je t’en prie reviens, tout l’espoir que j’avais

Oh mon amour, j’ai cru à l’amour ! J’ai cru à Hilarion   Nguéma, j’ai cru à Daniel Forestal ! J’ai chanté avec eux en dansant collé serré, le corps en ébullition ! j’y ai cru et j’y crois encore car je suis un romantique indécrottable ! Ne rigolez pas ! J’en vois qui rigolent sous cape ! Au risque de me répéter je confirme et signe de ma plus belle plume. I’m a poor lonesome cowboy ! Lucky Luke à côté de moi c’est un winner ! Ces deux chansons je les connaissais par coeur, je fermais les yeux et je laissais mon corps mâle exprimer toute sa « mâlitude » au risque de faire peur à ces dames qui déjà ne m’accordaient que chichement leurs faveurs pour aller faire exprimer leur corps avec moi sur les parquets. La plupart du temps, jusqu’à un certain âge, que je ne révélerais pas pour ne pas être crucifié au Golgotha en plein vendredi 14 juillet par les langues scélérates et cruelles, nous dansions entre copains, les morceaux les plus chauds du type  » lagé  lagé mwen » mais quand venaient les premières notes caractéristiques des slows c’était branle-bas de combat, il n’y avait ni frère ni zanmi au quartier-général,, nous étions tous comme des ours affamés en quête de miel d’acacia. Certains, plus voraces que les autres, se rapprochaient insensiblement de l’objet de leur désir et tout en faisant semblant de gesticuler avec les hommes jetaient des coups de zyé (non ce n’étaient pas es coups d’oeil, c’étaient des koudzyé menm) appuyés à la gente féminine. ah mais c’était tellement bon quand ils se ramassaient une veste !  Mi bok ! D’autres, plus fanfarons, traversaient toute la salle pour rejoindre l’élue de leur désir, ils tenaient la main et elle restait pendante dans l’air. Ces bok la faisaient tellement mal. Messieurs, prendre un bok en cachette, considéré à la dérobée, c’était acceptable, mais un bok en grande lumière, au vu de la population, awa. Ca vous décalait le bonhomme ! il ne fallait pas non plus inviter et ramasser trois bok de suite pour la même danse.

Le pire c’est quand une demoiselle vous refusait une danse et qu’on la voyait danser la seconde d’après avec un cavalier sorti du diable vauvert. Pire encore si ce cavalier vauvertien était l’un de vos amis ! Alors tout à coup on ne voyait que défauts chez la gamine qui s’était transformée en une infâme gourgandine, une Cendrillon femelle crabe après les douze coups de minuit à vos yeux .

Pourtant on était tous sapés, enfin certains mieux que d’autres ! Moi par exemple je n’ai jamais porté pantalon taille haute, pantalon Beautex, ni  chaussures Weston ! Je n’ai sacrifié à la mode qu’une fois : pour acheter les chemises vichy à carreaux roses  à manches courtes de chez Tati ! Ma seule concession moi qui ne fumais pas: j’avais toujours un paquet de cigarettes Benson & Hedges bien visible, dépassant négligemment de la pochette de mon veston.

