La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

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