jours gras et torrides à Karukéra antique

Je suis un enfant du carnaval. comme tous ceux qui sont nés en octobre ou novembre j’ai ça dans le sang. c’est dans mes gènes. je n’y peux rien ! c’est mon souffle de vie ! Demain vendredi c’est carnaval, ja é carnaval cidade, acorda pra ver ! La folie s’empare de moi ! Même si je suis loin physiquement du carnaval, je ne suis jamais loin mentalement d’un citron vert et d’une bouteille de rhum car je suis fils de Vaval ! Je lui dois respect et allégeance ! Imaginez ma souffrance quand on brûle mon parent  le mercredi des Cendres !

Et pourtant ! Je n’ai jamais participé à cette grand-messe qu’est le carnaval des carnavals, celui de la démesure, le carnaval de Rio en présenciel, de corpo presente comme on dit pour les messes de funérailles où le corps du mort est présent, je n’ai jamais arpenté les rues carioca en plein jour gras voire même assisté ni dans les arquibancadas (les gradins) ni dans les camarotes (les tribunes vip) aux premières loges le carnaval de Rio. Ou plutôt si je regardais à la télé le défilé du  groupe spécial des écoles de samba ( ce sont les 12 meilleures écoles de sambas, en l’occurrence cette année la crème de la crème c’est Mangueira, le champion 2016,  Tijuca, Portela, Salgueiro, Beija-Flor, Imperatriz, Grande Rio, Vila Isabel, São Clemente, Mocidade, União da Ilha, Paraiso do Tuiuti) en sirotant mes caipirinhas et mes bouteilles de 600 ml de bière estupidamente gelada avec des tiragostos variés. Quand j’habitais au Brésil (pendant quinze ans tout de même ) la nuit du dimanche au lundi c’était réservé à ça. Et selon la pêche c’était rebelote lla nuit du lundi au mardi. Et  le mercredi des cendres dans l’après midi je regardais le jury de 40 personnes délibérer pour savoir qui allait être la meilleure école de samba carioca, les meilleurs déguisements, le meilleur ensemble, la meilleure batterie, les meilleur puxador , le meilleur porte-drapeau, le meilleur maitre-de-salle, la meilleure harmonie, la meilleure allégorie, la meilleure commission de devant et j’en passe   etc etc etc.  Le Carnaval de Rio c’est une organisation millimétrique et militaire, c’est le faste, l’exubérance mais je n’ai pas la patience d’écouter la même chose pendant les 2 heures qui sont réservées à chaque écoile de samba. Et le groupe spécial c’est 12 écoles de samba, imaginez qui défilernt sur deux nuits. Mais il n’ya rien à dire c’est beau mais moi je veux par-ti-ci-per. Qui sait un jour dans une école de samba, là je ne dis pas non ! Défiler oui, regarder défiler non ! enfin pas pendant 24 heures !

La samba est une fête au Brésil et le carnaval c’est l’apogée de toutes les fêtes. il y a le carnaval e Rio mais aussi celui de Recife, de Sao Paulo, bref il n’y a pas une ville au Brésil, un village où on ne fête pas le carnaval ! Il suffit de peu de choses pour créer le climat de carnaval : quelques banderoles multicolores, de la musique qui sort d’une chaine, de la cachaça , de la bière, une bon faitout de riz et haricots rouges avec des corps qui veulent bien bouger , se fondre et se confondre et voilà on a un carnaval car dans le mot carnaval il y a la chair – a carne – et la chair , c’est le gras, c’est le plaisir, c’est le péché ! c’est si bon ! Il y a même des carnavals qui sont en dehors du carnaval comme à Feira de Santana , un carnaval en plein mi-carême qui s’appelle la Micareta et qui dure autant de jours que le vrai carnaval.

