Un Achoura peu banal

Aujourd’hui, 1er octobre, c’est Achoura, jour de deuil religieux. Ma boulangerie est fermée. Diantre! Mon pain, mon petit café. Mais j’avais anticipé et mis slip de bain, short de plage et marcel dans mon sac à dos. Direction Bouéni, le sud de l’île où je sais qu’une antillaise a un petit commerce au bord de l’eau. Et comme ça je ferai d’une pierre deux coups : visiter un peu Mayotte et « matar a saudade » avec je l’espère un ti-punch d’anthologie. Un ti-punch de derrière les fagots. Et puis mouiller aussi mes pieds dans l’Océan Indien. C’est dimanche. C’est octobre. C’est Achoura. Je renouvellerai aux fonts baptismaux du rhum les promesses de mon baptême. C’est mon rituel de passage ! Mais c’est deuil. Je ne trouve pas de taxi. On dirait qu’ils sont tous en berne pour Bouéni. On me propose Bandrélé, Chigoni comme villes étapes. Non monsieur je veux du direct ou rien. Finalement après avoir discuté avec vingt douze taxis, l’un m’ayant proposé de m’emmener pour 40€ je rebrousse chemin. La prochaine fois j’irai un samedi. Et je partirai de Mamoudzou si j’y vais en taxi. Sinon je peux toujours louer une ti voiture pour le week en me balader. Faut arrêter de faire le radin, quand même JM, t’as plus l’âge ! Ma plage aujourd’hui ce sera un petit bar malgache à Cavani Sud, le Snack Shop où je pourrai tranquillement éponger mon deuil autour d’un ti-punch rituel l’âme guillerette.

Mais le Snack Shop n’a plus de rhum. Tonnerre ! Je suis frit… Dimanche de merde, oui. Je me retrouve à manger un pilau à la brochetterie habituelle du coin à quatre euros . Rien à dire, correct, copieux. Mais je suis obligé de me rabattre sur ma bière malgache HP que je conservais religieusement dans mon frigo pour éponger ma soif en cas d’urgence. Après un petit somme pour oublier me revoilà en chasse en ce jour de deuil. Il est 17 heures. Je viens de décider de m’acheter un litre de rhum. Justement chez Somaco il y a une belle bouteille de rhum Blue Bay mauricien qui me fait de l’oeil. Je vais me laisser tenter !  14,90€ ! Je prends aussi deux petites canettes de bière, une boîte de jus d’orange et un Seven Up saveur mojito. A Somaco le caissier me dit: Je ne peux vous vendre ni bière ni alcool après le dimanche midi, c’est la loi islamique. Je suis blême comme un fruit à pain blet !  Je le savais mais jusqu’ici le cas ne s’était pas présenté. J’aurais dû me décider avant dimanche midi. Maintenant c’est râpé. Finalement je rentre chez moi. Mon rhum du jour rit jaune. D’abord j’essaie le Seven Up saveur mojito. Sans commentaire. Je n’en rachèterai plus. Heureusement un grand verre frais de jus d’orange Dom je ne sais plus qui me redonne goût à la vie. Déjà dimanche s’en va. Le grand deuil se mue en demi-deuil. Les nuages noirs deviennent oranges. Demain lundi je reprendrai ma place dans le monde des vivants. À vendredi pour le prochain rhum anniversaire ! Jus d’orange ou jus de canne ou coeur de rhum peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’effluve.

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