Janique Aimée, les Saintes Chéries, le boeuf miroton et les draps de pissat

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Il suffit que j’écoute l’indicatif ou le générique (comme on disait avant, maintenant on irait la B.O.) de Janique Aimée et des Saintes Chéries pour me replonger dans un monde que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Les feuilletons télévisés de l’ORTF. Moi j’arrivais de ma brousse et de ma savane et j’étais plongé dans des histoires complètement absurdes mais palpitantes. Je ne sais plus qui était qui. Je me souviens seulement qu’ il y avait Daniel Ceccaldi Daniel Gélin et Micheline Presle dans les Saintes Chéries. (Mais non Jean-Marie, les Saintes chéries c’est plus tard entre 1965 et 1970, tu avais déjà plus de 12 ans) Quant à Janique Aimée j’ai complètement zappé le nom de l’actrice (Janine Vila, merci Google) qui jouait le rôle de Janique. Je lis après avoir fait des recherches que la série a été diffusée pour la première fois du 4 février 1963 au 12 avril 1963. J’y étais ! I was there, tous les soirs à 19H40., 52 soirs pendant 13 minutes, on y avait droit en noir et blanc! J’avais 10 ans ! Mais je ne me souviens que du générique !

On parle souvent de mémoire à long terme qui ne bouge pas et c’est vrai que je me souviens du nom de Ceccaldi  raté, lui c’est Gélin) et de Presle et pourquoi donc ai-je zappé Janique. Peut-être parce que Janique était devenue l’actrice et que son prénom et celui de Janique ne faisaient qu’un. Alors que Daniel Ceccaldi  (mais non, Gélin) et Micheline Presle formaient un couple bourgeois  (euh, français moyen, me dit-on) si je me souviens bien avec des enfants qui devaient avoir mon âge à qui il arrivait toutes sortes d’aventures. Le nom de la famille n’était sans doute pas important. Par contre pourquoi avoir appelé le feuilleton les Saintes chéries (je ne sais pourquoi mais tout à coup j’ai un flash : Nicole de Buron). Si je me souviens de cette Nicole de Buron (yes, quelle mémoire, mon cher ! Alzheimer ne m’aura pas !). Peut-être la réalisatrice ou l’auteure du livre (mais oui; j’ai tout juste !) sur lequel était basée ces Saintes Chéries. Je pense aussi tout à coup à Henri Tissot mais là je ne garantis plus rien ! je dois me tromper de feuilleton.

Pourtant Saintes chéries ou pas ces aventures se passaient à Saintes en Charente Maritime ? Car je suis sûr que ça ne se passait pas aux Saintes, en Guadeloupe. Ni à Terre-de-Haut ni à Terre-de-Bas! L’aventure se passait loin à plus de 10000 km de la baie des Saintes ! Alors d’où vient ce nom : les Saintes Chéries ? J’essaie de faire une régression vers mes 10 ans.

« bon sang mais c’est bien sûr » comme aurait dit l’inspecteur ou le commissaire Bourrel joué par Raymond Souplex  dans les 5 dernières minutes : je faisais pipi au lit. Quelle honte ! Mon frère cadet et moi nous dormions dans le même lit et tous les matins on se réveillait trempés jusqu’aux os. Je n’ai jamais su qui était le premier à mouiller le lit mais le matin en tout cas nos pyjamas étaient trempés ! ca puait la pisse ! en hiver on ne pouvait pas grand-chose. Au départ ma mère essayait d’être compréhensible, relativisait, lavait à la machine puis elle a abandonné ! « a lajaw ou ka pisé an kabannn anko ! man pa sav ola zot pran sa mé apa an koté mwen », disait mon père, d’un air dégoûté ! Eh oui à 10 ans je faisais pipi au lit. J’avais pourtant une énorme alèse en plastique blanc qui séparait le drap du matelas, maman nous réveillait avant qu’elle aille se coucher puis chaque fois qu’elle se réveillait pour nous obliger à pisser mais ça n’y faisait rien car on trouvait toujours un créneau pour mouiller la cabane. Et quand par miracle l’un ne pissait pas l’autre se chargeait de répéter le rituel de sorte qu’immanquablement on était tous les deux sauf exceptions trempés jusqu’aux os ! et nous on passait vite tout ça sous un robinet d’eau chaude pour faire partir l’odeur du pissat et on mettait ça à sécher sur le radiateur pour pouvoir récupérer tout cela tout propret le soir. Et le soir on se replongeait dans les draps de pissat. c’était notre punition. J’ai arrêté de pisser au lit en colonie de vacances. Ne me demandez pas à quel âge ! Secret d’Etat !