Par contre il y a un carnaval que j’ai largement pratiqué c’est le carnaval de Salvador, Bahia. Celui -là si, on peut dire que j’ai mouillé ma chemise surtout la première année en 1987 (je ne vous confierai pas tous les détails mais ce fut homérique puisque je me suis retrouvé au petit matin sur une plage à au moins 40 km des festivités en maillot de bain avec une dulcinée dont je ne sais même pas encore aujourd’hui comment nous nous sommes rencontrés). il est vrai que quand on boit caipirinha sur caipirinha mélangés à verre de bière sur verre de bière on peut légitimement perdre le nord. Finalement ça s’est bien passé puisque je n’ai été ni braqué, ni violé, ni blessé, ni frappé, ni contaminé. J’aurais pu être frappé d’ailleurs puisqu’à un moment un peloton de police militaire m’a interpellé, je ne sais plus pour quelle raison (il suffit qu’on soit en travers de leur chemin pour que ce soit une bonne raison) et moi à moitié groggy je n’ai dû ma survie qu’à l’intervention de mon groupe d’amis qui étaient pas trop loin et qui voyant la scène leur ont  fait savoir que j’étais quelqu’un de bien et non un marginal.

Place Castro Alves, comme ils disaient alors o centro da muvuca ! j’ai adoré ce carnaval populaire, de participation, carnaval de rues. imaginez deux millions de personnes dans la rue,, la bas on appelle les carnavaliers les foliões et la fête c’est la folia .histoire e fous et e folie passagère ! Une pulsation qui vous prend et qui ne vous lâche pas et la bière qui coule qui coule à flôts. Enfin qui coule à flots si vous avez de quoi l’acheter. Certains défilent dans des blocos, des groupes organisés, ça m’a toujours répulsé (quoi que j’y aie participé à deux reprises : une fois à Feira de Santana avec le groupe Olodum et une autre fois à Aracaju pour les 20 ans du bloco Caranguejo Eletrico)… mais c’est tendance. on achète  sa tranquillité ! Mais moi j’ai l’impresssion dans un bloco d’être comme un poisson volant pris dans une nasse avec une foule d’autres poissons volants à la merci du moindre requin-marteau en quête de menu fretin…moi j’aime la pipoca. ceux qui font pipoca sont ceux qui sont libres, et qui ne paient pas pour défiler. ce sont ceux qui s’amusent le plus selon moi, on dirait vraiment de la pipoca, des grains de maïs qui sautent qui sautent qui sautent. ce n’est pas qui ne saute pas n’est pas français c’est qui ne saute pas va se faire sauter, kkk il faut de la bonne condition physique pour pipoquer comme ça et moi eh bien je préfère ça au carnaval des enfants ans l’apres-midi. Mais mon truc préféré ce sont les groupes afoxé du type    Filhos de Gandhi, un rythme incroyable de carnavaliers en habits et toques blanches avec des perles bleues et blanches qui leur servent de collier et de ceintures dans un océan de paix. Pour moi les afoxés c’est le vrai délire, aucune violence,comme un chant profond qui prend aux tripes, pourquoi je n’en sais rien ! un appel africain peut être inconscient ! J’ai aussi aimé l’élection de la reine du Ilé Ayé, à Liberdade :une ambiance d’enfer. Désolé mais le carnaval de Barra-Ondina, ce circuit -là n’est pas pour moi, sorry ! Pour moi le carnaval de Bahia c’est entre Praça da Sé et Campo grade, point final. Les extensions pour touriste et classe moyenne et sup vers Barra ne m’ont jamais fait ni chaud ni froid. moi mon point de ralliement a toujours été le Largo dois de julho, judicieusement localisé entre la Praça da Sé et le Campo Grande.J’ai toujours aimé ce quartier de bohème où je suis arrivé un peu par hasard un jour de novembre 1986. j’aime les bars, les restaurants, la faune du Largo Dois de Julho c’est là que j’ai senti pulser le Brésil que j’aime, le Brésil des petites gens mais plus encore je m’y suis senti chez moi plus qu’en france. Je m’y suis senti comme si j’étais aux Caraïbes quand j’étais petit. Peut être est-ce à cause du rhum, qui sait !logo1

