Welcome to your home from home

Parmi tous mes souvenirs télévisuels de mon enfance et adolescence il y a deux  séries qui retiennent jusqu’à aujourd’hui mon attention. Le Fugitif que j’ai pu voir à partir de septembre 1967,  et Le Prisonnier que j’ai vu entre février et mai 1968. J’avais entre 15 ans et 15 ans et demi donc !

Il s’agit de Le  Fugitif (The Fugitive) de Roy Huggins qui est passé en France à partir de 1967 où un homme joué par David Janssen passe 120 épisodes à fuir la police pour un crime qu’il n’a pas connu. Puis est sorti aussi vers la même époque Le Prisonnier (The Prisoner) où un agent secret britannique se trouve prisonnier dans un village  quelque part où des forces ennemies essaient de savoir les raisons pour lesquelles il vient de démissionner des services de contre espionnage. Il essaie par tous les moyens de s’enfuir. Mais il est toujours rattrapé au dernier moment par une boule gélatineuse blanche et implacable. Bonjour chez vous ! « Welcome to your home from home ! » est un refrain qui revient à tout bout de champ pour le persuader qu’il est bien chez lui, ans un paradis idyllique ou même les chauffeurs de taxi lui demandent en français  « Où désirez-vous aller? ». Alors que Le Fugitif évoque la fuite de l’enfermement à venir, voire de la peine de mort, Le Prisonnier c’est la fuite d’un enfermement doré ! Il s’appelle numéro 6 ! il est joué par Patrick Mc Goohan. Mais où sommes nous ? On ne le sait vraiment qu’au dernier épisode. On se trouve au nord du Pays de Galles dans le petit village de Portmeirion pas trop loin de Penrhyndeuddraeth.

qui ne pense qu’à s’évader, s’échapper. il se retrouve dans une société où il ne comprend pas qui commence, qui contrôle. Il n’est qu’un numéro ! « Je ne suis pas un numéro ! je suis un homme » en anglais « I am not a number, I am a person » crie-t-il à qui veut bien l’entendre mais dans cette société là contrôlée par caméra (déjà)il n’y a pas d’échappatoire, on n’est qu’un numéro, un number 6  (« six of one, a half a dozen of another ») . Quand je regardais autrefois cette série j’étais complètement effrayé par la boule blanche contre laquelle on ne pouvait rien. Et maintenant je la vois, elle me semble tout à-coup ridicule, elle ne me fait plus rien ! Pourtant cette série était prémonitoire. Nous sommes bien après Aldous Huxley et  Le Meilleur des Mondes et 1984 d’Orwell. Mais désormais il semble possible ce monde du prisonnier où nous sommes contrôlés  par es caméras, des portables, des ordinateurs, des cartes de crédit qui nous suivent partout, qui  nous géolocalisent avec souvent  notre consentement. Je n’ai plus peur de la grosse boule blanche nommée Rover (un ballon météo appelé en français le Rôdeur), mais justement il faudrait que je retrouve cette peur salutaire.

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Et enfin pour terminer le thème original de la bande son de Ron Graner, un peu jazz, un peu pop, un peu psychélique , parfait pour cette allégorie surréaliste avec des côtés à la Kafka, qui a par la suite été diversement repris!