wolfok = norfolk

 Enfin un éclaircissement, je dirais même un océan de lumière sur le mystère du mot wolfok dont je vous faisais état il y a de cela deux mois. Wolfok serait en fait un dérivé de Norfolk. Joseph Coëzy me l’avait déja suggéré en commentaire ici même mais je n’étais pas entièrement convaincu. Il avait parlé de Norfolk aux Etats-Unis et je ne trouvais pas l’explication complètement satisfaisante.

Voici l’analyse que me propose Hugues Tiburce Lami, qui elle me semble avoir toutes les apparences de la pertinence. Il s’agirait bien de Norfolk, qui est une île du Pacifique qui fait partie du territoire australien. Merci Inspecteur Lami pour cette démonstration qui me touche beaucoup ! J’ajoute que ma mère ne m’a jamais menacé de m’expédier jusqu’à wolfok, elle me promettait plutôt de tomber dans mon dengon ! Le mot wolfok est plus lié à mon père qui envoyait son cerf volant jusque dans les hauteurs de Saint Louis du côté de Saint-Claude qui pour lui était déja presque à la frontière de Wolfok.

Chacun en fait a le wolfok qu’il peut ou dont il rêve ou dont il veut à tout prix s’évader.Moi en tout cas après cette brillante explication je conserve mon wolfok, mon île mythique à moi tout seul, je suis bien wolfokien. D’ailleurs moi qui ai toujours rêvé je ne sais pour quelle raison d’une mort -le plus tard possible – en Papouasie Nouvelle Guinée, en fait je n’étais pas bien loin de Norfolk sans le savoir. Je vais d’ailleurs de ce pas m’enquérir de savoir si je pourrai passer ne serait-ce que quelques mois à Kingston.

« NORFOLK POUR UN « WOLFOKIEN »

De, Hugues TIBURCE LAMI. Le 21/02/2017

Cher cousin,

Je pense avoir compris les intentions de ta mère lorsqu’elle te promettait de « t’expédier » à « Wolkok » (sic). Je pense que les intentions étaient bonnes. Mais je pense avoir découvert la destination de cette « expédition ». Et là, « c’est pas joli ».

Je questionné des amis, des parents, auditionné des vieux. Des gens de toutes parts de Guadeloupe. Je n’ai retenu que le contexte de l’utilisation du mot et de l’expression (toujours dans un sens léger ou amusé). Je n’ai trouvé personne pour m’indiquer, ni l’azimut, ni la distance, ni le lieu. On « expédie » à « wolkolk », à « totol hol » ou parfois « la Tijan té voyé marènn-ay ».

 

Mes recherches me permettent d’avancer les explications qui suivent.

 

L’occupation anglaise de 1810 à 1813 sous le contrôle des gouverneurs Général Bekwith, Major-Général Carmichaël, Alexander Cochrane, tous officiers de la Royal Navy, fut l’occasion d’une propagande basée sur la menace de sanctions et d’actions de répression générale. La répression établie par les différents gouverneurs anglais s’appuyaient sur la menace de déportation et de bannissement des coupables à leurs yeux.

 

Au début des années 1800, la déportation était une sanction pénale adoptée depuis plus de 20 ans par la couronne britannique pour renforcer le maintien de l’ordre dans le pays et faciliter l’ordre colonial au cours dans leurs guerres de conquête maritime.

La déportation s’est imposée comme le châtiment des délits commis en Angleterre. Le code de la répression a imaginé deux autres classes de châtiments entre le fouet et la mort : l’un est une sorte de bagne en camp volant, un second degré du travail forcé, le travail dans les fers ; l’autre est une déportation dans la déportation, qui consiste à rejeter les condamnés sur quelque rocher isolé, où ils n’ont d’autre société que celle de leurs complices et de leurs geôliers. Celle-ci est la peine des crimes, et celle-là des délits. Un sixième de  la population des condamnés se trouve compris dans ces deux catégories.

L’Angleterre coloniale commença l’installation des colonies pénales et colonies pénitencières dès 1780. Leur territoire de choix : l’océan Pacifique, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, l’Australie. Parmi ces colonies la plus célèbre au début du 19ème siècle était l’ile de Norfolk.