 

j’ai quité la Guadeloupe en 1961. Aux temps de l’Antiquité ! Et je ne me souviens pas trop du carnaval de Karukéra Antique. Nous habitions Basse-Terre sur le Cours Nolivos dans un galetas au-dessus d’une boulangerie ! en face de moi à 100 ou 200 m c’était l’océan. Mais on pouvait voir le mouvement à partir du balcon qui donnait sur la rue probablement. Bien sûr je me souviens d’une certaine agitation dans les rues, quelque chose d’imperceptible dans l’air, une rumeur de liesse, mais je ne me souviens pas d’une agitation fébrile à la maison comme j’ai pu le connaître au Brésil.        Ma mère n’aimait peut être pas faire le carnaval. Peut-être allions nous voir la parade au Champ d’Arbaud. je n’en ai aucun souvenir. j’avais 8 ans et   quatre mois au carnaval de 1961. Mon père étant en métropole et ma mère enceinte :  il est fort compréhensible que nous nous soyons mis en congé de carnaval. Compréhensible, soit, mais un peu fort de café !  Car tout de même ma mère avait des soeurs, des frères, un père, une mère, mon père avait des frères et soeurs lui aussi, des oncles, des tantes eh bien voila que je me rends compte tout à coup que peut-être les gens de Saint-Claude n’aimaient pas le carnaval ! D’ailleurs quand nous étions à Deshaies et à Saint Claude je n’ai pas non plus de souvenir de fête. C’est étrange car mon père ayant toujours été amateur de dive bouteille il serait étonnant qu’en  plein carnaval il se soit mis à la méditation et au yoga ! Plus probablement il devait disparaître pour quelques jours en période de jours gras qui sait du côté de Bouillante.  Il m’a parlé un jour du bal des titanes de la fête de Saint Claude fin aout et ses yeux brillaient! Foutre ! il se peut aussi que j’aie tout oublié ! Saint Alzheimer priez pour moi !

Vous aurez compris que par compensation quand je suis arrivé au Brésil j’ai mangé j’ai avalé, j’ai bu j’ai ingurgité tout le carnaval que je pouvais pour me rattraper de ces  34 ans de disette. et par contraste quand j’ai eu des enfants je les ai emmenés biberon au bec faire le carnaval.

Maintenant je suis rassasié après 15 ans de Brésil! J’ai eu ma part de carnaval. une nuit de fête me suffit. Je danse un bon coup pour faire vibrer les os d’une saine souplesse et je me réfugie sur la mangeaille ! il n’y a pas de carnaval sans feijoada ! il n’y a pas de carnaval sans moqueca ! Il n’y a pas de carnaval sans acarajé ! J’imagine que lors du carnaval de Guadeloupe apatibrin  accras, apatimoso boudins, apacharge dombrés, charge pois rouges, charge laké cochons et lentilles, charge poisson frit, charge colombo , bokits lamori yo ka manjé ! Mais au fond de moi qui ai pourtant connu intimement les carnavals de Salvador, Venise et  Nice, je dois avouer ici à la face du monde. J’ai un manque : le carnaval de Guadeloupe ! le carnaval local au 59 degrés! Gardez ma part je serai là en 2018 ! allez j’en fais le voeu ! Vaval je te promets je te brûlerai à feu doux ! i gonna burn you out !        man ké briléw !  vou te queimar !

Pauvre Vaval qu’on va brûler le Mercredi des Cendres ! Mais c’est comme ça ! Après le gras, le maigre !

Voilà ce que j’en sais pour avoir feuilleté le web à droite et à gauche car je ne me souviens que de ce refrain :  vaval vaval vaval ka kité nou, malgré la vi la rèd vaval pa kité nou.

Il y avait aussi Amélia totoblo sauf que je me souviens de « Amélia totoblo jandam ka soté finèt » et non « madanm pa vlé manjé »

Il y avait aussi « Ha mi Roro, ha mi Roro, nonm a klarinèt la, ah mi Roro, nonm la ki rann mwen fol la » sauf que je me souviens étrangement  de « Ami Roro, ami Roro, gendam ka soté finét »

ah si je me souviens d’une chanson de carnaval qui m’est restée gravée sous quatre couvertures et sept draps dans un pan de ma mémoire : « dé makoumè lévé en pijama, dé makoumé lévé en pijama »

et puis aussi de: Papyon volé sé volé nou ka volé (ici une version qui n’a rien à voir mais que j’ai trouvé très belle visuellement, il  n’y manque que le rythme)

