La fin de vie, et si on en parlait !?

Mais parlons-en ! Contrairement aux spots télévisés et à la campagne globale menée par le Ministère de la Santé et le Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie actuellement pour sensibiliser à la fin de vie, moi je n’ai aucun tabou à ce sujet ! Le message qui est décliné à l’envi aussi bien à la télévision que sur les réseaux sociaux est le droit à la sédation profonde ici, à l’euthanasie là, au suicide assisté, au on d’organes, le droit au refus de l’acharnement thérapeutique.  Il n’est pas évident de se projeter dans le futur. Nous avons tous nos propres limitations cognitives et physiques pour nous transporter dans notre vieillesse et nous guider sur la meilleure attitude à adopter quand le moment tant redouté viendra et pourtant il faut bien essayer tant que faire se peut de programmer notre dernier voyage. Je suis moi-même un voyageur infatigable et j’ai déja situé géographiquement il y a 4 ans le lieu de mon dernier sourire. Je l’avais initialement situé en Papouasie-Nouvelle-Guinée ! Cela peut prêter à sourire mais j’envisageais de terminer ma vie dans une tribu papoue ! Le fait même d’y avoir pensé a surgi d’un ami français qui vit au Brésil depuis plus de quarante ans et qui sans doute dans un mouvement de désenchantement familial m’avait parlé de sa décision inébranlable  d’aller mourir en forêt en France loin des siens, après un mois de vacances où il ferait la tournée d’adieu de ses amis, il se serait laissé mourir !  J’ai tout fait pour qu’il abandonne son funeste projet et l’ai placé devant ses contradictions !   Puis de guerre lasse j’ai joué le jeu et je lui ai dit puisque tu es décidé à partir, alors lègue-moi ta collection de disques et de cd, là je l’ai trouvé combattif, il trouvait mille raisons, me disant que c’est la veuve qui en hériterait et bla bla bla, que je devrais voir avec elle après sa mort. Finalement, sans qu’il ne m’ait jamais indiqué pourquoi, il n’a pas donné suite à son projet funeste et il coule encore de beaux jours au Brésil avec femme et enfant.

C’est ainsi que l’idée de la forêt comme espace funéraire terminal m’a effleuré. Avant cela j’envisageais toujours de mourir en mer. Comme je ne sais pas nager je me disais que ce serait une belle mort, sans fleurs sans couronnes. Qu’on me livre en pâture aux poissons et aux requins ça me semblait plus utile que de me livrer aux vers ! J’avais même donné comme consigne à ma femme de ne pas m’ensevelir en terre ni me faire incinérer, je voulais que la mer soit mon tombeau. La mer ou la rivière ou le lac, bref l’eau ! Mais j’ai bien compris en discutant que mes dernières volontés ne seraient pas exécutées comme je le souhaitais. On a évoqué des interdictions, des tracasseries administratives !

C’est alors que j’ai compris que si l’on veut mourir à sa façon il faut s’organiser, se prendre en main, ne pas compter sur les autres. La mort est une idée personnelle. Moi je ne m’en fais pas une idée tragique. Je ne crois ni à l’enfer, ni au paradis ni au purgatoire, ni à la métempsychose !  Je suis irréligieux, c’est mon karma ! Je crois aux forces de l’esprit, au nirvana et au parinirvana sur terre, et aux pompes funèbres, dans le sens que puisque nous devons mourir que ce soit en grandes pompes !

Je n’ai de toute ma vie vu, de mes yeux vu, que deux morts : celle de mon petit frère Charles Henri en 1958 et celle de mon père en 2000. J’ai vu un oncle et une amie de ma mère aux articles de la mort, allongés sur un lit d’hôpital : c’est cela qui pour moi serait une fin de vie triste, sans goût, sans saveur qui au lieu de déboucher sur le grand large déboucherait sur une impasse, une voie sans issue obscure et encombrée de poubelles malodorantes et de miaulements lugubres de chats et je fais le voeu que cela ne m’arrive jamais ! En tout cas je ferai tout pour cela ! Chacun a un chemin et un jour on arrive au bout du chemin et il y a le vide, rien de plus ! Mais je souhaite que le vide soit festif, fetif comme un vidé de Mardi-Gras, voilà tout !

S’il m’était donné comme je l’envisage de mettre en scène ma mort – mon dernier sourire – comme je l’ai dit sur facebook il y a de cela un ou deux ans j’essaierais de faire une grande fête qui aurait l’air d’un mariage. J’enverrais mon faire-part un an avant l’événement pour que tout le monde puisse s’organiser ! J’y verrais bien comme témoins mes amis survivants les plus anciens pour moitié, et mes dernières connaissances locales pour autre moitié. Il y aurait aussi un cortège composé de ceux de mes enfants qui se seraient déplacés pour l’occasion et de leurs héritiers. Nous aurions un dress code, mais ce serait tout sauf le noir ! Baltimore rime avec mort et rime avec or, donc disons que jaune or serait la couleur idéale pour cet enterrement de vie de vieil homme (il y a bien des enterrements de vie de garçon ou de jeune fille) ! Je me suis toujours défini comme un bon vivant, c’est chevillé dans mes gènes et comme chante Celia Cruz la vie est un carnaval et quand on a bien fêté Mardi-Gras il faut s’attendre le jour suivant à son mercredi des Cendres…La vie est un carnaval on peut renaître 100 fois de ces cendres mais vient un jour où plus aucun souffle de vie ne sort de la braise. C’est cela la mort inéluctable et définitive. Encore que on ne meurt vraiment que quand plus personne ne pense à vous !

Reste encore à définir le lieu et la date et moi qui ai participé à l’organisation de  mes trois mariages je commence à réfléchir tranquillement au lieu de la cérémonie qui est passé depuis deux semaines de Papouasie Nouvelle Guinée à l’ile Norfolk, en Australie. Je passe ainsi des Papous aux Tasmans mais surtout il y a une logique dans ce choix. Il y a bien longtemps j’imaginais le Lesotho, capitale     Maseru,  enclave en  Afrique Australe comme mon centre du monde imaginaire. C’est désormais l’île de Norfolk, une île située à 1500 km des côtes australiennes, où vivent 1200 âmes, entre Australie; Nouvelle-Calédonie et Nouvelle-Zélande, un paradis  qui a accueilli en 1954 les 194 descendants des mutins du Bounty (1789) auparavant installés sur l’île de Pitcairn et qu’on appelle dans l’imaginaire antillais de mon père Wolfok qui tient la corde pour quand viendra le temps de fêter mon dernier Mardi-Gras ! Dali avait bien sa gare de Perpignan !

J’ai déja regardé les vols sur Air New Zealand  à partir d’Auckland (Nouvelle-Zélande) et Sidney et Brisbane (Australie) ou Australian Air Holidays à partir de Melbourne (Australie).

Je prends petit à petit  le pouls de l’île, je me suis informé sur son climat sub-tropical (19 à 28 degrés en été) (12 à 21 degrés en hiver). On y accepte les dollars australiens, commencez à faire vos économies pour cette lune de miel-lune de fiel dont il ne reste plus qu’à fixer définitivement la date !

 

 

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