Elle était considérée comme le lieu du châtiment suprême. On ne s’y échappait pas et la seule loi qui prévalait était celle de la violence.

La moindre faute est punie par le fouet ; la peine de toute faute grave est la mort. Les condamnés préfèrent généralement la mort à la détention dans l’île de Norfolk. On en a vu couper la tête à un de leurs camarades, sans provocation ni colère apparente, dans le seul but d’abréger leurs propres souffrances en méritant le dernier supplice. Les révoltes sont fréquentes dans l’île, et il est déjà arrivé que les condamnés, après avoir égorgé leurs gardiens, se soient emparés de l’établissement. La dernière insurrection, qui date de 1834 et qui faillit réussir, fut étouffée dans des torrents de sang : neuf condamnés furent tués sur la place, et onze exécutés.

 

Les histoires concernant Norfolk étaient largement diffusées par les autorités militaires anglaises. Les officiers de la Royal Navy, qui pour certains connaissaient les colonies pénitentiaires utilisaient cette menace de déportation à Norfolk pour faire peur aux prisonniers ennemis.

Il s’agissait de museler toutes velléités des colons habitants propriétaires de s’opposer à l’ordre d’occupation anglaise et à leur expropriation.

Dans les faits, la sanction appliquée fut le bannissement et nombre des colons accusés de comploter contre le pouvoir partirent pour Saint Domingue et revinrent à la fin de l’occupation.

Il n’existe pas de trace de transportation-déportation de prisonniers de Guadeloupe à Norfolk. Cette ile est aux Antipodes. Le trajet est long pour y aller. L’ordre d’internement est pris en Angleterre et les places sont certainement chères. Malgré tout il semble évident que la solution de déportation vers les colonies pénales de l’hémisphère sud ait été souvent envisagée, particulièrement par les officiers de la marine royale britannique.

 

Les habitants blancs, arrêtés, internés aux Saintes ou poursuivis craignaient l’issue de la déportation. Ils n’étaient jamais surs de la destination réelle du navire qui les emportaient, Angleterre ou autre part. Le Général Ernouf, par exemple a tenu à négocier la destination de sa future déportation avec le Gouverneur Bekwith, Général de la Royal Navy. Il souhaitait être déporté « en France ».

Pour les colons, c’était pire que le temps des « Adieu foulards, Adieu madras… ».

Pour les déportés africains en Guadeloupe et les fils de ces derniers, « la déportation » était la pire sanction. Ils avaient survécu à une première déportation. Ils avaient souhaité la mort au lieu du voyage vers l’inconnu. Ils y ont survécu, pour certains.

Pour eux, Norfolk n’était pas seulement l’inconnu. C’était les Antipodes. C’était l’enfer sur terre. Pire, c’était l’enfer, nulle part. On n’y survit pas. C’est sûr.

Pour les proches des prisonniers, la douleur est incommensurable, de perdre des membres de la famille, des frères, des fils, des filles, des membres de la communauté naissante.

 

On comprend que l’expression ait pu rester dans le langage, sans association à une mémoire quelconque, dans la mesure où il n’y eut peut être jamais d’expérience de cette déportation.

Cette expression se retrouve auprès des descendants des habitants esclavagistes et des descendants des esclaves. Elle indique une destination qui est plus loin et moins définie que l’horizon le plus lointain. Elle désigne un sort fatal et sans retour, réservé à ceux qui ne méritent pas la mort ou les coups.

Cette expression est très usitée en région de Basse Terre et Cote sous le Vent. Peut-être parce que a subi plus que d’autres, la présence des forces armées et le poids de l’administration britanniques.

A noter que nous pourrons distinguer l’utilisation des trois expressions notées plus haut, selon les circonstances.

