Heaven on seven : atteignez le septième ciel avec un gumbo z’herbes, un gumbo filé ou un gumbo févi paradisiaque

Mézanmi woy ! Je me suis réveillé ce matin avec une envie de gonbo zèb ! Mais on n’est pas vendredi saint ! Merde alors ! Eh oui c’est un plat maigre ! Good Friday, man, it’s Lent ! Ki lent ésa boug, sé karèm yo ka di, man ! Je ne suis pas cajun pourtant, ni catholique ni même protestant et je n’ai jamais mis les pieds en Louisianne. Je ne connais ni La Fayette ni la Nouvelle Orléans ! Mais pour moi la Louisianne c’est les caraïbes, sé minm péyi ! Et j’aime la Louisianne et la culture cajun et la culture créole à cause des gombos. La-bas ils disent okra. Mais le plat gumbo ne veut pas dire qu’il y a des gombo dedans. . Gonbo zèb pour eux c’est au choix gumbo z’herbes, gumbo zhairbes, gumbo zhèbe ou gumbo aux herbes. Bon vous avez compris ! Pour faire un gumbo z’herbes il faut des gombos (okra ou finger ladies en anglais) ! Les gombos c’est la base , l’appaort africain, d’Afrique de l’Ouest ! et il faut des zèb ! onlo zèb ! des herbes, Des feuillages quoi ! Pas du gazon quand même ! Des feuilles de  chou frisé ou non, du cresson, de la laitue, des feuilles de chou-rave, des fanes de carotte, des feuilles de blettes, des feuilles de céleri, des feuilles de moutarde, des feuilles de chicorée catalane, des fanes de radis, de l’oseille, de l’épinard. bon vous en choisissez 5 (environ 1 kilo et demi). Bon et puis les épices et les aromates : ciboulette, persil, poivron vert, oignon, ail, la totale quoi, un peu de coriandre vert (moi j’adore), du piment végétarien ou bondamanjak, voilà mon gombo zèb bitako. La tradition cajun veut qu’on mette un nombre impair de feuillages, 5 , je vous ai dit, mais ça peut être 7 ou 3, mais 5 c’est perfect ! Ainsi soit il ! Gonbo zèb je ne suis pas digne de te recevoir mais donne-moi seulement une cuillère pour goûter et je serai guéri ! La prière n’est pas indispensable mais elle donne du goût à l’âme ! Par contre ce qui est indispensable pour donner du goût au gombo/gumbo c’est un roux ! Le savèw du biten est dérébénal, vrèman ! Saint Augustin a dit : »le bonheur c’est de continuer à désirer ce que l’on possède ». Merci saint Augustin ! Alleluiah ! Quand je mange mon gombo zewb, que ma langue fait slurp, chlurp dans la cuillère eh bien je suis dans le Royaume de Dieu, des anges et des saints et tous mes pêchés deviennent légers, pardonnés ! J’atteins la grâce, la béatitude, je suis rassasié ! Je ne veux aucun autre bien matériel, je suis en paix, mon âme sourit de contentement ! Vous pouvez convoquer tous les grands penseurs , les Aristote, les Platon, les Spinoza, les Schopenhauer, les Socrate, les St Thomas d’Aquin, je n’en démordrai pas, ma paroisse, ma colline de lait et de miel c’est le gumbo-gombo ! Mais ce n’est pas tout ça c’est le gumbo de vendredi-saint, le gumbo maigre ! La personne est sur la croix vous n’allez pas manger gras devant lui en plein Calvaire quand même !Par contre quand Carême est fini on peut manger gras alors on a deux autres  types de gumbo en gros, traditionnellement gumbo févi (c’est gumbo où y a des gombos et puis des petites choses comme le jambon que moi je préfère remplacer par du haddock fumé) des tomates, un roux brun très brun couleur chocolat noir. et puis le dernier c’est gumbo filé avec le remplacement des gombos frais par de la poudre de feuilles de sassafras qui a comme fonction d’épaissir la sauce. Certains mélangent les 3, mais vous faites comme vous voyez ok Moi je suggère la poudre de gombo pour remplacer le gombo frais ou congelé ! Mais la poudre de feuilles de sassafras donne le petit tchinn spécial. vous pouvez aussi mettre du colombo à la place ou en plus. c’est vous qui savez ! Un antillais mettrait du bois d’Inde , du clou de girofle, du lauirier

