on a l’âge de ses dents

On dit souvent qu’on a l’âge de ses artères moi je conteste cette affirmation ou plutôt je la corrige en disant : on a l’âge de ses dents.

Il en découle un corollaire évident à priori : on a l’âge de sa langue ! Et comme ni les dents ni la la langue ne reposent ex nihilo dans l’abîme, un second corollaire tout aussi évident : on a l’âge de sa mâchoire et de ses mandibules et de support en support on en arrive au constat qu’on a l’age de ses artères.

De mon capital initial de 32 dents il me reste encore 29 dents puisque j’ ai perdu une canine dans le maxilaire  supérieur droit en 1976 à Bagneux suite à un accident de mobylette (qui a eu aussi pour effet de casser une autre en deux horizontalement et ébrécher une troisième) et deux  dans le maxilaire inférieur : une molaire du côté droit (dent de sagesse) dont je ne me souviens plus ni où ni quand elle a été arrachée, une molaire du coté gauche (dent de sagesse) qui m’a été arrachée à Nîmes après bien des vicissitudes en 2005. 29 dents originelles, je devrais dire 28 car j’en ai une que j’appelle la Vieille Dame qui a de temps en temps ses colères phréatiques superficielles. je ne la ferai enlever  que lorsque sa colère sera magmatique. c’est une molaire du maxilaire inférieur  gauche qui a toute une histoire ! d’ailleurs je lui ai donné un nom ! pas son nom officiel 31, non, je l’appelle Soufrière ! Pauvre Soufrière !       Avant elle , tout à côté d’elle, il y avait le numéro 32, une autre molaire, dent de sagesse, aux racines profondes, si profondes que quand on se résolut à l’arracher après presque 20 ans d’expédients, d’atermoiements et d’efforts de conservation  aussi bien en France qu’au Brésil pour retarder l’échéance. Ce fut un calvaire ! Après l’extraction qui aura selon moi duré une bonne heure je suis resté un mois sans pouvoir retrouver l’usage total de ma langue qui fourmillait. Je revois encore le visage du chirurgien dentiste forçant pour extraire et la bête renaclant ne voulant pas partir. Ce fut épique , je m’en souviens encore en tremblant. D’ailleurs pendant de nombreux mois après cet événement j’eus des cauchemars si réels que je me réveillais en pleine nuit pensant que toutes mes dents étaient tombées. Les rêves étaient si réels que je devais le matin vérifier mes dents une à une pour me rendre compte que j’avais rêvé. Ces rêves m’angoissaient beaucoup car je n’ai pas pour habitue e me souvenir e mes rêves et je leuir accorais beaucoup ‘importance. que voulaient vbien ire cett perte e ents. je consulktia le livre de rêves , les livres de symboles Puis avec le temps ces cauchemars se sont évanouis.

Je me souviens aussi qu’avant de venir voir ce dentiste j’avais pris rendez vous avec une autre à Nimes et je voulais seulement la soigner et quand le dentiste m’a dit qu’il n’y avait plus rien à faire sinon l’extraire je me suis levé du fauteuil et je suis parti presque en détalant comme un lapin malgré la douleur.

Vous aurez compris ! J’ai peur du dentiste ! Je suis un lâche assumé quand il s’agit de mes dents ! Peut-être sont-ce les westerns auxquels j’ai assisté tout petit, où les barbiers arrachaient les dents des cowboys dans leurs barber shops à dix mètres des saloons après leur avoir fait ingurgiter un litre de whisky ou de bourbon pour toute anesthésie, qui m’ont donné cette phobie ! D’ailleurs quand j’ai une rage de dents et j’en ai eu de mémorables, mon seul médicament c’est le rhum, il n’y a que le rhum qui a les propriétés adéquates pour réussir à me faire dormir en pleine rage de dents. J’ai aussi parfois utilisé souci ! Souci c’est une teinture mère à base de calendula oficinalis (souci oficinal) avec laquelle on se gargarise.