  1. « wolkolk » désigne nous l’avons déjà dit, une destination fatale associée à l’idée de châtiment ou de peine.
  2.  « totol hol » se rapporte à une idée de distance. On connait l’horizon. L’horizon n’est pas un lieu. On dit « dèyè lorizon ». « Totol hol » est l’endroit qui se situe derrière l’horizon, beaucoup plus loin que ce dernier. Il s’agit du bout du monde. On dit par exemple : « voyé on moun totol hol. Ou encore « an soti totol hol », pour indiquer la distance parcourue ou le temps du trajet ou encore la fatigue du voyage.                     Il faudra rechercher la relation avec l’expression anglaise : « total halt », dans le contexte des troubles et de la répression durant l’occupation anglaise de 1810-1815.
  3. « la Tijan té voyé marènn-ay » se rapporte au conte « tijan lorizon ». Pour rappel, ce dernier avait « expédié » sa marraine, qui le méritait bien, derrière l’horizon. Elle n’en est jamais revenue. Il s’agit d’une qui expression s’utilise dans un cadre familier, ou familial.

 

Informations WIKIPEDIA :

L’île Norfolk1 (en norfuk : Norfuk Aylen) est un territoire australien

L’île Norfolk se situe dans l’océan Pacifique entre la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie, très légèrement excentrée vers les côtes occidentales de l’Australie.

La capitale est Kingston ; l’île compte environ 2 000 habitants (Norfolkais)

L’île Norfolk est issue d’un volcan basaltique actif il y a environ 2,3 à 3 millions d’années et forme le point culminant de la ride de Norfolk, rattachée au continent sous-marin Zealandia. Sa superficie est de 34,6 km2 pour 32 km de côtes. Le mont Bates, au nord-ouest de l’île, culmine à 319 mètres. La majorité des terres est cultivable.

Deux petites îles inhabitées, Phillip et Nepean, se trouvent au sud de l’île principale.

La côte de l’île Norfolk est constituée principalement de falaises. Elle est plus hospitalière du côté de Sydney Bay et d’Emily Bay, où fut fondée la première colonie.

Le parc national de l’île Norfolk forme une zone protégée autour du mont Bartes et couvre environ 10 % de la surface de l’île. Il abrite les restes de la forêt tropicale qui couvrait l’île Norfolk avant l’occupation humaine. Le parc englobe également deux îles plus petites au sud, l’île Nepean et l’île Phillip. La végétation de cette dernière fut détruite par l’introduction de cochons et de lapins durant la période pénitentiaire. Elle est actuellement en cours de reconstitution.

Le climat est subtropical doux, avec peu de variations saisonnières.

Histoire

Les premiers hommes qui peuplèrent l’île Norfolk étaient des Polynésiens originaires soit des îles Kermadec, soit de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Débarqués entre les xive et xve siècles, leur civilisation disparut avant l’arrivée des Européens. Le principal site a été localisé à Emily Bay, où des outils, le rat polynésien et des bananiers témoignent de leur présence. La raison de leur disparition est inconnue.

Le premier Européen à apercevoir l’île fut James Cook, en 1774, lors de son second voyage dans le Pacifique sud à bord du HMS Resolution. Il la baptisa du nom de la duchesse de Norfolk, épouse d’Edward Howard, 9e duc de Norfolk. Parti d’Angleterre en 1772, Cook ignorait la mort de la duchesse survenue en mai 1773.

Cook et ses hommes débarquèrent le 11 octobre 1774. Il dit avoir été impressionné par les arbres hauts et droits, ainsi que par les plantes apparentées au lin, dont il rapporta des spécimens en Angleterre. À cette époque, le Royaume-Uni était extrêmement dépendant du lin et du chanvre qu’il importait des rives de la mer Baltique et qui servaient à la fabrication des voiles et des cordages des navires. Si le pays venait à manquer de ces ressources, son statut de puissance maritime s’en trouverait menacé. Il avait du reste déjà perdu sa principale source de bois pour les mâts, en Nouvelle-Angleterre, après la guerre d’indépendance des États-Unis. Certains historiens, dont Geoffrey Blainey2, y voient l’une des principales motivations qui poussèrent l’Angleterre à établir des colonies en Nouvelle-Galles du Sud puis sur l’île Norfolk.

 

Une bonne partie des habitants de Norfolk descendent des « révoltés du Bounty ». En 1789, des marins de la Royal Navy britannique, emmenés par Fletcher Christian, avaient brûlé leur navire après avoir forcé le capitaine, William Bligh, à l’abandonner, avec ses quelques fidèles. Leur histoire a été immortalisée au cinéma, au XXe siècle, par des grands de Hollywood, comme Marlon Brando, Errol Flynn, Clark Gable et Mel Gibson.