Je ne vais pas vous faire l’injure de vous expliquer comment on fait un roux brun. vous avez en fonction du temps que vous remuez et de la chaleur de la flamme un roux blanc, un roux blond et un roux brun. Le roux du gumbo doit prendre la couleur du chocolat noir ! Ca c’est l’apport européen, le roux !  farine de blé + beurre (mais vous pouvez choisir huile ou ghee), on fait roussir , ensuite on va lier avec le liquide de cuisson des feuillages. Puis on ajoute l’oignon ont les sucs vont modifier la couleur, on doit remuer tout le temps sur feu vif et faire attention à ne pas se brûler inutilement ! Puis on va rajouter le poivron et le céleri ! ! Mais permettez que je fasse une petite parenthèse philosophique sur le bonheur pendant que le roux est en train de roussir…

Le bonheur est donc selon saint Augustin lié à la foi, la Grâce et la croyance d’une cité de Dieu. Le reste de nos réalisations que nous appelons bonheur ne sont que joies, certes jubilatoires et apaisantes, comme les joies issues de la réalisation de nos désirs relatifs à l’amour, le sexe, le savoir,  la relation avec les autres, ou l’acquisition de biens matériels, mais tout cela n’est pas le bonheur, le bonheur c’est le fait de s’alimenter en Dieu, de se désaltérer en Dieu comme la biche se désaltère de l’eau d’un ruisseau. C’est, dirons-nous en d’autres termes, un bonheur vital, sans cette eau source de vie nous ne pouvons vivre dans le bonheur.

C’est donc tout naturellement dans ce contexte que se place la citation. Nous devons continuer de désirer Dieu qui est en nous non pas comme un bonheur qui viendra à la fin de notre vie, si nous sommes élus par la Grâce pour atteindre le paradis mais dès maintenant car la poursuite du bonheur sur terre est possible à travers Dieu. Mais ce n’est pas parce que Dieu est en nous que nous devons cesser de le désirer ! Car le désir c’est ce qui fait progresser homme. Pour certains le bonheur c’est de planter mille pieds de gombo dans une oasis, pour d’autres d’aller au delà de la mer.

Même si saint Augustin tente de concilier la foi chrétienne avec le platonicisme, sa vision du bonheur diffère quelque peu de celle de Platon qui voit l’existence comme quelque chose de cyclique alors que saint Augustin n’y voit que quelque chose de linéaire menant vers Dieu. Ainsi ne dit il pas lui-même dans le livre X de ses Confessions (ses Aveux):

« Trop tard je t’ai aimée
beauté si ancienne et si neuve
trop tard je t’ai aimée
Regarde.
Tu étais à l’intérieur, j’étais dehors à ta recherche.

J’étais difforme, je me jetais sur l’élégance de tes formes.
Tu étais avec moi, je n’étais pas avec toi.
Ce qui me retenait loin de toi pourtant n’existerait pas sans exister en toi.
Ton appel. Ton cri.
Tu as broyé ma surdité.
Eclair. Splendeur.
Tu as fait fuir mon aveuglement.
Parfum. Je t’ai respiré. Je t’ai inhalé.
Je t’ai goûté. Ma faim, Ma soif.
Tu m’as touché. J’ai pris feu dans ta paix. »

Cette citation du bonheur selon saint Augustin est à mettre en parallèle avec le discours de Jésus selon Luc qui dit  « Heureux, vous les pauvres  car le royaume de Dieu est à vous. Heureux vous qui avez faim car vous serez rassasiés ». La béatitude est possible au Royaume de Dieu, peu importe quelles ont été nos richesses et notre consommation  e biens sur terre. Le bonheur apparent sur terre fait  de biens extérieurs à soi ou de biens relatifs aux corps ne garantit pas le Royaume de Dieu.

Pourtant selon Socrate (427-347 avant JC) le bonheur (enaimonia) c’est la possession u bien (agathon). Pour Platon, son disciple,  ce bien peut avoir trois dimensions : les biens relatifs au corps, les biens relatifs à l’âme , les bien extérieurs. La personne juste est la personne qui est rassasiée de bonheur, en paix. Le vrai bonheur implique quatre vertus cardinales : la sagesse (qui est en rapport avec notre rationalité, notre intellect), le courage (qui nous permet de faire face à l’adversité mais aussi d’avoir le courage de nos convictions), la modération (l’auto-contrôle de nos désirs, la tempérance), la justice (le fait d’avoir une âme saine où la raison commande les appétits et le désir)

