Graeci Troianos amore pulchrae feminae pugnaverunt

 

Omerosbook

Il y a 27 ans, en 1991 paraissait  Omeros,  le poème-fleuve  du sainte-lucien-trinidadien Derek Walcott. En 1992 il obtenait le Prix Nobel de littérature et cette oeuvre y a beaucoup contribué. Il devenait ainsi le second prix Nobel à recevoir cette distinction après Saint-John Perse (Alexis Saint léger pour les intimes, le guadeloupéen) en 1960 et avant Vidiadhar Suraiprasad Naipaul, le trinidadéen en 2001. Ces trois prix Nobel racontent trois expériences du fait caraïbe (expérience des blancs créole en Guadeloupe chez Perse, expérience des descendants d’esclaves à Sainte-Lucie et à Trinidad chez Walcott et expérience des descendants d’Hindous chez Naipaul). Walcott est décédé le 17 mars 2017 et voici ce qu’écrivait William Grimes (en anglais) dans le New York Times à son sujet et je n’ai toujours pas lu Omeros. Quelle honte !  What a shame ! Ou pa ni two wont ? C’est un géant, je sais, il faut le lire ! Mais j’y pense je n’ai lu aucun des trois à fond. J’ai parcouru quelques pages, un poème par ci un autre par là, une nouvelle par ci une nouvelle par là. J’ai sauté d’île en île sur leurs écrits mais en dehors de ces sauts de puces rien de vraiment substantiel, rien de profond, je les ai abordés à la longue-vue pas à la loupe. Je vais réparer cette injustice et cette année 2017 ne se terminera pas avant que je n’ai lu avec profondeur Perse, Naipaul et Walcott en version originale.

J’ai des circonstances atténuantes, certes.  En 1990, en 1992 j’étais au Brésil et je m’intéressais alors beaucoup plus à la littérature brésilienne. Je voyageais entre Jorge Amado (auteur entre autres de Dona Flor e seus dois maridos, A morte de Quincas Berro d’Agua )  Manoel Wenceslau Leite de Barros – l’auteur fabuleux de Gramática Expositiva do Chão (1966) et de Tratado Geral das Grandezas do Infimo (2014) – Gregório de Matos, Carlos Gomes, Oswald de Andrade, Graciliano Ramos (Vidas Secas), Clarice Lispector, Cecilia Meireles, Carlos Drummond de Andrade, João Guimarães Rosa,  Mário de Andrade (Macunaima), Manuel Bandeira, Fernando Veríssimo, João Ubaldo Ribeiro, Mário Quintana et tant d’autres, puis la vie m’a pris dans un tourbillon, ma guerre de Troie personnelle qui m’a pris 20 ans, deux enfants sont nés en France, j’ai dû m’investir dans la famille, les études, les relations et tout cela m’a éloigné pendant longtemps sinon de l’écriture mais  de la lecture.