Fletcher Christina ainsi que huit autres mutins s’étaient d’abord installés avec leurs épouses sur l’île de Pitcairn. Ils en avaient déménagé en 1856 lorsque Pitcairn était devenu trop petite.

 

Première colonie pénitentiaire

Lorsque la Première flotte débarqua à Port Jackson, sur la côte australienne, en janvier 1788, Arthur Phillip ordonna au lieutenant Philip Gidley King de prendre possession de l’île Norfolk avec quinze prisonniers et sept hommes libres et d’y préparer son exploitation. Le groupe toucha terre le 6 mars 1788. La colonie pénitentiaire fournit céréales et légumes à Sydney, menacée par la famine au cours de ses premières années d’existence. Cependant, l’absence de port naturel suffisamment protégé rendaient les communications et les transports difficiles.

En 1790, le HMS Sirius apporta de nouveaux détenus et soldats que Sydney ne parvenait pas à nourrir. L’expédition, censée alléger la pression sur le continent, tourna à la catastrophe lorsque le Sirius fit naufrage. Aucune perte humaine ne fut à déplorer, mais l’équipage du bateau resta immobilisé pour dix mois. Conjugué à l’arrivée de la Seconde flotte à Sydney, la situation des deux colonies devenait de plus en plus délicate.

Malgré cela, la population de l’île Norfolk croissait lentement, et atteignit mille habitants en 1792. Plusieurs gouverneurs se succédèrent à la tête de l’île entre 1789, lorsque Robert Ross remplaça King, et 1800, date à laquelle débarqua Joseph Foveaux pour devenir le nouveau lieutenant-gouverneur. Il trouva la colonie en très mauvais état et entreprit d’importants travaux de rénovation. Il exigea également que la population reçoive une éducation de base.

King avait recommandé de fermer la colonie pénitentiaire dès 1794, trop éloignée du continent et trop coûteuse à entretenir. En 1803, le secrétaire d’état Lord Hobart ordonna le transfert d’une partie des détenus et des militaires vers la Tasmanie. Un premier groupe de 159 personnes quitta l’île Norfolk en février 1805. Entre novembre 1807 et septembre 1808, cinq groupes, de 554 personnes en tout, émigrèrent. L’île ne comptait plus qu’environ 200 habitants, qui y demeurèrent jusqu’à la fermeture de la colonie en 1813. L’île Norfolk fut inhabitée du 15 février 1814 au 6 juin 1825.

Deuxième colonie pénitentiaire

En 1824, le gouvernement britannique ordonna au gouverneur des Nouvelles-Galles-du-Sud, Thomas Brisbane, d’occuper à nouveau l’île Norfolk pour y envoyer les détenus les plus difficiles. D’abord perçu comme un désavantage, l’éloignement de l’île était devenu un moyen d’éloigner de Sydney ses éléments les plus perturbateurs. Il n’était pas prévu de ramener les prisonniers sur le continent, encore moins de les réinsérer dans la vie civile. À la suite d’une mutinerie des détenus en 1834, le père William Ullathorne, vicaire général de Sydney, se rendit à l’île Norfolk, chargé de l’accompagnement spirituel des mutins condamnés à mort. Il rapporte que, au moment d’annoncer la sentence, les détenus graciés fondaient en larmes alors que les condamnés à mort remerciaient le ciel.

Le rapport rédigé en 1846 par Robert Pringle Stuart déplorait le manque et la mauvaise qualité de la nourriture, l’insalubrité des habitations, l’usage de la torture et la corruption des surveillants. La même année, l’évêque Robert Willson dénonça la colonie à la Chambre des lords. Lors de son deuxième passage en 1849, il trouva la situation quelque peu améliorée. Cependant, des rumeurs faisant état de nouveaux abus le poussèrent à entreprendre un nouveau voyage à l’île Norfolk, où il retrouva la colonie dans son état antérieur. Il rendit un rapport accablant, dénonçant le système qui donnait un pouvoir absolu sur la colonie à une seule personne.

