going back to your sang-mêlé roots : Trinidad, Martinique, India, Africa, France

J’ai été très ému par la quête de Liz Bonnin née en France d’une mère née à Trinidad et d’un père né en Martinique. On voit sa progression dans sa recherche de sens. D’abord à Trinidad où elle va retrouver ses ancêtres tamouls, puis à la Martinique où elle se retrouvera face à son ascendance Gros-Désormeaux. A partir de sa grand-mère Julie Bonnin, née Gros-Désormeaux, fille de Gros-Désormeaux Jean Baptiste François Achille et de Savane  Félicité Evariste Charlotte (mariés le 29 aout 1907 acte 17) . Achille Gros-Désormeaux est le fils de Louis Marie Gros-Désormeaux. Quand il naît le 5 octobre 1883 il est dit fils de Louis Marie Gros- Désormeaux dit Adolphe, propriétaire, âgé de 79 ans. Adolphe, né en 1828 meurt à 83 ans, en 1911 (acte de décès 342). il est dit sur l’acte de décès, fils de François Alexandre Gros-Désormeaux (fils)  (1795-1883) décédé en 1883 et de son épouse Marie Joseph dite Césinette, mariés au Vauclin le 28 juin 1835 . On va de découverte en découverte ! Liz Monnin va de choc en choc ! Elle se rend compte que les Désormeaux étaient des propriétaires de plantation, lit sur un inventaire  daté de 1838 que ses ancêtres possédaient bel et bien des esclaves. Puis c’est le moment de la première révélation. 6 enfants du couple Marie Joseph et François Alexandre (dit Montout) Gros-Désormeaux fils sont des anciens esclaves émancipés en même temps que leur mère par arrêté du roi du gouverneur en date du 20 mai 1831. L’acte d’affranchissement date du 25 juin 1831. Il s’agit de Marie Françoise, François, Louis, Marie Rose, Marie Reine, Louis Marie né en 1828. Dans l’acte de mariage de 1835 entre François Alexandre (dit Montout ) Gros-Désormeaux fils et Marie Joseph (dite Césinette), les parents sont précisés . Il s’agit de François Alexandre Gros-Désormeaux père (1736-1832) né en 1736 à Rivière-Pilote, Martinique et la négresse libre Pauline Zoé, 29 ans plus jeune que lui (1765-1855) dont deux enfants François Alexandre (dit Montout) né en 1795 et Marc Antoine (dit Gustave) né en 182 seront émancipés le 26 février 1804. Gros-Désormeaux aura d’autres enfants non esclaves avec  Pauline Zoé, à laquelle il lègue en septembre 1831 par testament  tous ses biens. A la mort du père de ses enfants en 1832 Pauline Zoé deviendra propriétaire d’esclaves et sera dédommagée en 1848 en espèces sonnantes et trébuchantes comme tous les propriétaires d’esclaves alors qu’elle même et ses enfants ont été eux mêmes esclaves. That’s mad ! I’m flagerbasted ! Les réactions de Liz sont étonnantes ! Je crois bien qu’elle suspectait que ses ancêtres étaient esclavagistes, elle l’avait un peu pressenti, blanc en Martinique à cette époque là ça voulait dire esclavagiste, elle voulait juste savoir s’ils avaient été de bons esclavagistes ou de mauvais esclavagistes. Elle n’envisageait probablement  aucun lien de sang avec l’Afrique, elle n’envisageait pas que ses propres ancêtres aient pu être descendants d’esclaves. Cela ne l’effleurait pas du tout puisqu’elle se disait au départ descendante de Portugais et de Tamoul et de Français de la Martinique ! elle a vécu jusqu’à l’âge de 10 ans en France puis elle est partie en Irlande avec sa mère. Elle est UK  mais aussi FR, TT, MQ, IN. Elle a passé de nombreuses vacances en Martinique, y est allée jusqu’à la mort de sa grand-mère Julie Bonnin, dont elle retrouve une soeur qui est sa marraine, elle revisite la maison de sa grand-mère. Mais semble avoir perdu le contact avec Trinidad. J’ai trouvé intéressant sa réaction au fait que ses ancêtres tamouls du Nord de l’Inde avaient perdu toute connection selon elle avec leur foi indienne et qu’ils étaient rentrés corps et âme dans