schat, staat de Bokma al koud ?

Parmi les langues que j’ai dominées dans ma vie, il y avait autrefois le neerlandais. il fut un temps où je comprenais tout en hollandais, tout, tout, tout, alles ! Van A tot Z ! ce n’est pas très commun pour un Guadeloupéen de parler le hollandais ? Détrompez-vous. allez à Saint-Martin, je suis sûr que une bonne partie des habitants de Saint-Martin sait communiquer en batave. Saint-Martin fait frontière avec Sint-Maarten donc rien d’étrange à ce que je parle hollandais. Mais tout de même autrefois quand je mettais sur mon curriculum vitae les six langues que je parlais français, anglais, espagnol, portugais, créole et néerlandais des yeux se levaient effarés vers moi. On voulait savoir le pourquoi te le comment, les raisons du quand et du où et du combien qui faisaient que je parlais néerlandais et il fallait encore et encore expliquer. Oui j’ai vécu au moins un an si ce n’est pas plus en Hollande à Amsterdam. Bijna een jaar, denk ik ! Dans le quartier Frederik Hendriks plantsoen ! J’ai été marié à une néerlandaise métisse de surinamien, indonésienne, suisse née à    Djakarta en Indonésie, dans l’île de Java. Nous avons eu, cette Javanaise et moi, une fille  Erica (dont le prénom est tiré d’Erica Jong)qui est métisse de guadadéen, surinamien, indonésienne, suisse de nationalité française et hollandaise. Jusqu’en 1986 quand je vivais en Europe j’ai conservé mes attaches avec la langue. Je lisais sans problème les journaux, de Volkskrant, de Telegraaf, je pouvais regarder la télé, écouter Hilversum 3, regarder jouer Feyenoord (qui était l’équipe préférée de mon ex beau-père, Alfred, le pharmacien, die apotheker), je savais me débrouiller en hollandais et en cas de panne linguistique je pouvais toujours avoir recours à l’anglais pour combler un vide. Encore aujourd’hui bien que je ne pratique plus la langue il y a des centaines de mots ancrés dans ma mémoire. Il suffit que je déroule le tapis pour qu’ils viennent virevolter autour de moi, les mots, les expressions planent là, certes assoupies, mais bien vivantes. Tenez, comme ça, une petite démonstration. een beetje, alst u blieft, ik her daar gewoond, veel plezier, sterk, waarom, wie heet je ? wil je mee ? ik kom klaar ! jawel ! Got verdomme !  mijnheeer, mevrouw, vrouwen en heren ! vlug ! dank u wel, leger des hiels, ik zou graag een pond volkoren brood hebben, mag ik hier zitten, weet je wel, gisteren, vandaag, ik heb mijn fiets verloren, doe de bril op ! schat, staat de Bokma al koud ! een ogenblik, misschien, ik heb geen pataat, wat tijd is er ? hoe gaat het ? alles goed ?  kut ! heeft u sinasappelsap ? te gek ! Melkweg !Leuk :Lekker ! Wil je iets eten ? Wil je iets drinken ? even kijken ! een, twee, drie, vier, vijf, six, zeven, acht, negen, tien, nul, swarte, witte, groen, huis ! ga weg ! kom binnen ! uit ! santé ! gezondheit ! kerk !apoteek ! ik hou van jouw !  wat bedoel je ? ik heb aar geweest twee jaren geleden, goud ik heb gedroomt dat ik was bij de strand in Scheveningen garnelen te eten ! mooie  ! waar woont je ? bij de bos !Een Fanta ! blik , fles ? !Ik wil frikandel met pindasaus eten !

J’ai appris en Hollande à aimer le jus de pommes applesap et la bière, pielsje !Les frikandel mais surtout j’y ai découvert la sauce saté (la pâte d’arachide – pindakaas -avec de nombreux autres ingrédients, satésaus le bami goreng des pâtes), le nasi goreng (du riz), le sambal oelek (le piment à la mode indonésienne) , le kroepoek, (des chips aux saveurs de crevettes) la cuisine indonésienne et la cuisine surinamienne, la sauce soja sucrée de la marque Conimex ! J’utilise encore jusqu’à aujourd’hui des équivalents de cette sauce sucrée et le satésaus.

Je n’ai découvert de la cuisine hollandaise que le fromage geleden, le petit déjeuner, boire du lait frais froid, prendre des sandwiches au fromage le matin avec des tranches de pain volkoren

J’ai même bu de l’avokaat mais surtout j’aimais jonge genever. un alcool à base de genièvre. Je ne me souviens plus des marques !  Bos peut-être ! !