Parmi les commandants qui se succédèrent à la tête de la colonie, Alexander Maconochie se distingua par sa conviction qu’une brutalité aveugle à l’égard des détenus ne faisait qu’entretenir leur tendance criminelle et favoriser les mutineries. Il tenta de réformer la colonie et introduisit des récompenses en cas de bonne conduite. Il fut accusé de laxisme et rapidement remplacé.

Malgré tout, les voix s’élevaient de plus en plus nombreuses et le gouvernement britannique se décida à fermer la colonie à partir de 1847 et les derniers prisonniers furent transférés vers la Tasmanie en mai 1855.

Occupation par des habitants de Pitcairn

Le 8 juin 1856 accostèrent 194 habitants de Pitcairn. Les descendants des mutinés du Bounty étaient devenus trop nombreux et le gouvernement britannique les autorisa à émigrer à l’île Norfolk et à y établir une colonie séparée de la Nouvelle-Galles du Sud, mais sous l’administration du commandant de cette dernière.

Les nouveaux venus occupèrent les anciens bâtiments de la colonie pénitentiaire et y poursuivirent les deux activités principales qu’ils menaient à Pitcairn, l’agriculture et la pêche à la baleine. Malgré la décision prise par quelques familles de retourner à Pitcairn en 1858 et 1863, la population de l’île crût lentement.

xxe siècle

Après la création du Commonwealth of Australia en 1901, l’île Norfolk est placée sous l’autorité du nouveau gouvernement du Commonwealth en tant que territoire extérieur.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’île sert de base aérienne et de ravitaillement entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Se trouvant dans la zone dévolue à cette dernière, l’île Norfolk est occupée par un contingent de l’armée néo-zélandaise. Trop éloignée et d’un intérêt stratégique limité, elle n’est l’objet d’aucune attaque.

En 1979, le gouvernement australien adopte le Norfolk Island Act, accordant l’autonomie à l’île Norfolk. L’île est dotée d’un gouvernement élu qui gère la plupart des affaires intérieures. Les habitants de l’île Norfolk ne sont cependant pas représentés en tant que tels au parlement australien, ce qui en fait l’unique État ou territoire australien sans représentation parlementaire.

Références

  1.  (fr) Commission nationale de toponymie, conseil national de l’information géographique, Pays indépendants et capitales du monde : Entités géopolitiques dépendantes au 01.06.2006, 24 avril 2006, 10 p. (lire en ligne [archive]), p. 5
  2.  The Tyranny of Distance
  3.  http://www.smh.com.au/federal-politics/political-news/norfolk-island-elects-council-that-supports-selfdetermination-20160531-gp7xlu.html [archive]
  4.  « Norfolk Island’s relationship with Australia » [archive], Norfolk Island, the website (consulté le 26 avril 2012)
  5.  « Berwick Limited v. R R Gray Deputy Commissioner of Taxation » [archive], Haute Cour d’Australie,‎ 30 mars 1976 (consulté le 26 avril 2012)
  6.  « NORFOLK ISLAND GOVERNANCE ARRANGEMENTS », Minister for Local Government, Territories and Roads,‎ 20 décembre 2006 (consulté le 26 avril 2012)
  7.  « Norfolk Island Electors » [archive], Australian Electoral Commission,‎ décembre 2011 (consulté le 26 avril 2012)
  8.  « L’île australienne de Norfolk, terre des descendants du « Bounty », va perdre son autonomie » [archive]francetvinfo.fr, 19 mars 2015
  9.  (en) Norfolk Island Legislation Amendment Bill 2015 [archive] sur le site du Parlement australien.
  10.  Eligibility and Enrolment [archive], Medicare
  11.  (en) « Norfolk Island » [archive], Commonwealth Games Federation
  12.  P.S. Green op. cit. p. 97

 

Extrait de « Histoire de la colonisation pénale et des établissements de l’Angleterre.

