Mieux que la lecture, la relecture, la re-signification des joies quotidiennes

En regardant sur Arte le film La mélodie du Bonheur (en anglais The Sound of Music) je me suis rendu compte comme on peut avoir une lecture différente d’un film en le voyant avec une trentaine d’années de distance. La même chose vaut pour le film Le Cid avec Sophia Loren que j’ai encore vu tout récemment. Ou même pour La Grande Vadrouille avec Louis de Funès et Bourvil. Au-delà de l’intrigue il y a des faits politiques qui a un certain moment nous dépassent et que nous choisissons inconsciemment peut-être de laisser de côté.

 

Dans La Mélodie du Bonheur avec Julie Andrews c’est la montée du fascisme en Autriche et la collaboration du peuple autrichien dans sa grande majorité. Dans Le Cid c’est la Reconquista espagnole, le rôle de l’Eglise, les intrigues pour se débarrasser des Maures et des Arabes et l’appropriation historique du Cid dans tout cela. Dans La Grande Vadrouille c’est là encore la Résistance sous l’Occupation. Moi, par exemple pendant tout le film La Mélodie du Bonheur j’entendais aussi en bruit fond My Favorite Things de John Coltrane, pour moi l’un des thèmes immortels du jazz.

J’essayais de trouver une traduction pour les paroles en français en essayant de me remémorer les paroles en anglais. My favorite things ! Mes joies quotidiennes ! Et j’avais l’impression que le texte français infantilisait. Bena dans le même film se passionnait pour l’ombre junguienne, la fameuse sombra, la shadow omniprésente chez le père, le militaire, qui n’arrive pas à se détacher de sa fonction de militaire, sa persona. Un bon film c’est un film qui vous permet de voyager à travers les différentes et multiples lectures possibles. On peut donc le voir et le revoir. Ad libitum comme on écoute un bon standard du jazz. Ce sont ces aller-retours , ces va-et-vient incessants entre ce dont on se souvient et ce que l’on a oublié qui façonnent l’air de rien nos arrière-pays mentaux. Je m’étonne parfois de chanter Mon fils de Johnny Halliday ou Si j’étais un charpentier, de fredonner Si j’avais un marteau ou Amour d’Eté, la version française de Love me Tender, je me souviens encore de Boudu Sauvé des Eaux avec Michel Simon, de Les Oiseaux  (The Birds) d’Alfred Hitchcock et de Les Désaxés (en anglais The Misfits) avec Marylin Monroe et Clark Gable, Certains l’aiment chaud (Some like it hot) avec Marilyn Monroe, Tony curtis et Jack Lemmmon, etc etc

Ce sont mes joies quotidiennes à moi, revoir des films, ou réécouter des chansons ou des standards de jazz, de relire des bouquins, revoir des amis, me souvenir de moments fugaces, c’est bref me réapproprier ses moments exquis qui parfois s’éclipsent comme des voaygeurs immobiles sans le vouloir de ma mémoire et leur donner une nouvelle existence, des habits neufs en somme

Tenez voici les paroles de « Mes joies quotidiennes » (ce ne sont pas les miennes mais celles une jeune novice rebelle autrichienne  dans les années 60:

Pétales de rose ou moustaches de chatons

Bonne mitaine et bon feu qui brille,

Beau cahier quadrillé , cheveux mouillés,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Gros mille-feuilles, tarte aux pommes fraîches

Grand bol de crème dont on se pourlèche,

Belle oie sauvage qui s’envole dans la plaine,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Gaies robes claires, coiffures en nattes,

Doux flocons blancs sur mon lit écarlate,

Les fleurs d’Avril en bouquets qui reviennent.

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Quand le chien mord, quand l’abeille pique, quand ça marche mal,

C’est simple je pense à mes joies quotidiennes et tout alors va très bien.

Longue moustache, des milliers de racines,

Bonne mitaine et bon feu qui brille,

Beau cahier quadrillé et cheveux mouillés,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Grand mille-feuilles, tarte aux pommes fraîches

Gros bol de crème dont on se pourlèche,

Belle oie sauvage qui s’envole dans la plaine,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes

Gaies robes claires, coiffures en nattes,

Doux flocons blancs sur mon lit écarlate,

Les fleurs d’Avril en bouquets qui reviennent.

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Quand le chien mord, quand l’abeille pique, quand ça marche mal,

C’est simple je pense à mes joies quotidiennes et tout alors va très bien.

Et voici celles de My favorite things (bon, ne pas oublier toujours m^me en anglais que ce sont les petites choses que préfère une novice rebelle autrichienne dans les années 60). A actualiser donc :

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woolen mittens
Brown paper packages tied up with string
These are a few of my favourite things!
Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and slay bells and schnitzel with noodles
Wild gees that fly with the moon en their wings
These are a few of my favourite things!
Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eye lashes
Silver white winters that melt into spring
These are a few of my favourite things!
When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad, I simply remember
my favourite things!
and then I don’t feel so bad!

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