Le dombo dombo d’Emmanuelle m’ a fait monter au ciel

https://youtu.be/uARLIlrqFr0

Je ne mange jamais le soir. Sauf exception notable. Et ce soir je n’ai pas pu résister à la tentation et me délivrer du mal. 

J’ai chanté : » au ciel, au ciel, au ciel, j’ irai vers toi mon dieu » car on venait de me mettre en bouche mon hostie sainte.

L’ hostie du jour est congolaise et se nomme dombo dombo.

2 mois dans l’Océan Indien et il ne se passait pas un jour que je réclame par monts et par vaux mon gombo quotidien. J’avais fini par me résigner.

Or j’arrive ce soir à 17 heures et quelques secondes et demande ma bière trois chevaux. À défaut de gombo trois chevaux font l’affaire. Je règle mon euro cinquante et me hâte d’engloutir la cannette. Le bar est vide. Surgit alors la patronne du Baraka qui me lance: « Jean Marie, j’ai pensé à toi hier. On a fait du gombo.  » J’ai sauté en l’air. Mais d’ abord j’ai dit presque en pleurant. « Comment Angèle tu as des gombos, tu sais depuis deux mois que je fréquente ce snack bar que je te réclame les gombos et le jour où tu en cuisines même pas un coup de fil. » Je suis dégoûté. C’est alors qu’elle me donne la bonne nouvelle. « Je t’ai gardé une part. Je ne t’ai pas appelé parce que je n’avais pas ton numéro. »C’est vrai. C’est à Mohammed que j’avais donné le numéro.

Je ne mange pas le soir. Mais quand la coupe est si près des lèvres, il faut la boire. Donc je commande. C’est Emmanuelle, la cuisinière congolaise, qui a confectionné cette hostie. 8 € pour toucher des lèvres le parinirvana. Yepa ! Les constellations étaient alignées sur ma langue et mon nombril. Jamais gombo ne fut si rapidement avalé. Dombo Dombo viande. Ça m’a fait penser au soukoupandya sénégalais. En dégustant fourchettes après fourchettes j’ai vu défiler dans ma tête le port altier des femmes du Burundi et du Rwanda et les poignées d’amour des femmes congolaises. J’ai vu défiler la quiabada brésilienne du vendredi midi d’une autre époque, Mayotte et les Comores étaient de l’autre côté du monde. J’étais un réfugié non pas politique mais gastronomique. Je demandai à bénéficier illico de l’asile gastronomique en vertu du code de procédure gastronomique qui exige que tout homme persécuté dans son pays pour ses choix gastronomiques puisse être accueilli par un pays tiers selon la charte des Nations Unies. Merci Congo pour m’avoir accepté comme réfugié gastronomique. Je vais me mettre au swahili. En attendant désormais Angèle peut me contacter à toute heure du jour ou de la nuit en relation aux gombos.

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