je suis un aiglon, j’aime en cadence à l’antillaise, wipitipiti

 

Aimer c’est compliqué que ce soit à l’antillaise, à la brésilienne, à la congolaise, à la sénégalaise, à l’ivoirienne, à l’italienne, ou à la française, à l’anglaise ou à l’américaine !

Si on prend la chanson de Frédéric François Je t’aime à l’italienne et qu’on remplace quelques termes bien choisis qui font trop local comme italienne, sicilienne, Chianti, vent du sud, musica, dolce vita, Scala, Roma, Fellini, vendetta, barracato (késako?), barcarolles, Italie  on peut aisément se mouler à travers le monde avec le propos.

J’imagine que pour aimer à l’antillaise il faudrait du rhum, les alizés, la mer, la plage, mais j’imagine que pour aimer à la gabonaise, à la guyanaise ou à la sainte-lucienne ou à la dominicaine ça ne doit pas être bien différent !

Maintenant si on écoute les chansons d’amour elles sont aussi romantiques que les autres, ni plus ni moins. Moi je m’attache au rythme, peu importe les paroles, car une chanson d’amour pour moi est faite pour danser collé serré avec ma partenaire. Je m’imagine mal écoutant une chanson d’amour allongé sur mon sofa en train de bouquiner ou de regarder ma collection de timbres. Dans mes chansons d’amour il faut qu’il y ait de la cadence même si e temps en temps pour reposer mon corps, un petit slow ne fait pas e mal. mais toute la séduction se fait ans les effleurements, les regards pendant qu’on danse la cadence, la musique nous prend , on s’envole, on communie, on est en transe, on sue de partout, on chante, on répète en choeur les refrains, et si nos pas se rejoignent et vont à l’unisson alors on peut envisager la suite. C’est probablement un discours d’homme mais je me vois mal penser comme une femme. Femme est femme, homme est homme, je peux être un peu femme pour comprendre ma femme, qui elle aussi peut être un peu homme de temps en temps pour me comprendre. C’est ça l’échange ! Oui l’amour qui veut dire tendresse fait partie de tous les hommes et de toutes les femmes, d’où qu’ils viennent et quoi qu’ils fassent. et surtout quoi qu’ils disent. Mais n’allez surtout pas croire que je ne suis pas romantique ! tout semble indiquer cela, mais il faut regarder bien au fond de la personne, il faut sonder le fond de la mer pour savoir où sont les abysses. et pour faire jaillir le pétrole il faut forer ! l’amour c’est pareil, il est là, le bonheur il est là, mais il n’est pas à fleur de peau, le coeur ce n’est pas la fleur de peau, il faut donner du temps pour que les effluves de la peau atteignent le coeur et dans cette optique il est bon de savoir que la capillarité des vaisseaux sanguins qui mènent au coeur et au cerveau  est plus ou moins grande d’un individu à l’autre.

Les hommes sont phallocrates, c’est vrai puisqu’ils ont un phallus et bien qu’ils soient démocrates ils ne voient souvent pas plus loin que ce phallus qui est l’omega, l’alpha et le béta de leur parlement de Winchester intérieur. Et les phalus sont granfal, manman, manman, ils n’ont pas d’état d’âme, ces loups-gawou-là ! Quand la bête a soif et qu’elle commence à renâcler, qu’elle hennit, il faut qu’elle boive, il faut qu’elle se repaisse ! Et qu’on appelle en petit comité cette bête kal, kok, zizi, dick, pica, kiki, bite, ou anaconda, serpan mèg, ou bèt long, change peu de choses à l’affaire; quand l’animal se dresse au garde-à-vous, comme un cerf-volant apache chargé de siwo myel qui a faim il faut lui donner la CHOSE, son médicament ou son petit bout de carton rose (comme dit la chanson Tu as calé le moteur, lol).

Il suffit d’écouter les chansons pour tenter de cerner l’arrière-pays amoureux qui nous habite aux Antilles même si après bien avoir écouté une centaine de titres on pourra rester persuadé que l’univers du mâle antillais qui se respecte est borné par deux choses essentiellement. Vous êtes un vrai mâle antillais si vous savez répondre à cette devinette, cette charade en deux syllabes: Les chats ne font pas mon premier, mon second est la queue d’un animal qui raffole de serpents, mon tout n’est pas une abeille, ne butine pas et adore le siwo myel ! Wipitipiti !

Allez, vous n’avez pas trouvé, vous donnez votre langue au chat ? Décidément vous aimez ça alors? Bon alorw, rebelote : charade en deux syllabes : Mon premier est dans le pitt. Mon deuxième est chaud chaud bouillant. Mon tout : je ne suis pas un canari, je ne miaule pas , épli je ka vinn vyé pli je ka fé bon mangé ! Wipitipiti !

Ces deux charades sont à consommer avec modération. Ne jamais abuser des bonnes choses !

