Home sweet cloud nine paradise

Enfin je vais atterrir. Après plus de deux semaines je vais atterrir. Ou alunir ou amerrir. Que sais je. Je vais me poser dans la maison jaune. M’Tsapere, je persiste et signe. C’est mon port d’attache. M’Tsapere son port de pêche, sa mosquee, ou plutôt des mosquées, sa rivière, sa mjc. J’ai trouvé par hasard en frappant aux portes. En deux semaines je n’ai frappe qu’à trois portes. La première m’avait amène vers un studio à Cavani, un peu trop loin, un peu trop en altitude,à  au moins 25 minutes de marche. Hier c’était la bonne. Bonjour madame, voilà je viens d’arriver sur le territoire, je suis déjà installé à M’Tsapere à Mandzarisoa mais je dois partir mardi. Je cherche un T2 ou un studio. Madame qui est en train de donner un biberon à un chérubin me pèse me soupese. Je suis professeur de français. Vous avez des enfants? Oui mais ils sont grands, ils sont en métropole. Et votre femme, elle va venir? Peut être en vacances en décembre. Qui vous a dit que j’avais quelque chose à louer? Personne je vous jure. J’ai eu le coup de foudre pour le jaune de votre maison et j’ai décidé de tenter ma chance. Ele me pese me soupese me dépece à travers les grilles. Enfin la grille d’entrée s’entrebaille et j’ai accès au paradis de la rue Zazaveri. Un T2 bien agencé à l’etage, non meuble, avec grande terrasse, air conditionné  et accès privatif. J’exulte. je dis: il est propre. Cela la surprend.  Pour elle il est sale. Il va falloir passer le balai, la serpilliere. Je relativise. Je voulais dire: les murs sont propres. Je veux. 400 euros hors charges. Quand on trouve le paradis on ne compte pas. Lundi soir on signera le bail. Il me faut une photocopie de votre pièce d’identite. En cinq minutes le dossier est bouclé. La propriétaire, Fatima, ne l’avait annonce nulle part et pensait le louer via Airbnb. Je lui dis être un spécialiste de Airbnb et que le problème avec Airbnb c’est qu’il faut installer wifi, télé et eau chaude. Et surtout les contrats sont courts, il faut en permanence nettoyer, ranger pour de nouveaux arrivants, que pour un proprio c’est bien plus intéressant un contrat comme celui que nous allons signer.

Ouf, j’ai du mal à y croire. Je saute presque dans la rue tellement je suis heureux. Je me sens comme dans la chanson Cloud Nine, des Temptations, I’m y a de cela…. un demi siecle…sur un petit nuage au neuvième  ciel. 

Étrange comme il y a  a des chansons qui sortent des cimetières  à pour venir vous hanter alors qu’on croyait dur comme fer les avoir pour de bon enterrees. 

La troisième tentative au culot a été la bonne. Exactement là où je voulais être. Sur un petit nuage au neuvieme paradis de M’Tsapere qui ressemble étrangement au Petit-Paris de Basse-Terre.

You can be what you wanna be

You don’t have no responsibility

On cloud nine

Every man in his mind is free

You’re a million miles from reality

On cloud nine….

You’re as free as a bird in flight

There’s no difference between day and night

It’s a world of love and harmony

You’re a million miles from reality

On cloud nine.

Ne croyez pas que suivant à la lettre les paroles de cloud nine je sois irresponsable complètement déconnecté à des millions de kilomètres de la réalité. Non nullement. Je savoure juste un instant fugace de bonheur, de ravissement. Autour de moi la pauvreté explose, dure et réelle. Je vois des enfants se baigner dans des canaux ou chuinte une eau aux allures douteuses. Dans ces mêmes eaux blanches les lessivieres lavent leur linge. Les égouts sont à ciel ouvert.Les enfants fouillent dans  l’ les poubelles non pas  à pour recuperer de quoi manger mais pour recuperer des mirecaux de  à polystyrène blanc pour se fabriquer des arles et jouer  à aux delinquants. Pour les favelas de première catégorie on peut emprunter des escaliers interminables. La misère ne s’y voit pas mais se devine malgré les antennes paraboliques de Canal Plus. Pour trois Euros et même moins on a un bon sandwich mais ce n’est pas tout le monde qui a trois Euros. Les femmes ont a vingt-cinq ans généralement un ou deux enfants âgés de 10 ans et plus. Dans cet univers de tôles et de planches je n’avais l’habitude de voir que des cochons. Nous sommes à Mayotte, le centre unième département. Nous sommes dans un des quartiers de la capitale. Dans les favelas de deuxième et troisième catégories ce sont parfois des réfrigérateurs éventrés qui font office d’escalier. Mais l’homme et la nature luttent avec courage pour la survie, pour des jours meilleurs. Il n’y a pas de jours fériés, seulement des jours et des nuits qui se succèdent. Mais que la nature est belle ! Et que les hommes et femmes sont dignes. Mahorais, Comoriens, Congolais, Antillais, Maghrébins, Senegalais, Réunionnais, Malgaches et Métropolitains. Un kaléidoscope bigarré d’aventuriers armes de leurs langues, leurs croyances, leurs cultures, leurs danses et surtout leurs rêves de nouvel Eldorado.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s