Je suis à court de vies. Pourrais-tu m’en envoyer une ?

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« Je suis à court de vies. Pourrais-tu m’en envoyer une ? » C’est le message que je reçois bien souvent de gens sur Facebook dont je ne sais plus qui ils sont et quand je sais d’où ils sont, qui ils sont  je ne comprends pas qu’ils m’invitent à jouer puisque je l’ai dit et redit mille fois ! Je ne joue pas ! an pa ka fè jé ! c’est clair non ! En quelle langue faut-il que je le clame à la ronde ! Et pourtant il ne se passe pas un jour sans que les joueurs me sollicitent. Croyez-vous qu’ils me solliciteraient pour jouer au tarot à 5 centimes le point, à la belote coinchée, au mistigri, au poker, que nenni ! Croyez-vous qu’ils me proposeraient une partie de ping pong en me donnant  comme Mondésir en son temps 20 points d’avance, non ! Croyez-vous qu’ils vont m’inviter à jouer au Brésil au burro, non ! On ne m’invite ni aux échecs, ni aux dominos, ni aux dames, ni au backgammon, ni aux grenndé ! Et pourtant je sais jouer à tous ces jeux là ! Pas même une petite bataille ou un jeu des sept familles ! J’aurais bien accepté un petit Monopoly pourtant !

Mais non ils sont à court de vies et me demandent de leur en envoyer une !Ce qu’ils ne précisent pas c’est si je dois leur donner ou prêter cette vie. Car à supposer que j’aie un pied de vies disponible pour satisfaire leur demande, il semblerait juste que je leur demande une petite participation symbolique et écologique pour que mon geste ne soit pas comme un encouragement  à la débauche !

J’ai bien en effet non pas un mais deux pieds de vies à ma disposition mais je les garde bien au chaud: le premier vit  discrètement bouclé aux yeux du fisc à quatre épingles  dans un coffre-fort ultra-sécurisé à la First Chase Manhattan Life Bank de Wolfok City ! Ce n’est pas pour faire une vulgaire distribution de vies comme on faisait la distributions de livres ou de bons points. Je garde ce pied-là comme des pommes pour la soif , des cartouches pour mes vieux jours pour continuer ma chasse ! Je thésaurise ! Je l’ai autrefois cultivé au bon engrais naturel, je l’ai cajolé, je lui ai parlé, je l’ai arrosé de bonne eau de source d’eau pure, et une fois par semaine je lui ai donné sa petite dose de rhum ambré, vieilli comme il se doit en baril de chêne centenaire, je lui ai fait prendre l’air et le soleil une petite heure été comme hiver. La nuit, surtout les nuits de pleine lune,  à l’heure où mon pied se reposait d’une journée de lente croissance à la corbeille de Wall Street, London, Frankfurt et Singapour,  je lui laissais les rideaux ouverts afin qu’il puisse contempler la lune et depuis que nous avons décidé par accord mutuel de le mettre au chenil nous maintenons le contact par vidéo conférence car à quoi cela pourrait-il servir d’avoir un pied de vies de rechange, toutes vertes, lustrées, parfumées et entretenues comme du gazon de Hyde Park, si c’était pour les abandonner à l’anonymat lugubre des chenils bondés de la  FCMLBWC .

Mon deuxième pied de vies c’est celui que j’utilise au tout venant ! Il est planté au fond de moi comme un sapin de Noël planté sur une plage déserte dont  les boules seraient des noix de coco vertes pleine d’eau et de pulpe de coco. celui-là pour qu’il se regénère jour après jour il faut que je lui donne du bon foin et le bon foin pour lui c’est l’action, le mouvement, la gymnastique mentale et physique

Envoyer une vie, envoyer un rein, un oeil, un coeur à quelqu’un , un sourire, oh la belle gageure !Mais ce matin j’ai eu envie de donner un peu de jeu à mon arbre. Pourquoi pas après tout ! Pourquoi tant de haine ! Ce n’est qu’un jeu après tout et moi je ne suis pas à court de vies donc au diable l’avarice, soyons généreux et j’entrepris de télécharger donc le jeu Candy Crush Saga.

Je ne suis pas trop bonbon, je n’aime pas les candy. Des Smarties, parfois, des Malabar autrefois, non je n’ai jamais été bonbons ! Je cliquai sur gameroom.exe pour installer la bête sur mon ordinateur. Tout ce que je savais à cet instant T c’est que je risquais de perdre ma propre vie puisque ceux qui y participaient me demandaient de leur en envoyer une. Mais en même temps après mûre réflexion j’en parvins à cette conclusion : s’ils me demandaient c’est qu’ils pouvaient encore écrire, donc ils n’étaient pas encore tout à fait morts, ils avaient encore quelques souffles de vie, peut être les derniers mais encore quelques bribes d’existence leur étaient encore . J’arrivais tel un berger allemand en haute montagne en Sauveur avec mon pied de vies prêt à soulager , apporter un peu d’oxygène  et de rhum chaud parfumé de cannelle et de clou de girofles à ces rescapés des jeux ! Pendant que le jeu chargeait je vis sur la plate-forme King, toute orange vêtue, toute la panoplie de plus de 100 jeux disponibles : Bubble Witch 3 saga, Alpha Betty saga, Farm Heroes saga, Blossom Blast saga, Scrubby Dubby saga, Diamond Digger saga, Pet Rescue saga, Pappa Pear saga, Pepper Panic saga. Il allait sans dire que j’allais faire partie d’une étrange saga en ce jour de grâce 25 de juillet 2017.

Sur la page des jeux  King, Pet Rescue saga me proposait ceci :  « Jouez à Pet Rescue Saga et sauvez les animaux des griffes des méchants voleurs en assortissant et en retirant des blocs dans le plus adorables des jeux en ligne ! Jouez en solo ou entre amis pour voir qui atteindra le meilleur score ! Amusez-vous bien ! »

Mais je n’étais pas venu pour sauver un pet en ligne mais pour offrir une vie à une amie en deshérance ! Je tins bon ! ce serait Candy Crush saga, point final, bâton e maréchal !

Je tremblais et recommandais mon âme sinon à Dieu  du moins à saint Facebook qui m’avait entraîné à mon cor défendant dans cette galère. Mon nom s’afficha enfin en lettres blanches: Cyclone. Je cliquai sur l’interface et je fus transporté à l’entrée de la forteresse au son des trompettes et hautbois. Il était 8h15 minutes au méridien de Greenwich !  Il y avait 5 joueurs parmi les amis de mon Face qui m’y attendaient mais pas l’âme perdue qui m’avait réclamé une vie au plus vite.

Que faire ! Je n’eus pas le temps de tergiverser puisque mon ordi bugga ! Au grand dam de mes vies, je décidai de ne pas poursuivre l’aventure ! La vie est un étrange dilemne : parfois il faut la nourrir de guimauve, parfois de jeux, parfois de vide, parfois de brioche. Panem et circences, disait déjà Juvenal dans ses Satires ! Nous vivons tous, plèbe du Tout-Monde que nous sommes un double désir passionné : Panem et circenses. Un cirque de pain, un pain de jeux, du pain et des jeux, le pain et les jeux du cirque, bref chacun fait sa traduction à sa sauce de la phrase-locution latine que proféra Juvénal ! A chacun son pain, à chacun son cirque tant que chaque vie y trouve son compte !

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