mais est malgré tout vaincu malgré les dégâts lourds qu’il cause à l’armée anglaise. La Guadeloupe est même administrée par la Suède avant le traité de Paris.

Laurent Lafages se marie en secondes noces le 31 janvier 1825 à Basse-Terre à Mathilde Sophie BRISSE (1807-1850), dont il aura 8 enfants:  Jean-Marie Uldaric Lafages (1826), Pierre Marie Uldaric Lafages  (1828-1829), Henri Marie Oscar Lafages (1830), Charles Aristide Lafages (1832),  Ursule Emilie Alzina Lafages (1835-1865) qui se mariera le 12 avril 1864 à Louis Joseph Turlet (1831-1880), Laurence Françoise  Mathilde Lafages (1837), Adrien Verneuil Lafages (1839) et Sophie Emilie Lafages (1843)

Laurent Lafages est maire de Bouillante de 1838 à 1846. Il mourra à Pointe-à-Pitre le 3 novembre  1876

Françoise se marie le 10 avril 1804 à Jean Baptiste François LESUEUR; négociant originaire de Bouillante,  fils de Gabriel Elin Lesueur (1739-1801) et Marie Thérèse Elisabeth Marsolle (1746-1815)

Quid des Bertrand?

L’époque qui nous concerne entre 1783 et 1848 fait entrer en jeu  Jean Jacques Guillaume Bertrand né à Bouillante le 26 mars 1779. C’est le fils de Guillaume Daniel Bertrand lieutenant de milice des dragons né à Vieux Habitants le 7 juillet 1745 et décédé à Bouillante le 18 août 1816 et de Marie Elisabeth Poirié (1758, Basse-Terre – 1789, Bouillante)(issue d’une famille originaire de Royan en Charente Maritime et passée par Saint Pierre à la Martinique avant de s’installer en Guadeloupe). Ces derniers se sont mariés à  bouillante le 2 avril 1777. Guillaume Daniel Bertrand est lui même fils de   Louis Guillaume Bertrand , aide major de milice et de Jeanne Marie Catherine Nicole Vaneybergue-Roulle.

Probablement comme la plupart des émigrés suite aux événements révolutionnaires en Guadeloupe dès l’an 4 les Bertrand émigrent vers Antigua pour n’en retourner qu’à partir de 1798-1799 ou mieux vers 1802 comme la plupart des émigrés; entre temps leur habitation comme celle des Lafages devient caféière nationale . Entre 1796 et 1797 Eusèbe Taillandier est la personne qui administre la caféière. On compte alors 75 personnes sur l’habitation Bertrand.

La soeur de Jean Jacques Guillaume Bertrand,  Marie Anne Virginie Bertrand  se marie le 28 janvier 1808 à Pierre Yves Poirié    St Yves, habitant sucrier à Pigeon, Bouillante. il est propriétaire de l’habitation islet à Goyave

Jean-Jacques Guillaume Bertrand se marie le 16 janvier 1805 à Gosier à Luce Robertine Dieudonnée Eugène Saint Beaumanoir(1783, Gosier-1822 Sainte-Anne). C’est la fille de Nicolas   Saint Beaumanoir, officier de marine  décédé avant 1788 et Marie Eugénie Bonnet, remariée en secondes noces le 22 juillet 1788 à Etienne Dubois de Lassossay (dcd en 1805).    De cette union naîtront 4 enfants : Marie Eugénie Bertrand (1807 Sainte  Anne) (qui se mariera en 1830 à Paul Hercule  Petit et donnera naissance à Marie Anne Eglerisse Petit et à     Marius    Petit, puis convolera en secondes noces avec Louis Ferdinand  Bouvier de Cachard), Robert Dambrié Bertrand (1814) qui se mariera avec une Lafages, Anne Germaine Eglerie Bertrand (1816) ( qui épousera Louis Bramfeld Le Bourg de La Coudraie de Saint Hilaire) et Charlotte Agnès  Bertrand (1819).

Il se marie en secondes noces à Marie Thérèse Lafages (1799-1847) le 3 mai 1830 à Bouillante.  De cette union naitront 3 autres enfants : Jean Stanislas Gustave Bertrand (1931) qui se mariera le 19 mars 1855 à    Louise Elvira Ducasse (1831),  Irmis Elisabeth Prudence Bertrand (1833-1835) et André Laurent  Adolphe Bertrand  (1836)

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