A ceux qui ont comme moi des /r/ dans leur nom ou prénom

La cour dort ? Yékrik ! On l’a assez dit ! Yékrak ! Les Antillais sont diglossiques ou ne sont pas !! Voyez comment fonctionne le créole haïtien , voyez comment fonctionne le créole guadeloupéen, voila comment fonctionne encore le créole guadeloupéen (on a quand même le droit d’être exhaustif et un tout petit peu chauvin sur ce site, non), et ah oui j’allais oublier un petit passage qui fait bien sur le créole martiniquais (Madininais Madininoises, les made in Mad, je vous aime !)! Et puis puisque j’y suis un petit allo au créole sainte-lucien !

Les diglossiques  sont des Américains qui utilisent au moins deux langues en harmonie plus ou moins douce en fonction des heures du jour ou de la nuit. Mistikri, misti kra ! Je peux vous le dire en connaissance de cause .  Cela ne va pas sans poser parfois quelques petits problèmes de réalisation phonétique !  Particulièrement à cause de la consomme R dont l’ actualisation du  phonème /r/ en français serait aux Antilles spirante  dorso-vélaire sonore ! et ce n’est pas seulement moi qui le dis ! Regardez plutôt ça , puis ça, puis encore ça et revenez me voir ensuite si vous le voulez bien, Messieurs et Dames !

Mawdi gra, Mawdi gri !

An kaz asi on sel poto ? An Parapli .

C’est un cauchemar pour la plupart des étrangers qui apprennent le français et c’est la consonne la plus utilisée en français, d’où les innombrables erreurs de prononciation dues à un mauvais placement, une position de la langue, une ouverture, bref vous m’avez compris, je ne vais pas vous faire un dessin ! ! Mais remarquez que si on a seulement besoin de Boulogne ou de Clément pas besoin de sortir les /r/ et l’artillerie lourde à l’antillaise pour dire un Trois-Rivières (twariviè) ou un Père Labat (pèlaba)

Fond de la bouteille en trois lettres, mélangez bien c’est un saint !? Devinette !

Luk !

Yékrik ! Yékrak !

Dlo pann ! Dlo douboutt ! Dlo kouché ! Jandam anba dlo !

Il faut comprendre que nous avons tous tout un chacun depuis tout petit une sorte d’appareil phonétique interne qui nous permet de comprendre et de réaliser certains sons. il y a des sons que je me sens incapable de faire en khosa ou en  chinois mais si j’étais né en Chine ou si je m’appliquais pendant de nombreuses années il ne m’est pas interdit de penser que je pourrais réaliser ces sons ! Je m’appelle Jean-Marie Arsène Baltimore. j’ai été particulièrement gâté en lettres « r », je trouve. Que nous dit wikipedia sur ce fameux phonème /r/ qui pose tant e problèmes ? prononciation du français standard. On devrait dire janmari arsen baltimor. Enfin c’est ce que je croyais quand j’ai appris à lire à l’école de soeurs de Basse-Terre. Pourtant j’entendais mes copains m’appeler baltimo ou baltimow et mon oncle Arsène devenait awsen ! D’ailleurs c’est simple à comprendre : ma mère s’appelle Marie-Thérèse et mon père l’appelait Mayté (je ne l’ai jamais entendu dire ne serait-ce qu’une fois marité, ni mawité, c’était mayté comme maïté si vous préférez, point final, bâton de maréchal )! Logique puisque Basse-Terre était Bastè   en kreyol et rhum devenait wonm. Comme j’étais diglossique j’adaptais mon discours en fonction de l’environnement presque inconsciemment ! Mais il arrive que la langue fourche entre les deux !

