La saga du thon rouge


  • Je me suis enfin procuré mes deux kilos de thon rouge tout frais à 6 € le kilo au port de M’Tsapéré. J’étais déjà passé samedi dernier pour enquêter sur les prix. Le thon était à 6 € le kilo et les autres poissons à 5€.  Mais comme je venais d’arriver je prenais le temps de la réflexion. Ce sont des revendeurs à la sauvette. Ils sont quatre ou cinq au port. Je ne sais pas s’ils sont pêcheurs. En principe la meilleure heure pour acheter le poisson c’est vers midi – une heure. Tant pis . J’y suis à 10 heures et je prends ce que je trouve. La prochaine fois j’arriverai vers midi. Juste à 100 mètres il y a une poissonnerie officielle et là sept ou huit personnes attendent tranquillement qu’on leur nettoie le poisson. J’imagine par les grosses quantités qu’ils achètent qu’ils ont des prix meilleurs que ceux qui sont presque 80 pour cent supérieur aux prix proposés par les petits revendeurs. Je prends leurs poissons en photos. Et la caissière me dit que c’est interdit. Je lui demande du poisson en darne, elle me dit qu’il n’y en a pas. Elle est vraiment très désagréable. Je vois dans un congélo de grosses tranches de thon . Elle refuse de me le débiter en tranches plus fines. Bon rien à faire. Par contre quand j’arrive devant les pêcheurs c’est la bagarre pour savoir qui va m’avoir pour client. J’avais essayé la semaine dernière une autre poissonnerie localisée après M’Tsapéré au rond-point de Doujani, la poissonnerie Captain Alandor. Elle est tenue par des métropolitains. Des wazungu, comme ils disent ici. Des zorey, quoi. Je suis arrivé à 8 h. Mais ils n’ouvrent qu’à 9 heures. Et ferment à 17h. La semaine dernière je suis passé à 11 heures du mat, elle était fermée, la poissonnerie, je n’y comprends plus rien. Ils étaient en vacances, me dit elle. Sans un sourire. Je lui dis que je voudrais avoir une idée de prix. Ma question l’ennuie visiblement. J’insiste pour savoir le prix du kilo du thon rouge. J’entends 22 kilos. Elle a du voir mes yeux effarés car elle me précise immédiatement qu’il est nettoyé, sans arêtes, et tout le bla bla. Elle me remet un petit bout de papier qui dit arrivage tous les vendredi. Crustacés frais en direct de la métropole. Moi je ne comprends pas pourquoi se procurer des crustacés en provenance du bout du monde alors qu’on habite sur une île, environnement qui par essence est entouré de poissons et fruits de mer. Moi je dis bye bye sole, bye bye saumon bye bye moules welcome caribou espadon, mérou, poulpe, capitaine et thon rouge. Sans oublier les espèces de poissons locales que je goûterai à l’occasion. J’ai vu que l’espadon fumé était produit désormais sur Mayotte. J’ai vu que le poulpe figurait sur de nombreuses cartes. Quid des crabes, crevettes, langoustes, quid des palourdes? Peut être en congelés en provenance de Madagascar? Il va falloir que je me mette en quête de Sodicash et de Jumbo Store Majicavo! Alors je pourrai dire après avoir acheté mes deux kilos de gombo, que je suis enfin installé. Enfin plutôt que mon ventre s’est installé.