Omeros fait tout de suite penser à Homère qui lui évoque à son tour l’Iliade et  l »Odyssée. La Grèce, la Méditerranée, l’antiquité, la mer, les dieux Athéna, Apollon, Zeus, Circé, le Cyclope, Ithaque, la guerre de Troie, Pénélope, Ulysse, Achille, Sparte, Horace, beaucoup de sang, le cheval de Troie, voilà tout ce que j’ai en tête quand je me souviens de ces lectures d’enfance. Je l’avoue, j’ai avalé des pages et des pages de l’Iliade et de l’Odyssée. J’ai aussi lu l’Enéide de Virgile qui raconte les pérégrinations d’Enée, un autre des Troyens qui a réussi à sauver sa peau de la tragédie de Troie. J’ai lu aussi tous les travaux d’Hercule. Rien d’étonnant à tout cela puisque j’ai fait des études latines. Omeros me plonge dans tout cela. Je me rappelle aussi en passant de la pièce La guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux, qui est une réflexion sur la guerre et son inévitabilité, sa fatalité, écrite en 1936, un ouvrage prophétique sur la guerre qui allait éclater incessamment sous peu,  que j’ai lu lui aussi en son temps ! Et Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage, /Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,/ Et puis est retourné , plein d’usage et  raison,/ Vivre entre ses parents le reste de son âge de Joachim du Bellay (1522-1560) qui a résonné toute ma vie dans ma tête et qui résonne encore et qui me fait toujours méditer sur l’éternel retour aux racines. Omeros m’évoque aussi Ulysses (1922) de James Joyce (1882-1941), un roman dense et touffu, dont l’odyssée en plein Dublin a lieu le 16 juin 1904 (le personnage principal Leopold Bloom et son alter ego Stephen Daedalus sont encore aujourd’hui fêtés tous les 16 juin en Irlande, lors du fameux Bloomsday). L’ouvrage, « cathédrale de prose » qui fit en son temps scandale éveille en moi un maelstrom exquis et inextricable d’histoires parfois indescriptibles, parfois indéchiffrables. J’ai tenté autrefois de lire cet  Ulysses  dans le texte, je crois avoir abandonné à plusieurs reprises. Il est vrai que j’ai toujours voulu le lire dans le texte en anglais. Quoi que dans son texte il y a  tant de sous-textes et de para-textes et d’infra textes (pour emprunter aux théories de Gérard, Genette sur l’écriture, cf Palimpsestes) que j’ai dû me résoudre pendant longtemps à jeter ce texte aux oubliettes dans un coin maudit de ma bibliothèque que je dédie aux hermétiques et où figurent outre Ulysses, Ainsi parla Zarathoustra de Nietsche et la brésilienne Clarice Lispector . Beaucoup de traducteurs se sont attaqué à ce texte comme s’il s’était agi de l’un des 100 travaux d’Hercule et s’y sont cassé les dents car les récifs y sont nombreux: du grec, du latin, du français, de l’allemand à tout bout de champ, des références en veux-tu en voilà, une vraie performance que ce pavé.

Eh bien ne voilà t-il pas qu’un west indian, un antillais, un caribéen a décidé en 1990 de transposer tout ce passif en actif caribéen. Il fallait être né à Sainte-Lucie pour tenter telle aventure, Sainte-Lucie qu’on appelait autrefois  Hélen, celle pour les beaux yeux (et le corps tentaculaire en forme de poire) de laquelle une autre guerre de Troie a lieu, la guerre des Antilles, la bataille des Saintes, qui vit s’affronter dans la baie de Castries du 9 au 12 avril 1782 les 36 vaisseaux anglais de l’amiral George Brydge Rodney (sur son vaisseau amiral  HMS Formidable), du vice-amiral  Samuel Hood (sur son vaisseau HMS Barfleur) et du vice-amiral Francis Samuel Drake (sur HMS Princessa) et la flotte française composée de 33 vaisseaux commandés par le Comte de Grasse (sur son vaisseau amiral Ville de Paris) à la tête de l’escadre blanche, avec l »appui   de l’escadre blanche et bleue commandée par Charles de Coriolis d’Espinouse sur le Duc de Bourgogne, et de l’escadre bleue commandée par  Louis Antoine de Bougainville sur l’Auguste .