Une fois arrivé en France avant mes 9 ans  ce fut une autre paire de manches. Là je compris que kafé fwet ne voulait pas dire qu’il faisait froid mais café fouette ! Un type de café froid peut être fouetté, pensais-je. J’appris l’anglais, puis l’espagnol, puis le portugais, puis le néerlandais et toujours ce /r/ qui s’enrichissait et faisait boule de neige. Je n’étais plus diglossique mais hexaglossique. C’est alors que, fort de l’expérience accumulée toutes ces années  durant, j’entrepris l’étude de la linguistique et il me fut donné de voir alors, dans les cours de phonologie et de phonétique de l’anglais puis ensuite du français, la dimension incroyable qui existe entre ce que l’on croit dire et ce que l’on dit en réalité quand on ne sait pas qu’on est enregistré !  Il faut dire que dès l’apprentissage de l’anglais les signes cabalistiques qui notent les sons m’avaient toujours attiré. Je me souviens encore plus de 50 ans après des symboles et les symboles pour illustrer le son de oo dans goose (une oie), et bee (l’abeille) et la même chose en espagnol.  Sauf qu’en espagnol je me souviens même d’un poême « por aqui por aca se va la mujer gorda en el polvo gris » : ce n’est sans doute pas le « a las cinco de las tardes » de Federico Garcia Lorca mais ces deux-là sont gravés à jamais ! Quand j’ai appris le portugais je me suis rendu compte que mon créole m’aidait beaucoup pour des sons comme /ão/ comme mamão (qui veut dire papaye) manmanw surtout !! ! Les Brésiliens me disaient: « mais comment tu fais pour bien prononcer /ão/ alors que les autres Français ont un mal de chien à le prononcer? ». et je leur disais : « I’m from Gwada my friend ! Caribbean by heart and French by necessity ! Sé pou sa an ka di : fè si ti moun zot la aprann byen byen lang an nou, kreyol pou yo pé sa fé kla fét épi la planèt !

Apajé , comme dirait l’autre !  eh bien laissez-moi vous expliquer un petit quelque chose : il n’y a pas un seul /r/ asi la tè !. Quand vous aurez compris ça dans votre cabèche, vous aurez tout compris pour apprendre les langues étrangères. il n’y a pas un seul l, il n’y a pas un seul e, tout dépend de l’ouverture, de la longueur, des points d’articulation : les lèvres, les dents, le palais, la luette (gentille luette, la luette je te plumerai), la glotte. ah mais comme disait mon défunt père, Vivik, l’un des guadeloupéens partis en dissidans vers 39/40 ! Qu’il repose en paix là où il est ! « Missié jeanmari, me disait-il en secouant la tête, sé bitin séryé an la palé épiw ! Ou trop an kouyonad ! ».  On ne se refait pas, sé kon sa an yé, father, mister Dad ! my name is Kouyon, makak singe, ti tak ! Baltimore si señor !

Le /r/ phonème peut avoir de nombreuses réalisations selon les langues. en français le /r/ est une  fricative uvulaire voisée c’est à dire fricative, faut que ça frotte, fo zot fwoté byen , le r alveolaire apical (c’est celui du portugais dans pero, paraíso)  différent encore du /r /de carro, ou morro . Et encore le /r / en début de mot en milieu de mot ou en fin de mot n’est pas prononcé de la même façon dans beaucoup de langues et en créole bien évidemment aussi. prenez le cas de Robert qui devient [wobè] ou Rolland qui devient [wolã] comme rhum devient [Wonm]mais pourtant Richard qui commence par un R comme les deux autres ne se transforme pas en W à cause du son i qui suit. . regardez riz on dit bien mangé diri, aucun antilmlais qui se respecte ne ira manger iwi, au grand am des comiques qui essaient ‘imiter la’accent créole en transformant tous les R en w. mais ça va pas , non ! Faites un peu de phonétique antillaise, messieurs, kan minm ! c’est comme raccoon  jamais on ne dit vicieux comme un wakun  ! on dit visyé kon rakoun, on pronoce le r à la française dirons-nous pour simplifier. On dira ainsi rat [rat] et ravette [ravet] jamais WAT ou wavet. Jamais au grand jamais ! Par contre « oi » après un r c’est chaud . i raid minm ! roi [wa] croix (kwa]. Certains diglossiques ont le chic pour dire rwa et krwa mais ce sont e forts dyglotiques !