Marquis de Blosseville 1888

 

Page 69 Les instructions de lord Sydney prescrivaient au gouverneur de former le plus promptement possible une petite colonie dans l’ile de Norfolk, ile de six milles de long sur deux et demie de large, située au nord-ouest de la Nouvelle-Zélande, à trois lieues de Botany-Bay, et découverte par Cook en 1774. Ce grand navigateur avait vanté surtout la fécondité du sol et la richesse de la végétation, dont les produits lui paraissaient avoir des rapports remarquables avec ceux de la Nouvelle-Zélande. La profondeur de la terre végétale, la multitude des beaux arbres propres aux constructions, l’abondance de l’eau douce, des palmistes et des plantes alimentaires, la facilité de cultiver le lin de la Nouvelle-Zélande, qu’il a vu croitre spontanément, les avantages enfin d’une cote poissonneuses, tout dans ses récits recommandait cette ile pour un établissement colonial ; mais l’expérience venait de démontrer combien il avait été prodigue de louanges envers Botany-Bay.

Le gouverneur nomma le lieutenant King surintendant et commandant de l’Ile de Norfolk ; et, vers le mois de février, Le Supply mit à la voile avec les colons destinés à cette nouvelle expatriation.……..

Institution de l’Ile de Norfolk  « Le mois de Février ne s’était pas encore écoulé, et déjà la cour de justice criminelle avait prononcé six condamnations à mort ; trois pour vol de vivres appartenant au gouvernement, deux pour vol de vin envers un officier, et une enfin pour vol de pain à un convict. On remarquait deux nègres parmi les condamnés, dont un seul subit toute la rigueur de sa sentence. Les autres virent leur peine commuée en celle du bannissement dans un milieu inhabité, et l’un d’eux n’obtint la vie sauve que sous condition de remplir désormais les fonctions d’exécuteur de hautes œuvres…… »

 

Revue des Deux Mondes T.1, 1843  LES COLONIES PENALES DE L’ANGLETERRE

Léon Faucher

 

La déportation est le châtiment des délits commis en Angleterre. Mais si les déportés, au sein même de la colonie pénale, enfreignent encore les lois sur lesquelles repose toute société, quelque exceptionnelle qu’elle soit, quelle peine prononcer contre eux ? Les planteurs préfèrent la  flagellation à tout autre châtiment pour les assignés, parce qu’elle occasionne une moindre interruption du travail ; il en est ainsi de tous les maîtres d’esclaves, et ceux de l’Australie pensent exactement là-dessus comme ceux des Antilles, des États-Unis et du Brésil.

Cependant le code de la répression ne pouvait pas s’arrêter là. On a donc imaginé deux autres  classes de châtiments entre le fouet et la mort : l’un est une sorte de bagne en camp volant, un second degré du travail forcé, le travail dans les fers ; l’autre est une déportation dans la déportation, qui consiste à rejeter les condamnés sur quelque rocher isolé, où ils n’ont d’autre société que celle de leurs complices et de leurs geôliers. Celle-ci est la peine des crimes, et celle-là des délits. Un sixième de  la population des condamnés se trouve compris dans ces deux catégories. Voici le tableau que trace des condamnés qui travaillent aux routes le rapporteur de la chambre des communes : « Depuis le coucher jusqu’au lever du soleil, ils sont enfermés dans des baraques qui contiennent 18 à 20 hommes, mais dans lesquelles ces hommes ne peuvent ni se tenir debout, ni s’asseoir ensemble, si ce n’est leurs jambes faisant angle, droit à leur corps, ce qui ne donne pas plus de dix-huit pouces d’espace à chaque individu ; ils travaillent durant le jour sous la surveillance de soldats armés, et, pour la moindre infraction à la règle, ils sont livrés au fouet. Comme ils sont enchaînés, on parvient aisément à faire régner la discipline parmi eux. Cette peine, qui semble appartenir à un âge barbare, n’a  d’autre résultat que de pousser les malfaiteurs au désespoir. La nature des devoirs imposés à la troupe qui surveille les condamnés a la plus déplorable influence sur la discipline et sur le moral des soldats. Les sentinelles s’enivrent, et la troupe se dégrade par ce contact journalier avec des condamnés, parmi lesquels elle retrouve des pères, des frères ou des parents»

