Margot qui court avec les loups parfumés de romarin

Je pars pour de longs mois en laissant Margot…..

Margot est de ces femmes tranquilles de pêcheurs qui dévalent les montagnes et courent comme des ruisseaux chargés de paillettes de rêves d’or le long des quais comme aux limites de l’estran. Elles charrient dans leur sillage torrentiel tout l’attirail de la parfaite pêcheuse de rêves : le ciré jaune, le chapeau, les bottes, la canne à pêche, les hameçons et les leurres, les mouches et les soies et les vers de terre, les appâts, l’épuisette, une gibecière de bois qui leur sert de tabouret bien rembourré, et jusqu’au parfum de romarin dont elles aspergent rituellement comme d’autres d’eau bénite  les draps en batiste de coton blanc de leur lit conjugal.

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Leur rêve est d’apprivoiser  par leurs cantiques de sirène le  vol des poissons démersaux qui gigotent comme des tritons dans les entrailles de l’océan pour se rapprocher de la surface à l’heure bénie du frai. Elles sèment alors à tous vents à la voracité de leurs dents vomériennes et palatines une pâtée tendrement assaisonnée faite de restes succulents de bulots et de crabes verts, d’ oursins, de bernard-l’hermites et d’ étoiles de mer tandis que le moulinet inlassablement tourne et virevolte dans le silence de l’azur pélagique. Et elles fredonnent sans fin : Navegar é preciso, mergulhar não é preciso !

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Margot est de ces femmes qui courent avec les loups ! Car en elle le feu d’une louve démersale au sang fluide et sauvage couve et rode, indomptable, au-dessus des fonds. Une louve de mer mobile jamais apprivoisée jamais rassasiée qui rêve d’hippocampes. Lâcher cette louve au coeur des abysses et faire en sorte qu’elle se libère du quai et de l’estran de la forêt vierge de ses instincts ou de ses habitudes et qu’elle se laisse porter par les courants au plus près de la vase et des sédiments est sans aucun doute une expérience dévastatrice mais plus radical encore est s’affranchir de la meute. La meute ! Le banc de loups et son flux et reflux dominant qui fuit les chaluts de fond, les palanques et les filets-pièges qui hantent insatiablement les profondeurs ! Le banc incessant des hurlements des vagues dans le va-et-vient de la nuit qui prennent les formes fantasmagoriques d’éléphants de mer!

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Il y a une expression qui dit « entre chien et loup » pour désigner un moment au crépuscule  où la nuit tombe à petit feu et où nul ne peut faire la différence entre un chien et un loup tant ils se ressemblent dans l’ombre de l’obscur. Margot navigue à sa façon entre le quai du port et l’estran, entre chienne et louve, et bien que toutes deux possèdent quarante-deux dents, l’une hurle à la lune tandis que l’autre hurle au soleil, mais ni l’une ni l’autre ne plonge la tête la première hors de la terre ferme vers les latitudes inconnues de l’horizon.

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Minha jangada vai sair do mar

Minha jangada vai sair pro mar (mon canot va partir en mer)
Vou trabalhar, meu bem querer (j’vais travailler, mon trésor)
Se Deus quiser quando eu voltar do mar (si Dieu le veut quand je reviendrai)
Um peixe bom eu vou trazer (un bon poisson je te rapporterai)

Meus companheiros também vão voltar (mes compagnons vont revenir eux aussi)
E a Deus do céu vamos agradecer ( et nous allons remercier le Dieu du ciel)

Adeus, adeus (adieu adieu)
Pescador não esqueça de mim (pêcheur ne m’oublie pas)
Vou rezar pra ter bom tempo, meu nêgo (je vais prier pour qu’il fasse beau temps, mon chéri)
Pra não ter tempo ruim (pour qu’il ne fasse pas mauvais temps)
Vou fazer sua caminha macia (je vais te faire un lit bien doux)
Perfumada com alecrim (parfumé de romarin)

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2 réflexions sur “Margot qui court avec les loups parfumés de romarin

    • Amor de longe
      Benzinho
      É favor não me querer
      Benzinho
      Dinheiro eu não tenho
      Benzinho
      Mas carinho eu sei fazer até demais
      Fui de viagem
      Passei as Barreiras
      Avisa meus companheiros
      Sou eu Manoel de Isaías
      Na ida levei tristeza
      Na volta trouxe alegria
      Passei pela Quixabeira
      Mané me deu uma carreira
      Que até hoje correia
      Tu não faz como um passarinho
      Que fez um ninho e avoou
      Mas eu fiquei sozinho
      Sem teu carinho
      Sem teu amor
      Alo meu Santo Amaro
      Eu vim lhe conhecer
      Eu vim lhe conhecer
      Sambá Santamarense
      Pra gente aprende
      Pra gente aprende
      Tu não faz como um passarinho
      Que fez um ninho e avoou
      Mas eu fiquei sozinho
      Sem teu carinho
      Sem teu amor

      J'aime

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