Mais la Vieille Dame c’est une longue histoire d’amour et de haine ! je me souviens comme j’ai souffert lors d’un voyage retour de Rio à Salvador . Je m’étais fait soigner la dent à Salvador chez un dentiste à Itapuan après avoir résolu sur les aimables pressions de mon épouse à m’occuper enfin de mes dents. j’avais décidé de faire mettre une couronne, je crois qu’on l’avait dévitalisée, j’avais fait le devis, tout était prêt, j’avais eu une ou deux séances et on avait même fait le moulage de cette Soufrière. On m’avait fait un plombage provisoire en attendant la couronne. mais je ne sais plus pour quelle raison , n’ayant plus mal j’ai laissé trainer. quand j’ai eu mal à nouveau je devais voyager à Rio pour le boulot et en vitesse j’ai trouvé un nouveau médecin pour remplacer le plombage et me refaire le pansement. A l’aller tout s’est bien passé. au retour dès que l’avion a décollé la pression atmosphérique a été telle que j’ai commencé à souffrir l’enfer !. j’ai demandé l’aide d’une hotesse de l’air, donnez moi un médicament s’il vous plait mais l’hotesse m’a opposé un refus catégorique. Miséricorde ! Je n’ai jamais autant souffert de ma vie. Le passager qui était à mes côtés ne s’est sans doute aperçu de rien  ou peut être aura-t-il feint de ne rien voir !       Je gémissais de douleur mais la douleur était muette.

Maintenant rétrospectivement si j’avais eu une petite fiole de rhum ou de souci, rien de cela ne serait passé ! j’ai dû prendre mon mal en patience pendant tout le temps , les deux heures, qu’a duré le vol. deux jours après je me faisais refaire le pansement. c’était en 2011. 6 ans ont passé. entre temps le plombage est encore tombé, j’étais alors en france et j’ai décidé de ne plus intervenir , de laisser cette  vieille dent , ce vieux chicot, pourrir sur pied jusqu’à ce qu’elle se décide à arrêter de nuire !

ah mais je me souviens à l’adolescence cette magnifique arborescence, cette bouche  pleine de dents , belles comme des perles d’ivoire immaculées, des dents de macaque singe disaient certains, des dents de caïman disaient d’autres ! arété grigné ! me isait ton ne permanence ! je crois bien que j’étais un sourire ambulant ! j’avis le sourire charmeur des crooners de Vegas ! j’ai en tête des photos où elles brillaient au firmament à New York encore, à Bagneux, en Italie.

Ma première perte de dent fut accidentelle comme je l’ai dit à l’âge de 24 ans ! la deuxième je considère qu’elle faisait partie du processus à l’âge de 53 ans ! La Soufrière je le sens bien ne terminera pas 2017, je dois me préparer à une éruption magmatique et il faudra envisager le pire, je evrais me séparer de la vieille dame. Elle aura accompli avec moi un bout de chemin !

Parfois je me souviens de ce qu’un ami à moi, Luis, dentiste que j’ai consulté alors qu’il n’était encore qu’étudiant en odontologie, m’a dit il y a de cela presque 30 ans à Feira de Santana. Il m’a dit que j’avais quelque chose de rare qui faisait que dans ma salive, je ne me souviens plus si c’était génétique ou pas,  il y avait une substance qui me prévenait des caries et que c’était une chance pour moi mais que par contre mes gencives étaient problématiques et qu’il fallait voir un parodontologue. Je ne suis jamais allé voir un parodontologue. Par contre j’ai connu une dentiste vers 1989   Andréa originaire du Minas Gerais et installée à Feira e Santana chez qui je suis arrivé à me faire suivre pendant quelques années ! C’était et c’est sans doute encore un océan de douceur, quand elle s’occupait de moi, elle me parlait de choses et d’autres avec sa voix douce et ses mains légères et je ne me rendais même plus compte que j’étais sous la fraise, la perceuse, la lime et la chignole ! je m’endormais presque parfois, mais il faut dire aussi qu’elle m’administrait une bonne piqûre anesthésiante.

Et dire que j’avais un oncle par alliance autrefois, Albert Manclière qui était dentiste de son état et qui officiait juste en face de la cathédrale de Basse-Terre.

 

 

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