Ma génération c’est les Aiglons. Et dans les Aiglons (de Basse-Terre, messieurs et dames) c’est comme dans le cochon tout est bon, mais tout ce qui est bon n’est pas cochon comme on dit  mais moi je ne mange pas tout, je ne bois pas tout ! Loin de là. Dans mon assiette musicale du samedi matin je me sers une portion d’Aiglons, une portion de Tabou Combo, une petite cuillère  de Maxwells, un bol d‘Expériens 7, dans  mon verre je me verse deux doigts de Malavoi, deux doigts de Kassav, un zeste de Schleu Schleu, une rasade de Coupé Cloué,  une cuillère à café de Vikings, une autre de Ryko Jazz ! alors dégustez avec malice et modération et imaginez ces mêmes Aiglons 40 ans en arrière ! Si c’est encore chaud bouillant aujourd’hui imaginez il y a 40 ans ! Je dirais même: le fait qu’ils aient vieilli, pris du boudin, des rides n’invalide pas mon propos antérieur sur le rapport des Antillais à l’amour et au sexe ! Au contraire je pense même qu’il le renforce ! yo enmé sa yo pa sa vwè sa! souvenirs souvenirs du bon ; la musique comme l’amour voyage et la musique antillaise a beaucoup pénétré le Brésil, surtout au Nord dans les états d’Amapá et Pará ! ce qui est sûr c’est que dans l’état de Bahia au nord-est du Brésil tout le monde, enfin les gens de ma génération, connaît cette musique antillaise, ils ne connaissent pas forcément les titres, ils ne comprennent pas les paroles mais ils ont beaucoup bougé sur ces sons, qu’ils nomment lambada francesa. Ils ignorent même que ça vient de la Guadeloupe ou de la Martinique et si on leur parle de cadens kompa, de zouk, pour eux tout ça c’est brésilien ! ils ont d’ailleurs complètement vampirisé le zouk, ils appellent ça zouk exhibition ! regardez un peu sur googl et youtube les compétitions entre danseurs de zouk exhibition à travers le monde. La musique reste antillaise mais les danseurs, les meilleurs sont brésiliens! globalisation oblige !  vieux temps ! Et pour le fun je vous propose aussi des versions brésiliennes de ces  chansons cultes

 Le petit chaperon noir (1977)qui dit « Zizi je n’en veux pas » . il ya une version brésilienne mais je n’arrive pas à la retrouver. elle dit plus ou moins ça : Zizi não quer dançar (Zizi ne veut pas danser), kkk

Yo vwèw  on est à plein dans   l’ambiance de la séduction (Ou pa ni pon nonm, sé sa ou ka di mé a pa mwen ou ké couyonin….. Yo vwè’w, yo vwè’w, yo vwè’w a moto, yo vwè’w ka bwè dlo, yo vwè’w !! avè sa ou ké resté an plas ma fiy ). LA VERSION BRESILIENNE

Cuisse-la  (1:10.18)(kuis yo enmé sa, kuys kuys  ! kuys a poul, poupoul, kuys a koning dindin, kuys a kanna, nanaw, kuys a lapin, pin pin, kuys a bourik ririk, kuys a mouton, tonton, kuys a cochon, chon chon, kuys a rakun, koukoun, kuys a fanm). ET  VOICI LA VERSION BRESILIENNE de cuisse-la qui devient Isso é bom (qui veut dire: c’est bon)

Ay kouyoné woulé fès, woulé fès, tiré, mété fouré  cana yo ka woulé fès, pwentapit yo ka woulé fès a brabès a pigal mtinik la gwadeloup yo ka woulé fès, porto rico yo ka woulé fès woulé woulé woulé woulé

Pa fè an diw  fo ba moun la sa moun la enmé poumoun la enméw, balansé, balansé ay ay ay ay

Mes illusions c’est le slow typique : l’homme a fait quelques couillonnades et de guerre lasse la femme le quitte c’est alors qu’il devient doux comme un mouton.  C’est alors qu’il réalise ! il se sent tellement mal qu’il chante en français et non en créole: « J’ai perdu ton amour, j’ai perdu le meilleur, j’ai perdu mon bonheur à la même heure »

Pa di saw pa tann ! palé bon pawol séryé , palé bon pawol ki vré, pa  répété saw ka tann sinon

Mais j’ai la mémoire qui flanche, je ne sais plus pourquoi ! vous qui me lisez, si je ne vous ai pas trop ennuyé, faites moi un petit commentaire si vous savez , si vous avez la réponse car je voudrais retrouver la vidéo pour l’incruster ici pour illustrer mon propos : il y a un groupe, un autre, à la m^me époque, ou aux environs, grosso modo,  qui jouait cette chanson : ay doudou yépa, ou dou  kon siwo myel, moliné moliné moliné machiné ka machiné, touné viré… an ké pété kin aw an ké pété kin aw ! Mais qui était-ce donc ! vous voyez les pawol restent, le sons restent, par contre le nom des groupes et des chanteurs, je bug !

Et pour terminer n’imaginez pas que je ne mange et ne bois qu’antillais, loin de là. j’ai mon assiette brésilienne, mon assiette africaine, mon assiette portoricaine, mon assiette cubaine, mon assiette colombienne, mon assiette française, mon assiette R& B, mon assiette jazz, mon assiette nigériane sans oublier mes verres variés que je panache en fonction des jours et des émotions. Je suis divers, je vous l’ai déjà dit 100 fois ! Wipitipiti !!!!!!

et pour finir en beauté avec amour et musique écoutez aussi Tabou Combo, tout y est ! Et si on regardait aussi les 40 ans de Tabou Combo à la Villette en 2009 ?!

 

à moins que vous ne préfériez la fête des 30 ans de Tabou Combo au Zénith en 1998

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