Omeros c’est tout cela  transposé aux Caraïbes, sur l’île de Sainte-Lucie. 325 pages d’une épopée écrite en tercets à la mode de Dante et sa Divine Comédie, soit  dans la pure tradition de la terza rima (le premier et le troisième vers du premier tercet riment ensemble, le deuxième vers du premier tercet rime avec le  premier du second, et ainsi de suite) , ce qui a pour effet de donner au poème un rythme presque de ressac  de vagues qui se brisent sur l’estran, presque indéfiniment. Des auteurs comme Homère, Joyce, Walt Whitman, Crane, Dante, mais aussi l’anglais, le latin, le grec, le créole, le français, l’italien, l’allemand sont invoqués pour donner un souffle vertigineux au tissu textuel. Ogun et Zeus font une cyclone-party dans leur loft confortablement bien situé sur un nuage ! L’oeuvre, qui s’apparente à un long chant, une mélopée chatoyante, est composée de 5 livres chacun possédant un certain nombres de chapitres et étonnamment 25 ans après l’oeuvre n’a toujours pas, que je sache, été traduite en français, jigé an kreyol ! « Traduttore tradittore » disait je ne sais plus très bien qui, « traducteur traître », oui pour traduire Joyce il faut un certain bagage. de même pour traduire Derek Walcott, il faut le vouloir, il faut comprendre les jeux de mots, les allusions, la faune, la flore, la musique de Sainte-Lucie mais aussi l’anglais sainte-lucien, et trinidadéen mais aussi Homère mais aussi Joyce mais aussi Dante mais aussi Whitman ! Chaud les pistaches chaud, xo satanas xo, vous m’avez compris ! ? Il faut du costaud pour s’attaquer à Walcott, du calibre 29, des cojones, pas des couilles molles, des couilles gonflées à péter et peu de traducteurs se sont osé à fricoter avec Omeros, à se frotter contre le texte, pas seulement se frotter et jouir en quelques secondes, non, se frotter comme quand on se frotte dans l’amour tantrique, se frotter en prenant son temps, en se caressant à l’huile parfumée sur un fond de musique éthérée. Se frotter en tant que lecteur ce n’est déjà pas une sinécure bien qu’en temps que guadeloupéen son kreyol sainte-lucien ne m’est pas étranger, il m’en facilite la lecture, je n’ai pas besoin de glossaire, de renvois en bas de page, je connais la flore, la faune, Sainte-Lucie c’est à côté, nous sommes frères et soeurs presque, beaucoup de martiniquais sont partis pour Sainte Lucie entre 1767 et 1769, si ma mémoire est bonne. D’autres y sont partis en bateau vers la fin des années 30 en dissidence. Alors imaginer traduire Omeros !  Omeros est comme la belle Hélène qui n’a eu que trois hommes invités pour savourer sa chair : Ménélas son mari, le spartiate, Pâris son amant, le Troyen puis Déiphobe, le Troyen  après que son amant Paris soit passé de vie à trépas, et à nouveau Ménélas après 10 ans de séparation. Tenter de séduire le texte, l’amadouer, le cajoler, mais aussi l’enlever, lui faire l’amour sans le violer, voilà la tâche . Seul un OSS 117 de la traduction pourrait relever un tel défi ! My name is Bond, James Bond, je vais traduire Omeros en kreyol, au moins comme l’ont fait quelques-uns, le premier chapitre (pas folle la guêpe), je ne sais pas si j’ai le gabarit désiré, mais j’ai le désir qui me brûle en même temps le tout et les parties. Mais avant cela laissez-moi vous raconter vitement l’histoire en français pour ceux qui ne la connaissent pas. Accrochez-vous, ça va tanguer. C’est une histoire qui mélange généalogie, roi, dieux, mer, mort, « amour, gloire et beauté » à la mode antique. Voici le pitch qui pourrait se résumer à cette phrase simple, limpide et définitive en latin :

« Graeci Troianos amore pulchrae feminae pugnaverunt »