Je me souviens aussi obscurément dans le fondoc du disque dur de mon inconscient collectif d’une chanson qui parlait d’une homme qui avait accouché d’un enfant. Ou c’est moi qui fantasme en regardant mon gros ventre de femme enceinte  (enfin pas si gros que ça puisque j’ai perdu récemment 3 kilos et que j’en suis à 93 kilos fillette)

Plus sérieusement. Le carnaval de Guadeloupe  est organisé par l’OCG (Office du Carnaval de la Guadeloupe), le Groupement pour la Culture et le Carnaval de la Région Pontoise (GCCRP), comité responsable du défilé du dimanche gras à  Pointe-à-Pitre, la Fédération  Guadeloupéenne de Carnaval (FGC), qui chapeaute les comités des villes suivantes  Abymes, Anse-Bertrand, Baie Mahault, Capesterre B/E, Deshaies, Lamentin, Moule, Petit-Bourg, Petit-Canal, Pointe-Noire, Port-Louis, Sainte-Anne, Saint-François; la Fédération du Carnaval et des Fêtes de Guadeloupe, avenue Lacavé à Basse-Terre responsable du défilé de Basse-Terre le mardi gras, point d’orgue des festivités. chacune des communes de Guadeloupe a son comité des fêtes auprès desquels les groupes s’inscrivent. Par déduction on peut voir que les communes de Bouillante, Baillif, Trois-Rivières, Gourbeyre, Goyave, Morne à l’Eau, Gosier, Grand Bourg MG, Saint-Louis MG, Capesterre MG, Sainte-Rose, Vieux-Habitants, Vieux Fort, les Saintes, Désirade ne font pas partie de la FGC qui n’a que 30 ans. Le carnaval a tendance à se professionaliser et ceci explique peut être cela. en effet les produits financiers générés par le carnaval ne sont pas insignifiants, loin de là, et participent grandement à l’économie de l’île par les tranferts touristiques qu’ils induisent et personne ne veut céder sa portion du gâteau.En outre on ne peut ignorer les arrière-pensées politiques autour du carnaval.

Certains groupes comme Kasika, Maka Chiré, Mas Kaklé, Mass Moul Massif , Akiyo voyagent et représentent le carnaval de Guadeloupe dans les Caraibes, en France métropolitaine  et même jusqu’en Chine

Les jours gras représentent le point culminant  du Carnaval de Guadeloupe ! Samedi gras, dimanche gras, lundi gras, mardi gras sont synonimes de parades, vidés, grands défilés jusqu’à ce que vienne  le mercredi des Cendres qui siffle par un défilé noir et blanc la fin des festivités et le début du Carême !

 

Dès début janvier le dimanche de l’Epiphanie c’est l’ouverture officielle de la saison du carnaval qui ne va s’arrêter vraiment que le jour de la Mi carême ou l’on va participer à un vidé en rouge et noir. Le carnaval est largement décentralisé

Une semaine environ avant le samedi gras le roi et la reine, le prince et la princesse  du carnaval de Guadeloupe sont élus : l’organisation est confiée à l’ Office du Carnaval de Guadeloupe, qui est un organe lié au département. C’est donc une élection unitaire.  de la même façon qu’il y a deux parades unitaires l’une à    Pointe-à-Pitre et l’autre à Basse-Terre. Mais il y a  aussi pour chaque commune des parades,des vidés, des déboulés,des élections de roi, reine et de dauphines et des récompenses et autres prix qui sont décernés après le carnaval aux meilleures groupes, prix de la musique, meilleurs costumes, meilleurs décors, etc.

Le dimanche gras à midi défilé à Pointe-à-Pitre. le mardi gras à 15h défilé à Basse-Terre amsi il y a bien sûr partout sur l’îles des festivités,. si l’on veut s’installer dans les tribunes on doit payer 50E par personne ce qui donne droit à des boissons et des grignotages toutes les heures. il y a aussi des gradins à 5  €.

il est interdit de vendre des boissons alcoolisées et de pratiquer la vente sur caddies

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Le bon carnavalier selon l’Office du Carnaval de la Guadeloupe  ! Moi je regarderai la Giga parade de Mardi Gras de Basse-terre cette année  à distance à la télé sur http://www.tv97.net

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