pantalon-taille-haute_el-bobo

Un jour j’ai eu une épiphanie. j’ai compris le secret du séducteur ! le séducteur ne doit pas être ochan ! il doit faire comme s’il était juste venu boire un verre et discuter avec les amis. Il doit être aristocrate ! De la hauteur, de la hauteur, please ! Comme il sied à tout grand seigneur, spécialiste de la chasse à courre. Il laisse les lévriers soulever les herbes mais c’est lui qui va déguster en final de compte la cuisse de grive, flambée au rhum. Il doit rester près du bar et attendre que les grives passent à distance de chasse rapprochée et là faire fonctionner son corps, le laisser parler, il faut que les corps communiquent avant que les langues ne se mélangent ! Il faut laisser la chimie se faire ! Combien de fois ai-je vu des couples se former et se défaire à proximité de la buvette . Sur la piste de danse en fait on conclut l’acte, alors que moi, romantique je croyais que la danse était le prélude de tout. J’aimais danser pour danser. Je le jure, monsieur le juge !  Et pour cette raison je rentrais toujours la queue basse au bercail ! Puant le fauve mais heureux d’avoir bien dansé et sué, heureux, mais la queue basse. Wolen était le spécialiste de la queue en l’air, woye ! Quand il retournait à sa place après avoir dansé son pantalon était déformé ! Moi j’aimais trop parler ! Au lieu de me concentrer sur la chose j’avais l’outrecuidance de vouloir connaître en 3 minutes ma partenaire pour qu’elle ne me quitte pas, en plein mitan de slow comme cela m’est arrivé plus d’une fois. « Arété palé ! « me disaient-elles parfois. « Ou té vlé dansé ou byen ou té vlé palé ! » C’étaient les bok les plus terribles ! Encore aujourd’hui je ressens les blessures, les calottes sauvages qui me furent administrées ! On faisait alors semblant d’aller aux toilettes, comme pris d’un soudain malaise pour réapparaître comme si de rien n’était deux minutes plus tard. il n’y avait pas de portable à l’époque, alors on sortait une cigarette, histoire de montrer aux copains qu’on était en pleine possession de ses moyens et qu’on n’était pas plongé dans la détresse ! Mais quand d’aventure la Providence vous accordait une danse et que la ballerine fermait les yeux, je crois bien que je les fermais aussi ! Devant l’alchimie des corps le langage s’efface !

Bref, il ya amnistie, le temps a passé ! Je croyais aux Iphigénie de  Tauride, j’étais romantique, j’écrivais des poèmes. et quand je ne dansais pas un slow j’avais le temps de me ronger les ongles et de méditer sur la morale amoureuse contenue dans Tout l’espoir que j’avais et Oh je t’en prie reviens

« Tout l’espoir que j’avais, je commence à le perdre, il y a bientôt  10 ans que j’attends ta promesse, puisque tu m’as promis et j’ai gardé confiance, comme tu le sais toi-même la patience a ses limites (bis)

Quand moi je te parle, toi tu me réponds par un sourire et dans ta réponse tu me dis bien « garde patience », écoute-moi bien moi je te le jure oh mon amour je n’en peux plus j’ai perdu tout mon espoir

Tout l’espoir que j’avais, je commence à le perdre, il y a bientôt  10 ans que j’attends ta promesse, puisque tu m’as promis et j’ai gardé confiance, comme tu le sais toi-même la patience a ses limites (bis)

Quand moi je te parle, toi tu me réponds par un sourire et dans ta réponse tu me dis bien « garde patience », écoute-moi bien, moi je te le jure oh mon amour, je n’en peux plus, j’ai perdu tout mon espoir, je n’en peux plus, j’ai perdu tout mon espoir, je n’en peux plus, j’ai perdu tout mon espoir »

 

« J’ai gardé de toi des souvenirs blessés, mon coeur ne peut souffrir si tu ne veux plus revenir, mais j’atttends toujours la nuit, le jour ton retour, tu es si loin oh je t’en prie reviens

Un amour que tu osas laisser trop court, pour un autre doux baiser je veux pourtant recommencer, mais j’attends toujours la nuit, le jour, ton retour tu es si loin oh je t’en prie reviens

Si un jour il t’arrive de penser à nous oh combien tous les deux heureux nous étions si joyeux mais j’attends toujours la nuit, le jour ton retour tu es si loin oh je t’en prie reviens

je voudrais revivre une fois de plus les grands moments de bonheur vécus parfois entre nous deux et j’attends toujours la nuit, le jour ton retour, tu es si loin oh je t’en prie reviens »

Mais ensuite, à tort ou à raison, je me suis réfugié  dans le vagabondage international et j’ai chanté mon nouvel idéal   womantik avec Daniel Forestal  « an ka santi an ka houmba’ ou « lagé lagé mwen »

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