coloc chez moi malgré moi

Il y a ici dans mon petit chez moi provisoire un coloc pas ordinaire. Le propriétaire de l’appartement le connait bien puisqu’il lui a installé un petit lit cage afin qu’il puisse y prendre ses aises. Juste à côté du réfrigérateur. Je pensais que le coloc était en voyage car je n’avais vu en trois jours aucune trace de son passage. Mais il faut dire aussi que le weekend mon coloc doit driver à droite et à gauche. Nous sommes lundi matin, trois heures et demi du matin. Je me réveille pour soulager comme on dit en milieu cycliste un besoin naturel. Je me suis endormi en laissant la lumière allumée dans la chambre. Je vais dans la salle de séjour que je dois traverser pour aller aux toilettes. Et j’entends un petit bruit bizarre derrière le frigo. Je ne m’en formalise pas plus que cela car je pense alors que mon colocataire à du se coucher dans le lit de fer spécialement concocté pour lui près du frigo et tout en me soulageant j’allume la lumière du salon pour en savoir un peu plus sur ce coloc trouble fête. Mais la cage est vide. Et tout à coup le voilà qui prend la poudre d’escampette par le toit. Costaud le bougre. Gros comme un chat mais  ce n’est pas un chat. Plus gros en tout cas que la cabane qui lui avait été destinee. La veille, comme j’avais acheté quelques victuailles j’avais range comme il se doit dans le frigo le pain dans le congélo, le beurre, les legumes. Je n’avais laisse dehors que les bananes, l’oignon, l’ail, le riz et un dachine. Devinez ou mon coloc a choisi de planter ses dents. Dans mon dachine. Ah il a bon goût celui là. Gueule fine! Il n’a pas fait grand cas du riz qui était dans un sac en plastique ni du poivre du curcuma et du cumin eux aussi sous plastique. Par contre mon dachine tout beau tout neuf il me l’a entamé de deux coups d’incisives. Un homme averti en vaut deux. Je ne sais pas comment on dit gros rat, rat gros comme un chat,  en shimaore mais je range vite fait bien fait mon dachine dans le frigo et je laisse le reste qui a été négligé sur la table. Puis je me recouche. Il me semble entendre encore des frémissements sans la salle. J’y vais pour voir,  j’allume la lumière. Rien à signaler… les bananes sont toujours là. Intactes. Mon riz n’a pas été violé. Tout baigne. Le lit du colocataire toujours vide. Peut être que je devrais lui mettre des draps propres, un oreiller avec taie d’oreiller assorti. Ou peut être qu’un duvet, un édredon auraient  plus fière allure ! Tout à coup les plombs sautent. Je suis dans le noir. Mon coloc le rat aimerait-il les fils électriques? Ou a- t- il fait cela pour se venger   de moi? Demain il faudra que j’en parle au proprio. Je n’avais pas fait une colocation mais bien une location. Heureusement qu’il ne me reste que 15 jours à cohabiter. Je suis dans le noir complet. Il est 4 heures et quelques. J’ouvre grand les fenêtres. Il fait encore nuit. Vivement que lundi s’installe. Allez les coqs chantez  pour me donner du courage. Vous ne savez pas ce que c’est de se retrouver coloc à son insu d’un dévoreur de dachine et de fils électriques. En attendant ce n’est pas moi qu’il va grignoter comme un fromage dans mon lit. Je vais m’habiller et aller prendre le pouls de la mer. Bye bye rat . Il est 4h25 du mat, je vais encore vérifier car j’ai entendu un bruit suspect autour de la table : le malotru vient de me grignoter un petit morceau de banane. Allez les bananes vertes au frigo. Je laisse encore le riz, les oignons et l’ail et les épices, et la bouteille d’huile Tropical sur la  à table et on verra bien si c’est un gastronome ou un devorant! Mamoudzou dort encore mais moi j’ai les yeux grands ouverts et je n’ai pas sommeil et sans mon portable je serais dans le noir complet. Bon, je préfère ça aux moustiques. Tant qu’il ne vient pas s’attaquer à mes doigts de pied. Tout à coup j’ai une pensée. Si Bena était la ça aurait été un vrai far west! Un chat vient de miauler sur le toit. S’est il emparé de mon visiteur? Inch Allah ! Voilà un migrant dont je ne verrais aucun inconvénient que le Crin saisisse et expulsé manu militari avec femmes enfants et bagages, deuxième épouse et troisième epouse. Je pars en maraude dans la nuit mahoraise. Dans la nuit c’est chant polyphonique corse. Les chanteurs se répondent entre eux de toutes les mosquées de la ville. On pourrait se croire en Corse si c’était chante en Corse. D’ailleurs je me le demande c’est chante en arabe ou en shimaore. Dans les ruelles passent des ombres en sandales, des ombres pieuses puisque toutes se dirigent vers une mosquee. Il est 5h30 je cherche une boulangerie, pas un lieu de priere. Je reviens vers huit heures. Je retablis l’électricité. Et que vois-je ? Le bandit de rat migrant m’a déchiqueté le bouchon jaune de ma bouteille d’huile de palme indonésienne. Par miracle la bouteille est sur la table. Il ne l’a pas renversée. Ah tu veux la guerre, tu l’auras mon coco. Ma bouteille d’huile tu me l’as saccagée, mon taro tu me l’as écorché, ma banana verte tu me l’as grignotee. Tu ne dois pas connaître l’histoire de la souris verte qui trainait dans l’herbe. An pa la mange soup en mwen cho enka mannjey fwouett. Ri tout  ri aw ! Tu vas voir de quel bois le migrant de Wolfok se chauffe, espèce de chat rat sans vergogne. Je t’aurai, je t’aurai !

2 réflexions sur “coloc chez moi malgré moi

  1. À mon avis il faut porter plainte contre la propriétaire, car ella t’a trompé! Tu avais fait une location, pas une colocation! Problablement, il peut y avoir d’autres colocataires qui arriveront d’alleurs aprés le week-end! Ella doit te retourner une partie du loyer; mais il faut savoir exactement combien de locataires il y a pour avoir une partage équitable! Cependant, tout ça, c’est ne pas un souci pour toi! Je suis sûr que tu aimes bien la nature, les animaux,etc.! Le probème le plus grave que je vois, c’est just la partage de ton repas! Ils (les colocataires) ont aucune idée de la peine qu’ils obtiennent dans l’audace de voler le plus grand trésor de votre nouveau ami!!! Ah non! Tout sauf ça! La guerre est declarée!!! Pouvres colocataires!!!

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    • J’ai un autre coloc dont je vais parler plus tard car il est très timide. Mais c’est un gentil, un mignon tout plein, on lui donnerait l’Ostie sans confession. Je l’appelle Alligator. C’est un lézard qui aime les portes et les fenêtres bleues. Un petit zandoli de mon enfance. Autrefois je lui aurais coupe la queue.

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