Mariage devant la mosquee. Préparatifs.

Depuis la fin de l’après midi de ce jeudi 12 octobre 2017  on s’affaire sur la place de la mosquée anjouanaise de Mtsapere. Pas moins de 500 chaises sont là. Originellement habillées de rouge, la majorité reçoivent des housses blanches, tandis que la première rangée, une centaine de sièges, montre ses housses d’or. Un ruban doré rehausse le dossier des fauteuils revêtus de blanc. La pluie menace. Les nuages sont noirs. Il y a déjà eu deux fausses alertes. Mais on voit chez tous la tranquille assurance, la foi en Allah que la pluie ne  viendra pas gâcher la fete. Sur une estrade au fond de la place à couvert sous le kiosque des éléments blancs et dorés évoquent des trones et des arcades. Un mariage se prepare. Des fleurs blanches aussi sans qu’on sache vraiment si elles sont vraies ou postiches. Faisant face aux fauteuils une estrade au pied de laquelle on pose des pots de plantes vertes.

Au moins 25 personnes travaillent depuis des heures à la mise en place. J’essaie d’identifier qui est le chef d’orchestre. En vain. J’ai bien vu l’imam dire quelque mots avant la prière de 18 heures.

Un homme me demande : « c’est quoi ça? »

L’événement doit être rare. Je réponds. « C’est un mariage Mahorais ». Il me répond. « Mahorais? Mais il n’y a plus de Mahorais ici. Peut être un métis de Mahorais avec un grand comorien, un malgache, un anjouanais, un réunionnais mais il n’y a plus de Mahorais. » Je lui réponds que je sais que la mère est mahoraise ( mais qu’en sais-je vraiment?) et que le beau père est sénégalais. Mais je ne sais rien du père du marie. Ni de la mariée. Je sais qu’au moins une partie de la famille de la mariée est mahoraise car ce sont des membres de son clan qui m’ont parle de la cérémonie. Cette cérémonie n’est qu’une étape du grand mariage Mahorais. J’ai vu entreposées dans l’epicerie du beau-père des tonnes de boissons non alcoolisées. L’homme qui m’a abordé se dit être de mère grand comorienne et de père réunionnais. Les deux sont décédés. Il doit avoir dans les 55 ans.

18h48 sur une petite tribune avec microphone je vois un Coran et l’imam qui vérifie que tout est en place. Devant les invités sur l’estrade un cadre brodé d’or sur fond blanc devant lequel les trônes vont être places. Le plus doré pour le marié au centre, les deux argentés pour ses temoins. De chaque côté de ces trois là cinq fauteuils recouverts de tissu doré ou viendront s’asseoir les plus proches des deux familles. Enfin c’est ma lecture.

Des techniciens s’affairent pour la sonorisation. Des gerbes de fleurs blanches montent sur scène. Des hauts parleurs puissants de marque Behringer sont hisses sur des pieds.

Finalement l’arcade de fleurs est érigée et marque l’entrée du territoire.

Les festivités ne commencent qu’à 21 heures.

Chez Zam Zam, l’épicerie au dessus de laquelle habite la mère du marié et son beau-père Wally l’effervescence est à son comble. Dans la cour la cuisine déborde à tous les étages. Déjà dans les rues à 19 h15 des groupes de vieillards en boubous et bonnets de cérémonie font les cent pas et se rapprochent tranquillement. Le festivités ne commenceront qu’à 21 heures.

Mariage pluvieux mariage heureux dit l’adage. Mais que penser des oiseaux noirs que j’ai vu par deux fois tournoyer au dessus de l’estrade ?

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