Qui remercier?

Je lis ici et là des victoires, des réussites, des étapes remportées et à chaque fois vient la suite interminable des remerciements. D’abord à Dieu et à tous ses saints, prophètes et disciples, à la lune, au soleil et aux vagues de la mer, à Oxum à Iemanja et à Legba. Merci Seigneur pour cette grâce, merci encore à toute la galaxie d’étoiles filantes pour leur soutien sans faille dans l’épreuve, une litanie de mercis que seul un chapelet à mille grains de buis bénis à l’eau bénite ou au rhum pourrait contenir. Je m’étonne cependant qu’on ne remercie jamais ces mêmes entités auxquelles on voue une dévotion aveugle quand on fait face à l’échec, à la solitude, à la déprime, à la démence, à la disgrâce. Je ne lis jamais, c’est étrange, merci, Seigneur, de m’avoir mis à la porte de mon boulot, merci Seigneur pour la perte de cet enfant, merci Seigneur pour toutes ses trahisons que j’ai subies, pour toutes ces disgrâces infiniment cruelles qui m’ont meurtri et dont tu es la cause puisque tu es potentat plénipotent omnipotent. On devrait pouvoir non pas se résigner à l’échec mais le considérer comme le pendant inévitable de la réussite. La défaite et la victoire sont dans le même continuum tout comme l’amour et la haine. Qui aime bien châtie bien, ne dit-on pas. Donc chaque fois que vous tombez, chaque fois que vous chutez, chaque fois que vous chancelez, remerciez aussi ceux qui sont la cause de votre prétendue infortune. C’est dans le cyclone qu’on voit la force du roseau. Et plutôt que de remercier Dieu, remerciez vos proches, ceux qui vous soutiennent au jour le jour tout comme ceux qui vous maltraitent. Fuyez l’indifférence, fuyez la médiocrité comme on fuit un gentil cancrelat, l’excellence n’est ni dans le mal ni dans le bien. L’excellence est dans le mal et dans le bien. Du mal vient le bien et du bien vient le mal. De la même façon que tout corps plongé dans un liquide remonte à la surface, il n’y a lieu de remercier quiconque pas même soi même pour ses joies et ses peines, pour des grâces et des disgrâces obtenues. Remerciez si vous voulez les conjonctures bonnes ou mauvaises, les coïncidences, les atermoiements, les résistances, les hasards, les inconsequences, mais ne remerciez et ne condamnez personne. Ni pour vous avoir mis au monde ni pour vous avoir abandonné dans ce vaste roller-coaster qu’on appelle aéroport. Le monde vous attend les bras ouverts. Sautez sans parachute, fermez les yeux and enjoy whatever happens, good or bad, best and worse 

Une réflexion sur “Qui remercier?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s