Bibi Fricotin et Razibus Zouzou

Louis Ferton, Gaston Callaud et Pierre Lacroix l’ignoraient probablement mais enfant à l’âge de 12 ans je me régalais des aventures de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou ! Certes j’aimais aussi lire les aventures des Pieds-Nickelés mais je ne pouvais pas m’identifier aux trois bandits qu’étaient Croquignol, Filochard et Ribouldingue ! Le soir quand mon père rentrait du travail avec L’Aurore sous le bras, je m’empressais d’ouvrir la page de bandes dessinées du journal qui me revenait et c’était La famille Illico, Blondie ou Le FantômeArthur et Zoé, parfois Rip Kirby  mais c’est avec Bibi Fricotin et Razibus que

je m’identifiais le plus. Surtout avec Razibus Zouzou avec son coco sec, kkk. Oh, je n’aimais pas trop son nom  mais que faire ! Razibus et Bibi étaient de bons amis et ils se retrouvaient dans des aventures merveilleuses. C’est ainsi que, mieux que Tintin, je menais mes enquêtes au Mexique, à Rio, en Laponie. Accompagnés du professeur Radar ou de l’inspecteur  Martin nous déjouions tous les complots, nous étions de fins détectives, nous étions les bons, nous démasquions les méchants. Nous n’avions pas de parents, nous étions indépendants, nous pouvions voyager en première classe, prendre les paquebots, nous n’avions aucune limite. Nous aimions la nature, les choses simples. Nous vivions dans un monde presque aussi pur que Mickey, Popeye,  Zembla, Bécassine et Tintin.

Ma passion pour les BD a commencé en 1963 le mercredi après-midi alors que nous habitions encore Vernouillet j’étais souvent invité à Verneuil-sur-Seine à déjeuner chez un camarade  nommé Jean-Pierre  Labrousse avec qui j’étais en classe en sixième à Poissy. Il était fils unique et moi l’aîné à l’époque d’une fratrie  de 6. A la maison à Vernouillet je ne crois pas que nous achetions de BD ou alors c’étaient les BD catholiques du type Coeurs Vaillants qu’on trouvait à la sortie de l’église le dimanche matin pas très loin des bénitiers. J’étais Coeur Vaillant moi même ! Le mercredi c’était le jour de sortie des magazines de BD et Jean-Pierre  recevait Pilote ou le journal  de Mickey par la Poste et je pouvais donc, en même temps que je goûtais à des plats différents de ceux que l’on cuisinait à la maison, lire les BD de mon copain.

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Ce qui me frappait le plus c’est qu’il lisait à table, ce qui était formellement interdit chez les Baltimore. A l’époque je crois bien qu’on disait: « merci Seigneur pour ce repas et pour toutes nos joies » avant de manger. Mais aussi parfois mon père quand il avait bien arrosé avec ses copains fredonnait il me semble:  » avant d’aller dormir un coup de rhum et du vin, cher »

Je ne me souviens plus si la première bédé que j’ai achetée c’était  Spirou Magazine ou Pilote. Ce n’est qu’après quand nous avons habité à Bagneux que je me souviens avoir acheté avec mon maigre pécule mensuel les Blek le Roc, Akim, Mandrake et consorts.

2 réflexions sur “Bibi Fricotin et Razibus Zouzou

  1. […] Il y a certes une évolution humaniste chez Jean Bruller quand en 1937 il publie avec Claude Aveline Baba Diène et Morceau-de-sucre mais on est tout de même dans l’évocation de la grande fresque coloniale, de l’impérialisme colonisateur dans toute sa splendeur. Comme un avant-goût de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou […]

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