La guerre de Troie oppose les Troyens aux Grecs suite à l’enlèvement par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, d’Hélène, fille de Léda et Tyndare, ancien roi de Sparte, épouse de Ménélas, nouveau roi de Sparte. Hélène en réalité est fille du dieu Zeus avec Leda comme ses deux frères jumeaux Castor et Pollux. Il faut dire qu’en ce temps-là les dieux aimaient bien le vagabondage ! Le couple a deux enfants selon certains, trois selon d’autres, une fille Hermione, un ou deux garçons Nicostratos et Plysthènes. Ménélas, fils de sieur Atrée et de dame Aéropé, cocu et pas content du tout, prend sa coque de lambi et convoque son frère Agamemnon, époux de Clytemnestre pour réclamer vengeance. L’accompagnent dans cette vendetta une flotte de rois achéens en tous genres qui étaient tous les anciens prétendants de sa femme mais à qui il étaient inextricablement liés par un serment du genre de celui qui lie une vingtaine de pays via l’OTAN  : Ulysse, roi d’Ithaque, époux de Pénélope; Patrocle, cousin et ami intime, si ce n’est mignon, d’Achille (les avis divergent entre Sophocle et d’autres penseurs de son temps, on ne sait jusqu’à quel point exactement); Nestor, Antiloque, Mérion, Eumélos, Diomède, Philoctèle (compagnon d’Hercule), les 2 frères Ajax, le grand et le Petit,  Epéios, Polpoétès, Teucros et enfin Achille, fils de Pelée, roi des Myrmidons et de Thétis, une Néréide (fils d’une déesse et d’un mortel).

Du côté des Troyens, la partie averse, Hector, frère de Pâris, qui a commis l’irréparable enlèvement avec le consentement de la belle Hélène (soit dit entre nous) a pour alliés ses 50 frères et ses 50 beaux-frères. Ce Priam de père  était semble-t-il bien fécond, plaignons la fertile Hécube car elle lui donna à elle seule selon Homère au moins 19 enfants vaillants et bien portants, alors  que d’autres auteurs  comme Apollodore et Hygin, Pausanias  et Virgile font d’autres comptes d’actes de naissances et de cordons ombilicaux et évoquent des premiers, deuxièmes, troisièmes, voire quatrièmes lits, quoi qu’à cette époque-là aux généalogistes il importait peu de savoir si la marmaille était légitime ou illégitime, adultérine ou incestueuse, mortelle, semi-mortelle ou immortelle. Ce qui est indubitable c’est que Priam, cet antique chaud lapin troyen, prenant à la lettre, voire devançant la lettre du verset de la Genèse disant « Peuplez et multipliez » aurait engendré (on dirait de lui aux Antilles « ou ka péplé kon kondin »). Presque autant d’enfants que mon cousin bouillantais Wobè ! Mais qu’on soit roi ou pêcheur ou chauffeur de taxi nul n’était alors à l’abri dans cette Caraïbe méditerranéenne du pêché de chair !

Hector, récapitulons, fils de Priam et d’Hécube, frère aîné de Pâris, l’auteur du rapt de la belle Hélène, est l’époux d’Andromaque.

Je vous épargne toutes les péripéties car la guerre de Troie dura 10 ans, qui permirent à Ménélas d’avoir en pleine guerre au moins 3 autres liaisons qui engendrèrent trois garçons:. avec une manzè Piéris il eut Nicostratus, avec une manzè Téridaé il eut Mégapenthès, avec une manzè Cnossia il eut Xénodamus. Sacré Spartiates !