A ce propos j’ai appelé tous mes enfants avec un prénom qui contenaiyt la lettre R à l’intérieur pour m’obliger à apprenfre la manière de le prononcer en hollandais (Erica) (accent tonique sur le e en holllandais, accent tonique sur le a en français), Iara (ce fut le  le plus dur à acquérir mais à force de prononcer Iara et e prononcer Vera, le nom de sa mère j’y suis arrivé); ensuite Yann Christophe, mais comme tout le mone au brésil avait écidé e l’appeler Yann comme ans la finale de Boris vian, je n’ai eu aucun problème); Lorenzo (encore un r compliqué brésilien entre eux syllabes), et pour le last but not least Juan-Lucas Orlando (comme on ne l’a jamais appelé Orlando mais Lucas, le problème ne s’est donc pas posé.

Mais il y a pire ! Imaginez une enfant portant le doux nom apparemment de Roberta, Barbara, Frédéric, Bérangère, Marguerite, Bertrand,  Maqui comporte deux r ! chaud, les marrons, chaud ! D’ailleurs lisez ce qui suit qui ne va vous parler que de Barbara et  de tous les consorts qui me viennent à l’esprit quand j’entends ce prénom !

Essayez, vous même ! Bawbara ? Barbawa ? Bawbawa ? Babwa ! Babra ! Barbra ! ou Barbara ! c’est pas évident !   Mi bab, mi déba, me direz-vous !   Tellement pas évident qu’en portugais on dit Bárbara (accent tonique sur le premier a et je ne vous dis pas le deuxième r). Lisez tout ce texte, il est assez long

On ne s’appelle pas impunément Barbara ! S’appeler Barbara appelle immédiatement à mon esprit l’héroïne de science-fiction imaginée dès 1962 par l’auteur de bd Jean-Claude Forest (1930-1998) sur le modèle de Brigitte Bardot, Barbarella, une femme libre, intergalactique, sauvage, maîtresse femme, coquine, sensuelle, et maîtresse de son destin

cette même  femme fatale Barbarella, jouée par Jane Fonda (1949), filmée par Vadim en 1968, cosmonaute en l’année 4000 qui atterrit sur la planète Lythion pour tenter d’éliminer le scientifique fou Durand-Durand

une femme réduite au statut de poupée Barbie de 29 cm, soit une femme au 1/6ème, (née le 9/3/1959) réplique de l’originale la poupée allemande Lilli. le prototype à partir duquel Barbie a été créée par Ruth Handler à partir du diminutif du prénom de sa propre fille Barbara) mais une poupée reflet de l’Amérique opulente, férue de rose, décomplexée, conquérante.

Il y eut aussi trois femmes aux talents multiples, toutes chanteuses avec un supplément d’âme:

une française Barbara (1930-1997)(qui pourtant s’appelait en réalité Monique Andrée Serf et qu’on appelait La Duchesse), l’auteur-compositeur-interprète de  L’Aigle Noir (1961), une brune

et deux américaines:

Barbra Streisand (née le 24/4/1943), l’actrice, la chanteuse, la productrice, le metteur en scène qui a remporté aussi bien Oscar, Emmy, Grammy, Tommy et Légion d’Honneur, à jamais figée dans les annales de Broadway avec Funny girl (1968),  The way we were et Evergreen (dans le film A star is born de 1977)  et l’éternel standard People,

et Barbara Hendricks (née le 20/11/1948)  la cantatrice, soprano, originaire de l’Arkansas, magistrale interprète e Mozart, haenel et duke Ellington, infatigable activiste auprès e l’Unicef, qui si elle n’est pas blonde mais noire a épousé deux blonds, et suédois de surcroit.

Et puis, last but not least, il y a sainte Barbe, fêtée le 4 décembre, patronne des pompiers, syncrétisée dans le candomblé  brésilien à Iansã, appelée aussi Oyá, orixá des éclairs et de la tempête. C’est la divinité guerrière par excellence, la femme de Xangô ! Iansã pour laquelle les dévôts et dévôtes pour payer leurs promesses préparent en l’honneur de leur sainte protectrice un traditionnel caruru ( à base de caruru (gombos), vatapá (à base de noix de cajou et cacahuètes et lait de coco), xinxim de galinha (poulet), riz blanc, popcorn, haricots cornille (feijão fradinho), couscous de maïs, farofa de dendê (farine de manioc revenue dans l’huile de palme) bobó de camarão (crevettes en sauce) qu’ils offrent chaque année le 4 décembre à leur famille et amis.

 

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