Dans les établissements pénaux, nous ne disons pas pénitentiaires, de Norfolk et de Port-Arthur, le régime paraît être encore plus rigoureux et plus funeste à la moralité des condamnés. Mille ou douze cents criminels sont parqués ensemble et occupés aux plus rudes travaux. Pour garder ces hommes désespérés, les soldats se font assister d’une troupe de chiens féroces. La moindre faute est punie par le fouet ; la peine de toute faute grave est la mort. Les condamnés préfèrent généralement la mort à la détention dans l’île de Norfolk. On en a vu couper la tête à quelqu’un de leurs camarades, sans provocation ni colère apparente, dans le seul but d’abréger leurs propres souffrances en méritant le dernier supplice. Les révoltes sont fréquentes dans l’île, et il est déjà arrivé que les condamnés, après avoir égorgé leurs gardiens, se soient emparés de l-établissement. La dernière insurrection, qui date de 1834 et qui faillit réussir, fut étouffée dans des torrents de sang : neuf condamnés furent tués sur la place, et onze exécutés.

« L’aspect de ces misérables annonce leurs crimes, dit le rapport, et, suivant l’aveu très expressif que faisait un condamné avant de mourir, quiconque descend dans cet enfer devient bientôt aussi méchant que les autres ; on lui prend son cœur d’homme, et on lui donne l’âme d’une bête. » Voici un catalogue funèbre, mais instructif, qui met en relief cette dépravation inouïe. Sur 116 condamnés qui s’évadèrent de Port-Macquarie (établissement abandonné aujourd’hui) de 1822 à 1827, 75 périrent de misère dans les bois, 1 fut pendu pour avoir tué et mangé son compagnon, 2 furent frappés à mort par les soldats, 8 furent égorgés et 6 dévorés par leurs compagnons, 24 atteignirent les districts habités par les planteurs, qui en pendirent 15 pour meurtre ou maraudage dans les bois.

 

Aux origines de la guillotine sèche. La déportation dans les Assemblées révolutionnaires. Louis-José Barbançon

En Europe, la décennie 1770 a vu l’Anglais John Howard entreprendre plusieurs voyages et mener des enquêtes à propos des différents lieux d’enfermement.
La première publication à Londres, en 1777, de L’État des prisons montre que le débat pénitentiaire est en train de devenir en Europe un fait de société et ce, au moment même où l’Angleterre est contrainte par la guerre d’indépendance de l’Amérique de cesser de déporter ses criminels en Virginie et au Maryland.

L’exil vers les colonies malgré les difficultés et le peu d’espoir qu’il laissait aux criminels transportés apparaissait alors à bien des observateurs britanniques comme « la sanction la plus efficace et la plus humaine » de l’arsenal pénal (Sir John Fielding note à Suffolk 1er février 1773).

Aussi quelques années plus tard, après une période de transition pendant laquelle ces condamnés sont entassés sur des pontons, il n’est pas étonnant que la Grande-Bretagne, toujours maîtresse des mers et grande puissance coloniale décide de renouveler, en Australie, l’expérience de la  transportation. Le 13 mai 1787, le premier convoi de « convicts » quitte Londres à destination de l’Australie où il aborde en janvier 1788.

« Il faut citer, à ce propos, l’expédition d’Alexandro Malaspina commandant d’une escadre envoyée aux Nouvelles-Galles-du-Sud, par le gouvernement espagnol »
Malaspina séjourne à Port Jackson en Australie, du 12 mars au 11 avril 1793, puis rentre en Espagne avec ses deux navires, la Descubierta et l’Atrevida, en septembre 1794. Son rapport tenu secret n’aura aucune influence sur l’opinion mais il montre l’intérêt porté par les gouvernements européens à l’expérience australienne

Dans les faits et dans les esprits, l’expérience de Botany Bay commence à se transformer en véritable mythe. Peu à peu se forme l’idée d’un Botany Bay à la française dans l’opinion éclairée, prête à se laisser entraîner vers ce que l’historien australien Colin Forster appelle : « Le leurre d’une colonie pénale » dans son ouvrage (France and Botany Bay. The Lure ofa Pénal Colony, Melbourne University Press, 1996) où il mène étude très complète sur l’influence du mythe de Botany Bay en France.

 

2 réflexions sur “wolfok = norfolk

Les commentaires sont fermés.