Mais tout à coup je me souviens que je ne faisais pas pipi au lit aux Antilles. Ou bien si je pissais au lit ça ne prêtait pas à conséquences comme en banlieue parisienne ! Là-bas si je faisais pipi il aurait suffi d’étendre mon linge sur une ligne et cela aurait suffi. La chambre il aurait suffi de l’aérer mais en banlieue parisienne avec le froid, comment faire ! Je pissais au lit à cause du froid. C’était mon excuse ! Quand on allait chez le docteur et que ce dernier évoquait des problèmes psychologiques ma mère niait en bloc ! d’ailleurs à quoi cela aurait il servi de dire que je voulais retourner au pays quand tous autour de moi me disaient ma chance de vivre à deux pas de la ville lumière !

Heureusement il y avait la télévision. Nous avions notre télé noir et blanc : une télé Radiola et c’est là que je découvrais le monde : Nounours, Le Marchand de Sable, Nicolas et Pimprenelle,   Bonne nuit les Petits qui marquaient l’heure ultime pour aller se coucher, Rin-tin-tin et le Caporal Rusty, Zorro et tous les dessins animés Mickey, Popeye et consorts le mercredi ou le week-end. J’étais persuadé que si je pissais c’était à cause du marchand de sable et de son foutu pipeau !  Sa mélodie était si belle qu’elle faisait s’envoler à tire d’aile mon zizi qui perdait chaque soir irrémédiablement son chemin  et qui de rage se vengeait sur moi. J’était innocent, le coupable c’était le pipeau du marchand de sable. Alors comme à cette époque-la encore je disais ma prière avant d’aller me coucher je priais aussi Gros-Nounours pour qu’il m’aide à franchir la nuit sans encombres !

Les feuilletons étaient à une heure de grande écoute, vers 19 h 40, juste avant le journal télévisé du soir, je suppose. Dès que retentissait le générique du feuilleton c’était branle-bas de combat. J’avais déjà eu le temps de lire les bd du journal l’Aurore que mon père ramenait tous les jours du boulot ! C’étaient des bd américaines traduites en français. J’aimais tout particulièrement Dennis la Menace, Blondie, La famille Illico, Rip Kirby, Modesty Blaise. Blondie et la famille Illico étaient mes favoris.

illico

J’allais au lit bien fatigué par toutes ces aventures livresques et télévisuelles et j’imaginais le jour où je deviendrais, comme Nicolas et Pimprenelle, un gentil petit enfant sage, mignon tout plein qui ne ferait pas pipi au lit et qui adorerait manger du boeuf miroton, un petit enfant qui ne rêverait pas de boudin, accras, dombrés pois rouges et lambi et jus de canne, un petit garçon dont le papa serait Monsieur Illico et la maman Madame Maggie  Illico et où au lieu de mon frère Toto, ce grand incontinent devant l’Eternel, j’aurais un frère tout à fait continent qui ne ferait pas pipi au lit et qui s’appellerait Dennis la Menace ! (ou Max la Menace !) . Mais j’y pense jusqu’à aujourd’hui je n’ai toujours pas goûté une seule fois de ma vie au boeuf miroton , ce Graal de la gastronomie française d’autrefois!

 

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