Mais la Hollande restera gravée à jamais en moi pour beaucoup d’autres choses mais aussi pour sa bière. Heineken !    Je sais qu’il ya aussi Grolsch mais je ne buvais qu’Heineken ! Mon dernier long séjour en Hollande date de 1977, il y a 40 ans , wow !  j’y suis retourné souvent jusqu’en 1986. Puis après une période au brésil j’ai dû y retourner vers 2005

en 1986 il y avait cette pub de Bokma qui disait « Schat, staat de bokma al koud ? » que j’aimais beaucoup et que je ressors chaque fois que je rencontre à travers le monde un hollandais. Cela signifie « chérie la Bokma est bien fraîche ? »

Jenever_bokma_jonge_graanjenever

Je me rends compte tout à coup que je n’ai jamis bu de Bokma ! je pensais que c’était de la bière. Mais je viens de regarder attentivement la pub et je me pose la question ; c’est quoi la Bokma ! On irait du gin ou de la téquila ! et moi qui  pensais que c’était de la bière et qui écrivais tout le temps du Brésil à ma fille pour terminer mes lettres : schat, Staat de bokma nog koud ?

c’est de la genièvre ! L’alcool hollandais par excellence à base de grains (l’orge, le seigle, le blé, l’avoine) et es baies de genevièvre. Il y a Jonge Jenever et Oude Jenever. Du jeune et du vieux ! Moi je ne crois pas me souvenir avoir jamais bu de vieux. Mais je peux me tromper. Par contre je ne sais pas pourquoi il faut le garder au frais. Si, je me souviens qu’il ya en avait des jonge jenever que j’aimais bien qui étaient déjà mélangés avec une liqueur rouge. à moins que cela n’ait été es cocktails. a moins que ce ne soit un rêve, enfin j’aimais bien.

Mais vous savez ! j’ai eu mon premier job au Brésil  grâce au néerlandais. Incroyable mais vrai. Je me baladais en novembre 1986 à Salvador près de chez moi sur la place Piedade dans le centre historique. J’habitais à deux pas Largo 2 de Julho, tout près du marché de rue qui s’y trouve (je ne sais pas pourquoi, j’ai un faible pour les marchés de rue). Tout à coup je vois une équipe composée de un photographe et deux mannequins (un homme et une femme) hollandais qui faisaient un shooting sur la place. C’est une place très vivante et ils faisaient des photos  près des photographes lambe-lambe.

Ce sont des photographes ambulants qui font des photos à l’ancienne dans de vieilles boites colorées. Très typiques e l’époque. très tropical.

J’avais moi même fait un reportage sur ces photographes de rue. cCr à l’époque j’étais fou de photo. je mitraillais à gauche à droite, j’avais des yeux qui mitraillaient à tout va même sous les pieds. je les entends parler et bien sûr je fais contact. schaat, staat de bokma al houd, leur dis-je en souriant ! ils ont été estomaqués. j’étais la tranquille en short. et en marcel avec mes havaianas ou mes ryder. et ils me disent mais tu parles hollandais. ce n’est pas possible . On cherche un interprète depuis deux jours et on n’a trouvé personne. tu veux travailler avec nous pour quelques jours ? on te paye en dollars (je ne me souviens plus de la somme mais je sais qu’en  cruzados ou cruzeiros de l’époque c’était bien payé pour ne rien faire, et en plus ça me faisait faire du tourisme au frais de la princesse). Je devais passer la journée avec eux et résoudre tous les problèmes liés au portugais.  Bon, je « savais » parler bégayer le portugais du Portugal mais je n’étais ce foudre de guerre que je suis maintenant. Cela ne faisait même pas un mois que j’étais au Brésil. Ils faisaient des photos de mode pour un magazine néerlandais, je crois Vogue. Je figure même sur une photo mais en contre jour dans l’atelier Danneman ! Je leur ai demandé une demi-heure pour aller chez moi me changer. et en moins e vingt minutes j’étais paré. J’ai mis en vitesse mon gilet de pêche fétiche en kaki vert à au moins dix poches que j’avais acheté Au Vieux Campeur, rue des Ecoles dans le cinquième arrondissement de Paris, près de mon ancien boulot dans la maison d’édition Pergamon Press et en route vers de nouvelles aventures ! Nous sommes partis ! Je ne savais presque rien e l’intérieur de Bahia ! Je savais seulement qu’il fallait prendre l’avenida Joana Angelica, le reste ils se sont débrouillés entre eux avec les cartes et nous sommes arrivés à bon port ! L’expédition fut magique à tous égards ! Quand on se perdait je descendais de voiture et je ne sais pas comment j’arrivais à me faire comprendre et à leur indiquer la bonne direction ! on s’est bien amusés. je ne me rappelle ni le nom des mannequins ni le nom du photographe. dommage ! ce qui est sûr c’est que les photos ont été publiées ne 1987 ans le vogue hollandais. Je les ai vues ! Nous sommes allés à Cachoeira dans l’entreprise Dannemann, la fabrique de cigares, la plus ancienne fabrique e cigares du Brésil, nous avons fait des photos sur le parcours de l’ancienne voie de chemin de fer, le long des maisons, sur le pont qui relie São Felix et Cachoeira, dans le couvent des Carmes (Convento do Carmo) transformé en hotel de luxe . Puis le jour suivant nous avons fait des photos à Dias d’Avila près du chateau, près de la mer. Nous avons aussi été à Cruz das Almas et probablement à Santo Amaro mais je ne me souviens pas de ce que nous y avons fait. Quand ils rentrèrent en Hollande je leur confiai un bateau en bois peint à remettre à ma fille Erica en Holland. Il y a plus de 30 ans de cela. Je me demande s’il flotte encore, voire s’il a jamais flotté !

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