I want my skeletons and my maçonne-bon-dieu back

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Lors de l’occupation anglaise de la Guadeloupe en 1810-1815 l’amiral anglais sir  Alexander Forrester Finis Cochrane (1758-1852) fut mis en présence d’un squelette de femme pris dans un bloc de pierre de 8 pieds sur 2 et demi pesant deux tonnes qui avait été retrouvé sur le littoral près du Moule dans une formation de sable calcaire  mesurant 1600 m. Le cadavre n’avait pas de tête, pas de cou, était très mutilé, sans pieds, presque sans bras. On ne pouvait deviner l’origine de la défunte ! Probablement une caraïbe ou une esclave. il est à noter que tous les corps regardaient dans la même direction. il y avait même un chien !

Ce squelette avait été mis à jour en 1805 par Manuel Gantès  Campomanès qui était alors officier d’état major stationné sur l’île. Le gouverneur  de la Guadeloupe, le général Ernouf, fit extraire le cadavre de son cimetière marin pensant avoir affaire à un descendant du déluge, un anthropolyte venant du myocène. Néanmoins comme cet exemplaire était très abimé il attendit de  pouvoir en extraire un second plus complet pour le faire parvenir à Paris pour y être examiné par  le naturaliste  Georges Cuvier (1769-1836) !

Bien entendu cette prise de guerre fut offerte par l’Amirauté au British Museum et c’est  Karl Konig, chargé de la section minéralogie   de ce musée depuis 1813 qui fit l’analyse de l’artifact. Son extrait de mémoire à la Royal Society dit à peu près ceci  (en anglais) en 1814 rejoignant les conclusions de Cuvier , qui se base pour celles-ci à partir du compte-rendu  de Moreau  Joannès, correspondant de l’Académie des Sciences qui avait vu le squelette que Cuvier lui même ne devait voir qu’en 1818 ! Selon  Konig l’artefact n’était pas un fossile.

Plus tard le général Donzelot  mandaté par le ministre de la Marine Clermont-Tonnerre et conseillé par  le naturaliste du Roi résidant à  Basse Terre Félix Louis Lherminier (1799-1833) fit extraire un second squelette de la roche , appelée localement maçonne-bon-dieu,qui fut  envoyé en France cette fois ci pour analyse plus approfondie . Ce squelette fut exposé pendant un temps dans le cabinet du roi.  il était couché sur le côté droit, les genoux repliés avec le crâne et le pied gauche absent mais bien plus complet que le précédent. Puis il fut exposé au Muséum Histoire Naturelle dans la galerie d’anthropologie  vitrine 108. Le squelette d’un enfant provenant de Port-aux-Moules a été aussi envoyé par Lherminier

A la création du NHM (National History Museum) en 1881 la femme squelette de Guadeloupe (Guadeloupe skeleton) fit partie des artefacts présentés sous la référence MP18820 et ceci jusqu’en 1967, date à laquelle il disparait des catalogues pour reapparaitre en 2006 sous la côte PA HR 4128

On a retiré ces trois ancêtres de leur maçonne-bon-dieu et du flux et reflux des eaux caraïbes, de leur cimetière marin si blanc et on les a mis au centre d’une dispute entre créationnistes et évolutionnistes. !   I want my skeletons back !    Je veux mes squelettes de retour !

Déja au Moule sur la plage de l’Autre Bord ou sur la plage de l’Anse Sainte Marguerite le cimetière  Sainte Marguerite , à Saint François sur la plage des Raisins Clairs, à   Capesterre Belle-Eau, au Matouba des cimetières d’esclaves sont localisés depuis une éternité ! il n’est pas rare de rencontrer sur une plage qui une tête de mort, qui un tibia, qui un humérus !

Je veux ma maçonne-bon-dieu back ! Rendez-moi les corps de mes ancêtres !

 

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