migrations pan-caribéennes

On évoque toujours un peu rapidement sans en analyser les effets la domination british sur la Guadeloupe à maintes périodes de son histoire.

Si on ne prend pas cette donnée en considération le généalogiste caribéen risque de se brûler les yeux en vaines recherches car les archives de Guadeloupe sont bien souvent lacunaires chaque fois que les Britanniques envahissent la Guadeloupe. Lacunaires, soit mais pas muettes ! Le type de prénoms qui apparaît à ces époques peut montrer le passage de l’anglais sur la Guadeloupe.

Il faut toujours avoir en tête que les îles ne sont pas trop distantes les unes des autres et que les changements politiques à droite ont des conséquences à gauche. De la même façon que les dissidents ont pu en 1943 se rendre en bateau de nuit entre Guadeloupe et Sainte Lucie ou Dominique, les émigrés blancs-créoles (entre 1794 et 1802) ont dû leur survie pendant la Terreur et la Convention à la proximité de ces îles sous domination british. Quant aux esclaves, sur la période qui débute en 1807, abolition de la traite en Angleterre suivie de l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies anglaises à partir de 1834 (Emancipation act de 1833) ils ont ont pu eux aussi gagner la mer vers le territoire moins hostile d’Antigua qui seul parmi les îles anglaises n’a pas connu la période probatoire qui se terminait le 1 aout 1838 (Apprenticeship) où tous les esclaves âgés de plus de 6 ans devaient travailler gratuitement pour le compte des planteurs. Donc il ne serait pas étonnant que des esclaves , voire des libres de couleur se soient empressés dès 1833-34 à prendre les voiles vers Antigua, symbole de liberté. Ensuite il leur était possible de se rendre  vers le Guyana Britannique (Demerara) ou Trinidad voire la Jamaïque où les salaires proposés étaient le double de ceux proposés à Antigua. a partir de 1838 Sainte Lucie et Dominique l’esclavage est définitivement aboli.

On doit aussi prendre en compte les brassages de population causés par les guerres et qui remettent en question l’ordre établi de l’habitation, le système pan-caribéen de plantation en vigueur en Guadeloupe comme danss tout le bassin caribéen. Il faut se souvenir que les armées anglaises étaient composées outre de populations venues de la perfide Albion de populations originaires des îles sous leur juridiction. De plus les changements nombreux de tutelle entre France, Espagne, Hollande, Suède et Royaume Uni peuvent avoir favorisé la migration pan-caribéenne.

Il faut savoir que même en Guadeloupe l’un des moyens  de se faire affranchir était d’entrer dans la milice ou plus tard de se porter volontaiure pour lutter contre l’envahisseur. il fallait pour cele obtenir l’accord de son propriétaire, l’accord du gouverneur et au bout de 8 ans en principe on avait droit à sa liberté. Le fait que la colonie de Guadeloupe ait à lutter en permanence contre les velléités d’annexion et d’invasion de son territoire par les troupes anglaises a indéniablement eu pour effet de multiplier le nombre d’affranchissements en Guadeloupe. De la même façon parmi les Anglais il y avait d’autres descendants d’Africains qui lors de ces expéditions pouvaient trouver « chaussures à leurs pieds ».

Les années 1665, 1687, 1703, 1743 et 1746 ont pourtant vu sous l’Ancien Régime la Grande-Bretagne et la France s’écharper d’escarmouches en escarmouches pour la possession de l’île comme pour les autres îles de la Caraîbe. C’était une guerre globale ! Un éternuement, une légère convulsion en Europe, se concrétisait immédiatement dans les colonies des Caraïbes par une tentative de déstabilisation ou de prise de pouvoir de l’un sur l’autre.

Dès 1759, en pleine guerre de 7 ans (1756-1763) les Britaniques  occupent la Guadeloupe (capitulation le 2 mars, occupation le 23 avril). Ils y resteront 4 ans pour n’en sortir qu’à la signature du traité de Paris en février 1763 où les Français  récupèreront la Guadeloupe, Marie galante, Désirade et la Martinique mais perdront Saint-Vincent, Grenade, Dominique ,Tobago, Louisianne et  Canada pour n’évoquer que leurs pertes en Amérique.

Presque 20 ans plus tard rebelote : entre le 8 et le 12 avril 1782 la flotte française commandée par le comte de Grasse est anéantie aux Saintes par la flotte de l’amiral Rodney

le 11 avril 1794, suite à l’abolition de l’esclavage du dans les colonies étermoinée par la convention par écret edu 16 pluviose an 2 les forces royalistes guadeloupéennes représentées par le general Collot capitulent devant celles du géneral Grey qui occupe l’île complètement dès le 20 avril. Mais début juin Victor Hugues et  Chrétien envoyés par la convention pour organiser l’abolition de l’esclavage contre attaquent.  Ils parviennent à vaincre les Britannqiues  après de lourds combats dans lesquels pour la première fois les esclaves prennent part aux événements. La capitulation est signée le 7 octobre 1794 et en décembre 1794 la Guadeloupe est reconquise.

Les années 1994 à 1998 seront une époque d’instabilité extraordinaire. Tout d’abord c’est l’époque de la Terreur et les trois quarts des blancs -pays sont pourchassés, guillotinés, et doivent avoir recours à un exode massif vers les îles voisines anglaises comme Sainte Lucie ou Antigua. Les biens des propriétaires d’habitations sont saisis et réquisitionnés. En 1790 on comptait 14 ooo blancs-pays , en 1795 ils ne sont plus que le dixième, 1092 (dont 225 hommes).

Sous le Consulat, le 25 mai 1801 Lacrosse autorise le retour des émigrés qui reprennent ainsi possession de leurs terres, mais beaucoup ne reviendront pas. Il faudra attendre 1835 pour que le nombre de blancs-pays revienne à son niveau de 1790.

Pendant ce temps la Martinique reste sous domination anglaise pendant toute la durée de l’abolition de l’esclavage de 1794 à  mars 1802 (traité d’amiens)

Pendant les guerres napoléoniennes, toutes les îles possessions françaises caribéennes sont capturées par les Britanniques dès 1808 (Marie Galante, Désirade), 1809 (Saintes) et au début de 1810 en février la Guadeloupe tombe elle aussi dans son escarcelle. Elle y restera jusqu’au traité de Paris du  30 mai 1814.

Finalement pendant les 100 jours la Guadeloupe est à nouveau occupée par  la Grande -Bretagne de début août 1815 à avril 1816 (soit environ 7 mois.)

En 1808 la Guadeloupe compte 122895 esclaves contre 4685 cent vingt-trois plus tôt en 1685. En 1848 , soit quarante ans plus tard, la guadeloupe compte désormais 87752 esclaves qui vont apparaître sur les registres des nouveaux citoyens, 31357 libres de couleur affranchis et environ 10000  colons blancs