King Kong

Quand je pense à King Kong ce n’est pas au gorille de Skull Island du film de 1933 de       Merian C Cooper et Ernest B Schoedsack que je pense. Non je ne pense pas au cri fameux de Ann Darrow entrecoupé par les cris combinés de lion et de tigre du colosse gorille qui a rapporté aux studios de la RKO 3 millions de dollars de l’époque! Je ne pense pas non plus aux remakes innombrables  ni à la réplique japonaise Godzilla de Inoshiro Honda parue en 1954 qui a eu elle aussi de nombreux descendants ! Non, quand j’entends King Kong, je pense d’abord à l’Afrique du Sud ! Je pense à Mandlenkosi Ezekiel Dhlamini, le Spice Smasher, le King Marshall, le Lighting Marshall, le Mohamed Ali africain, bien avant l’heure, le poids-lourd légendaire, mort à 32 ans, selon certaines sources à 37, selon d’autres, en mars ou avril 1957, en pleine apartheid (qui débute en 1948). Ce zoulou natif de Vrijheid, Natal, condamné à 12 ans de travaux forcés à Leeukop pour avoir assassiné sa petite amie dans un bar de Sophiatown, Johannesbourg est devenu un symbole de résistance et de fierté en Afrique du Sud bien avant Cassius Clay. Rien d’étonnant que 2 ans après sa mort, par suicide après s’être jeté dans le fleuve Rivonia, le boxeur,  dont l’épopée est retracée par  Harry Bloom, va servir d’argument pour l’ opéra-jazz homonyme King Kong avec un livret de Pat Williams et une musique de Todd Matshikiza dès février 1959. L’équipe compte 63 membres et l’orchestre 14 musiciens soit un total de 77 personnes qui vont tourner pendant deux ans en Afrique du Sud puis se produire dès février 1961 à Londres. Dans le casting original on retrouve Miriam Makeba dans le rôle de  Joyce, tenancière du bar (shebeen) Back of the Moon et  Nathan Mdledle des Manhattan Brothers dans le rôle de King Kong. Mais aussi Caiphus Semenya, Sophie Mgcina, Letta Mbulu et Benjamin Masinga. Ont participé  aussi Hugh Masekela, Abdullah  Ibrahim aka Dollar Brand, Kippie Moeketsi, Thandi Klassen qui tous poursuivront des carrières solo internationales. sans oublier des instrumentalistes hors pair comme  Sol Klaaste, Mackay DDavashe ou Jonas Gwanga. A noter que le rôle de Joyce a été aussi tenu par  Abigail  Khubeka, qui l’a remplacée quand elle est tombée malade et lors de la tournée anglaise de 1961. L’une des raisons pour lesquelles ce jazz opera est resté gravé dans les mémoires c’est que c’était le premier avec une équipe 100 pour cent noire et sud-africaine et qu’elle traitait de façon subtile l’apartheid en utilisant par exemple l’hymne d’ouverture  Sad Times, Bad Times, comme un hommage aux Treason Trial leaders.

J’ai une tendresse spéciale pour le livre d’Harry Bloom que j’ai eu en ma possession dès 1978 et que j’ai retrouvé dans les fonds de la librairie anglaise Pergamon Press, rue des Ecoles à Paris, où je travaillais à l’époque. J’ai voulu mettre en scène la pièce avec un groupe d’amis de Bagneux. Il me suffisait d’en faire la traduction. finalement cela ne s’est pas fait car je n’ai pas réussi à convaincre mes amis. Etais-je moi-même si convaincu que ça ? J’ignorais en tout cas à l’époque que cet opéra rock africain existait et j’en ignorais jusqu’aux artistes qui y avaient participé. Aujourd’hui grâce à Internet je retrouve des connections qui ne laissent de me surprendre.

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Et ne voilà-t-il pas que presque 60 ans après on nous fait le coup du remake. J’aime ces relectures surtout quand elles ont lieu en Afrique du Sud.  Du 25 juillet au 2 septembre 2017 au Fugard Theatre de Capetown, puis du 12 septembre au 8 octobre 2017 au Mandela Theatre de Johannesburg, puis à nouveau au Fugard Theatre à partir du 12 décembre 2017 jusqu’au 4 mars 2018 : King Kong is back sous la direction de Jonathan Mumby  La version du livret de  Harry bloom et a été revue par William Nicholson qui y a ajouté  d’autres textes. La direction musicale est de Charl-Johan Lingenfelder et Sipumzo Trueman Lucwaba avec des arrangements et de la musique additionnelle de Charl-Johan Lingenfelder. Les costumes sont de Birrie Le Roux, les décors de Paul Wills.

Nondumiso Tembe  puis Edith Plaatjes explosent de réalisme et séduction dans le rôle principal de Joyce joué et chanté dans la version originale par Miriam Makeba. King Kong a les traits de Andile Gumbi. La chorégraphie fabuleuse est de Gregory Maqoma. Un orchestre  live de neuf musiciens sous la houlette de Sipumzo Trueman Lucwaba accompagne l’action.

Dans la dernière version où Andile Gumbi (King Kong) fait face à Edith Plaatjes (Joyce) ils sont entourés par des acteurs comme Sanda Shandu (Lucky), Tshamano Sibe (Jack, manager et entraîneur de King Kong), Ntambo Rapatla (Miriam, une infirmière, petite amie de Jack), Josslyn Hlenti (Petal, une enseignante, amoureuse concurrente de Joyce), Sne Dlala, puis Desmond Dube dans le rôle de Pop

 

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