Hector, sera tué par Achille. qui se vengera du fait que le premier auparavant aura tué Patrocle, l’ami-amant d’Achille. Achille, demi-dieu demi-homme passera lui aussi sous les fourches caudines du Styx, malgré son corps qui y fut plongé tout entier à l’exception de son talon mythique qui reçut un coup de flèche fatal à l’astragale et l’un des 50 beaux-frères de Pâris et Hector qui est réputé invincible est vaincu par une flèche dans son talon du pied droit (la seule partie de son corps qui n’avait pas été protégée par le bain de ses pieds dans le Styx), laquelle flèche a été décochée par Pâris avec pour gps Apollon. Exit le bel Achille qui sentait bon l’ambroisie à défaut de bay-rhum! Sa mort sera vengée plus tard par l’un de ses fils Néoptolème surnommé en famille Pyrrhus qui tuera lui aussi le vieux Priam ainsi que le petit-fils de ce dernier, Astyanax, fils d’Hector, qu’il envoya valdinguer dans le vide au-dessus des murailles en flammes de Troie. Sans pitié, le bougre ! 8 ans après ces évènements Oreste dut liquider à son tour Neoptolème, le fils d’Achille et Déidamie,  car ce dernier, fils d’Achille, rappelons-le, venait d’épouser sa promise depuis l’enfance Hermione, fille d’Hélène et Ménélas. Mi déba ! ce règlement de comptes sans fin ! et l’histoire folle continue avec Pâris qui aidé d’Aphrodite (à qui il avait donné la mangue de discorde, la choisissant comme la plus belle des déesses de la Soufrière, la préférant à Héra et Athéna) disparaît dans un nuage alors qu’il venait d’être vaincu en duel par Ménélas, aidé lui par les déesses Athéna et Héra. Il en réchappe provisoirement mais c’est reculer pour mieux sauter car il sera bientôt tué en combat singulier par une flèche de Philoctète, ancien compagnon d’Héraklès dont il avait hérité l’arc et les flèches. Exit Pâris ! L’histoire ne dit pas si Pâris engrossa  Hélène, mais on chuchote sous cape que Pâris aurait été brehaigne ! C’est à se demander à quoi servit l’entregeance d’Aphrodite dans tout ce micmac.

La belle Hélène, qui adorait non pas les poires au chocolat, mais les quénettes cueillies à même l’arbre,  qui , avant de se marier à Ménélas avait été  l’obscur objet du désir de plus de 30 prétendants de haute vaillance et de haut lignage, se résolut, la mort dans l’âme de se donner alors un nouveau mari Déiphobe, frère de Pâris qui était en concurrence avec un autre frère Hélénos pour la conquérir, après avoir observé comme  il se doit quelques tabous de veuvage. Que voulez-vous, la chair est faible, la chair appelle la chair ! Et ceux qui aiment la chair ne se contentent pas d’un poisson maigre !

Vient alors le stratagème d’Ulysse qui concocte un énorme cheval en bois, qui allait devenir le cheval de Troie, pour abriter les plus vaillants guerriers grecs pour envahir la citadelle assiégée qui résistait encore et qui semblait inexpugnable. Ces kouyons de Troyens acceptent le cadeau empoisonné des Grecs (on dit toujours au Brésil « presente de grego », pour un cadeau comme celui-ci aux conséquences funestes) . Mais ce pauvre Déiphobe dut subir lui aussi comme son frère Pâris le courroux de l’homme trompé (on ne trompe pas impunément un Spartiate) et finit lui aussi au cimetière. Ainsi se réalise l’oracle : Troia delenda est (il faut détruire Troie). On ne cocufie pas impunément le roi de Sparte, mezanmi ! Heureusement pour lui comme le raconte Virgile dans l’Enéide, Enée, qui faisait partie e la branche cadette de la dynastie e Troie réussit à fuir sur son bateau qui est poussé sur les côtes de l’Afrique. Là il rencontre l’amour d’une reine mais il doit la fuir pour rencontrer son destin qui est de reconstruire ailleurs une autre ville. Le vent le poussera jusqu’à l’Italie où après avoir rencontré la  Sybille, puis Didon il fonde Rome.

yékrik yékrak ! Troia delenda est ! Mais avant que la citadelle ne brûle totalement  le couple royal défait, Ménélas et Hélène, se reforme ou se sépare à jamais ! Après quelques instants d’incertitude (dues à des douleurs que ressent subitement Ménélas au niveau des cornes), les fougueux époux se rabibochent, tout est pardonné . L’amour spartiate c’est beau, c’est mythique ! On imagine que Ménélas n’eut plus de fils avec  Hélène. Il leur fallut 8 ans pour rentrer chez eux à Sparte après 18 ans d’absence. A la mort de Ménélas Hélène est expulsée e Sparte et sera étouffée ans son bain par les servantes de la reine Polyxo. Triste fin pour l’un des plus grands sex symbols de l’antiquité, bien avnt la pulpeuse  et jazzy Joséphine Baker !

