Ça ne sert à rien d’être le plus riche du cimetière.

     Dixit le futur séminariste franco togolais, professeur agrégé de mathématiques, le sieur Olivier. Je médite, je médite sur cet adage dont lui même ignore la provenance. Mais j’irais même plus loin.
     https://youtu.be/qY53nsjLMkc
    À quoi servent les cimetières? J’ai maintes fois exprimé le désir de rejoindre l’univers glauque des poissons et autres requins et cétacés pour ce qu’il est convenu d’appeler mon dernier voyage. Mourir pour mourir que ce soit pour devenir triton ou sirène ! Or ne voilà-t-il pas que je m’entends taxer d’égoïste pour avoir une pensée aussi iconoclaste. J’aimerais tout simplement une fois mort nager ou plus simplement flotter sur l’eau, être un merman, quoi, un sereio, un triton, performance que je ne réaliserai sans doute pas de mon vivant.
    Quoi de plus légitime pour un vivant que de se dépasser dans la mort. Eh bien non je me fais sermonner. C’est interdit. Et voilà, le débat est clos pour certains. Autrefois pourtant on jetait les marins en mer et cela ne gênait personne. Il faudrait aussi interdire dans ce cas aux chiens, cochons, vaches, éléphants, albatros, baleines, requins et autres phacochères de se noyer en mer, en lac ou en rivière.
    Oh mais ce n’est pas écologique, me dit-on, tu polluerais l’environnement. Tout ça avec le plus grand sérieux du monde. Moi et mes 89 kilos de splendeur antillaise virginale plus contaminant que le chlordécone, laissez-moi rire. Je ne serai ni le plus riche ni le plus pauvre de vos cimetières, messieurs et dames donneurs de morale et de leçons écologiques. Je n’irai pas comme Boris Vian cracher sur vos tombes bétonnées non recyclables. Faites-vous ensevelir dans la sciure, si bon vous semble, moi j’ai fait un pacte avec les esprits de la mer. Ce sont mes dernières volontés. Il faudra bien les exécuter. Le jour dit, quel que soit l’exécuteur de cette basse oeuvre, mettez-moi sur un canot, une planche de bois mort suffira, pichonnez-moi bien les orteils des pieds pour bien vérifier que je ne suis ni pompette ni simplement ankylosé ou endormi, et surtout ne m’envoyez ni à l’abattoir, ni au four ni sous le béton. Jetez-moi à la mer comme une bouteille de rhum avec ce message attaché à l’une des nageoires caudales: ci-gît un balao triton qui vécut toute sa vie hors de l ‘eau et loin de ses frères balaos tritons. Il connut beaucoup d’orphies sirènes dans sa vie terrestre et fraya 5 titiris. Ni fleurs, ni couronnes, ni cérémonie, tout au plus 1983 A merman I should turn to be ou n’importe quel écho de Jimi Hendrix en bruit de fond.
    Seulement ainsi je deviendrai le plus riche de mon cimetière personnel bercé par le clapotis des vagues sur le corps des sirènes.
    Selon moi ce voeu est plus facile à réaliser que ce qui arriva à Quincas Berro d’Agua dans le roman éponyme de Jorge Amado, A morte e a morte de Quincas Berro d’Agua où le héros meurt deux fois, dont la seconde dans une ambiance de folie à Salvador de Bahia.
    https://youtu.be/XZlVHbNP61Y

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