le presbytérianisme qui étaient la seule voie possible pour leur élévation sociale à travers l’école et la religion. Un de ses parents de patronyme Sirju devient en l’espace de 14 ans à Trinidad (il y est arrivé à l’âge e 4 ans) instituteur ! Puis chef ‘entreprise, commerçant. Le coup de grâce vient quand on apprend que le frère de François Joseph junior (né en 1795) Marc Antoine est lui aussi émancipé le 26 février 1804, ce qui implique François Alexandre (dit Montout) Gros-Désormeaux était lui même un sang-mêlé ! Pour conclure  au stade où nous en sommes de sa recherche Liz Bonnin est quintuplement mêlée, France, Martinique, Inde, Afrique, Trinidad. et on n’a pas encore exploré les branches Savane, Bonnin. J’ai trouvé intéressant cette quête et en même temps j’ai trouvé qu’alors elle avait cherché à savoir d’où venaient ses ancêtre tamouls allant jusqu’au bateau par lequel étaient arrivés son arrière-arrière grand-père, sa mère, son père et ses frères avec leurs noms tamouls, elle n’a pas cherché à en savoir plus sur ses ancêtres africains. D’où venaient Marie Joseph et Pauline Zoé ? Par quel bateau sont -elles arrivées ? I sur would like to know that as well ! On sait que les parents de François Alexandre Gros-Désormeaux père venaient de Marseille (Joseph Gros (1696-1762 et Charlotte Gabrielle Angélique Marion (1700) et qu’ils se marièrent à Rivière-Pilote le 22 septembre 1929. que c’est seulement à l’âge de 95 ans, en 1831, à l’article donc de la mort, qu’il se marie avec sa femme et ex-esclave et si on le désire on peut via genéanet et d’autres sites généalogiques remonter jusqu’au temps où le diable était tigason ! il n’en est pas de même pour les racines tamoules et africaines ! Mais impossible n’est pas français, impossible n’est pas sang-mêlé non plus ! Consultez actes notariaux, inventaires, testaments, actes de naissance, de reconnaissance, de décès, actes de notoriétés, jugements rendus par la cour, arrêtés du gouverneur, actes d’affranchissement, registres d’esclaves, contrats de mariage,, listes de bateaux, actes de baptêmes, un jour viendra la lumière. vous aurez souvent des chocs, probablement, eh oui voir ses ancêtres traités comme es commodities, ce n’est pas franchement gai et supportable mais c’est ainsi, acceptez, avancez, comprenez et ne jetez la première ou la seconde pierre sur quiconque, noir blanc rouge jaune vert orange ou kako, ils ont fait ce que les  circonstances du moment, de l’époque qu’ils ne maîtrisaient pas tous ont exigé. Parfois certes avec leur collaboration franche et compromettante mais parfois aussi contre leur gré. Moi je persiste à croire qu’entre maîtres et esclaves il y eut aussi de l’amour, pas seulement du désir ! et nous sommes tous à un titre ou l’autre fruits de ces empoignades et e ses fulgurances, des sangs-mêlés ! A  nous de démêler un à un au peigne fin e notre mémoire tous les fils et à les retisser e façon à ce que sang fasse sens !

Formidable émission que cette émission de la BBC ! Si je peux je lirai le livre d’Emile Désormeaux (1941-2017) qui raconte cette épopée  :   Sang-Mêlé : les miens dans l’humaine condition, 2003 aux Editions Désormeaux

Il me restera en mémoire ce que disent à Liz Monnin des descendants sexagénaires goguenards de Désormeaux quand elle visite une des plantations qui leur appartenait : ici nous sommes tous des Désormeaux, certains portent Désormeaux, d’autres non mais nous sommes tous dans cette terre des Désormeaux ! Ce Désormeaux c’était un sacré coq ! un sacré coq game ! il régnait sur sa basse-cour et il a peuplé ! Ce fut sa geste ! Un grand coqueur devant l’Eternel, qui était encore vert à 95 ans ! Ah ces sang-mêlés, incorrigibles !

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