Quant à Ulysse (dont le nom grec est Odysseus) il lui fallut un peu plus 10 ans d’errance (il passa quand même 7 ans  dans la cabane de la nymphe Calypso qui était love de lui) avant se retrouver sa chère Ithaque,  sa fidèle Pénélope et son fils Télémaque. Tout cela à cause des cyclones, des tremblements e terre, des éruptions volcaniques et des dieux, des magiciennes comme Circé, des cyclopes, de Charybde en Scylla, de Scylla. Ce fut tout sauf la dolce vita. Et quand après 20 ans d’absence Ulysse retourna à sa chère patrie Ithaque, ce ne furent ni un ni deux ni trois  ni trois ni quatre mais 100 prétendants qu’il dut passer au fil de son épée ou de sa lance, avec l’aide de son fils et de quelques serviteurs qui lui étaient restés fidèles  pour récupérer la fidèle Pénélope qui faisait des maskos aux prétendants en tissant un hamac pour son beau-père qu’elle cousait en cachette (le hamac, pas le beau-père, voyons) toutes les nuits. Jusqu’à ce que l’une des servantes, une vraie salope, jalouse probablement de sa patronne et qui aurait voulu qu’on la courtise, elle à la place de Pénélope, comme Iznogoud qui voulait être calife à la place du calife,  découvre le pot aux roses et en fasse part aux prétendants . Un vrai massacre ! Exit Antinoos, occis d’une flèche dans le mitan de la gorge ! Exit Eurymaque, le favori qui tenait la corde presque, occis d’une flèche dans le foie ! Exit Amphinormos, occis par un coup de lance entre les reins concocté par le fils Télémaque ! Avec l’aide de ce même Télémaque, son fils, le porcher et le bouvier armés de boucliers et couverts d’airain et l’aide d’Athéna, la déesse,  ils éliminèrent tous un à un jusqu’au dernier prétendant et ils terminèrent le travail en pendant les 12 servantes, ces mauvaises larronnes qui avaient eu un trop mauvais comportement pendant ses 20 anse pérégrinations en Mer Méditerranée et enfin vint le tour de Mélanthios, le chevrier qui était au service des prétendants et qui l’avait injurié à son retour. Pauvre bougre ! N’insultez jamais ni la mère, ni la marraine ni la grand mère, ni la tante ni la grand-tante ni l’arrière-petite-nièce d’un héros qui a passé 20 ans loin de sa femme et de son fils unique, car vous vous exposez au châtiment de la géhenne. Mélanthios eut beau crier, gémir, sangloter,  se chier dessus, rien n’y fit, les héros ne jouent pas, yo pa ka jouwé menm, surtout quand ils ont pour alliés Athéna et Mentor ! Alors ce qui devait arriver arriva ! imaginez la douleur et le dénuement de celui à qui on tranche la queue, les graines, le nez et les oreilles et qu’on jette aux chiens,  puis les pieds et les mains. Comme on le voit il valait mieux à cette époque être prétendant à Sparte qu’à Ithaque. Car a cette époque-là le vent faisait souvent des siennes et pour pouvoir avancer il fallait souvent sacrifier là bétail, là esclaves, là jusqu’à sa propre progéniture, à l’exemple d’Agamemnon qui sacrifia sa propre fille Iphigénie.

Dans sa transposition dans ce qu’on a appelé la Méditerranée Américaine, Walcott met en scène le même trio amoureux: deux pêcheurs Achille et Horace et une bonne à tout faire Hélène, voilà l’argument de départ mais écoutez-le plutôt. Il en parlera bien mieux que moi (j’espère que vous parlez anglais quand même) :