la Déclaration de l’Indépendance américaine du 4 juillet 1776     dit que tout homme a comme droits inaliénables le droit à la vie, la liberté et la recherche du bonheur (« life, liberty and the pursuit of happiness »). Tout le monde n’a pas droit au bonheur dans le système américain depuis 1776. tout le monde a le droit de partir à sa recherche, partir en quête, se mettre en marche, mais il n’y a aucune garantie ! C’est une conception religieuse qui ouvre un paradis de milk and honey la haut sur la colline, on the hill, seuls peuvent la gravir et y accéder ceux qui par leur vie ont célébré Dieu par leur travail, et la sanction de ce travail c’est l’argent  d’où le manifeste hédoniste qui se retrouve sur les dollars américains jusqu’à aujourd’hui ‘in God we trust ». C’est par l’accumulation de biens et de capitaux qu’on va parvenir le plus facilement au royaume de Dieu. Mais il faut prendre garde là encore avec la temporalité. Happiness en 1776 ne veut pas dire happiness en 2017. Le sens du mot bonheur d’autrefois était beaucoup plus social. C’était le bonheur de la société, le bonheur de tous, il n’y avait pas une dimension individuelle hédoniste, recentrée sur le soi.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 n’aborde même pas la question du bonheur. pour elle il y a des « droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 si elle évoque le droit à l’épanouissement ne mentionne à aucun moment ni droit ni poursuite du bonheur.

Je referme la parenthèse ! Tout ça pour dire : je suis gombophile, je suis gombocrate et honni soit qui mal y pense ! C’est ma religion, c’est mon hérésie, qu’y puis_je, puisque c’est mon bonheur équilibré par ma raison qui dompte mes passions .

Et puisque vous avez eu le courage de me lire jusqu’ici sur mon traité de cuisine u bonheur je vais vous livre un secret , la recette du gombo filé et celle du gumbo pévi.

Le gumbo filé

C’est l’ingrédient, l’apport amérindien es de la tribu Choctaw, qui fait la différence si vous êtes de là-bas !    le gumbo filé powder c’est de la poudre de feuilles de sassafras. vous avez surement lu le bouquin ou vu la pièce « Du vent dans les branches de sassafras, » de René Obaldia, eh bien si vous ne l’avez pas vu ni lu, révisez vos classiques ! C’est aussi ça le bonheur ! Vous pouvez bien sûr chercher un sassafras, prendre les feuilles et les piler mais certains y ont pensé avant vous comme Zatarain’s le marchand d’épices qu’il vous faut qui vous propose son « pure ground gumbo filé » ! alors qu’attendez-vous pour passer commande. C’est une poudre épaississante ! sinon quel substitut ? A la place de l’eau mettre de la root-beer, le gout sera identique. On n’y verra que du feu ! attention normalement on ne mélange pas gombo et filé. ou c’est gombo (dans le sens de okra) ou c’est filé (c’est à dire sassafras). les deux épaississent la sauce. on peut épaissir je l’ai déjà dit avec un roux bien brun mais aussi avec de l’amidon de maïs (corn starch) ou bien des feuilles de Milookhiya (Egypte). vous avez le choix entre gumbo filé (sassafras)ou gumbo févi (okra)

Mais il faut que je vous dise que le gumbo de la Nouvelle Orléans n’a rien à voir avec la bouillabaisse. voila c’est fait! Le gumbo c’est une sauce dans laquelle on va mettre es protéines qui étaient à l’origine du poulet presque exclusivement , avec le temps le gumbo s’est enrichi avec des huîtres, des crevettes, du crabe, mais on peut faire le mélange que l’on préfère mais les ingrédients de base sont le gombo et la tomate. Moi j’aime bien ajouter du haddock ou du hareng saur mais c’est mon goût propre de bitako pêcheur.

Oh autrefois on faisait un gumbo zhuitres avec de la sauce d’huitres, une  sorte de bisque moi j’aime que les gumbo sans viande sans andouille donc j’utilise du poisson fumé et des fruits de mer, surtout du crabe et des crevettes j’adore le crabe. alors là c’est septième ciel garanti, je fais le tour de la terre en sept secondes chrono, aller retour e la terre à la lune avec 2 secondes ‘extase au soleil. Jouissif ! the bonheur, the félicité, the épanouissement, the parinirvana, heaven on seven ! Et si par malheur il y a aussi des palourdes ou du lambi,  mamma mia I fly, I’m an angel, I’m Peter Pan  !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s