En matière de jazz je suis un hérétique, un infidèle, un apostat

Parfois je  mets ma jazz playlist #3 , je mets la lumière tamisée et je me mets à planer sur une sorte de tapis volant magique en direction du nuage # 9. Parfois on se croirait dans un hall d’aéroport, parfois dans un hall de gare, ou un shopping center de Dubai où je n’ai jamais mis les pieds, puis j’atterris à Kuala Lumpur et la seconde d’après je suis à Djakarta. Et je mange, je mange des morceaux de musique « medium rare » ou saignant. Ô délices, le jazz je ne suis jamais gavé, non jamais, jamais repu, j’en redemande toujours et encore. Encore un peu de rab s’il vous plaît m’sieu ! Et c’est parti pour 3 heures  !

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Charlie Parker- All the Things you are

Charlie Parker / Just Friends

Art Blakey – Moanin’

Charles Mingus- Moanin’

Cannonball Adderley – Autumn Leaves

Cannonball Adderley/One for Daddy-O

Miles Davis- My Funny Valentine

Miles Davis- Blue in green

Dexter Gordon- Shadow of your Smile

Sonny Rollins- Poor Butterfly

Duke Ellington – Isfahan

Wayne Shorter – Speak no Evil

John Coltrane- Wish I Knew

 

John Coltrane- You’re a Weaver of Dreams

Charles Mingus- Memories of You

Horace Silver- Silver’s Serenade

Clifford Brown- Yesterdays

En matière de jazz je suis un hérétique, un infidèle, un apostat, faites votre choix, peu m’importe. Je n’adule, vous vous en doutez  aucun « epitome of jazz », ce sont tous des effluves du même parfum. C’est véritablement aux USA que j’ai découvert le jazz sur le coup e mes 21 ans. Avant j’en écoutais mais e façon abstraite, religieuse, c’était une affaire d’initiés, une chapelle. J’allais à Bagneux dans les soirées hootenanny informelles centrées sur le folk et le blues je crois) où on présentait des disques et on en discutait ans le cadre je crois du conservatoire municipal ou d’une association. La ville de Bagneux étant communiste un accent très fort était mis sur la musique mais surtout pour peu que je me souvienne sur le blues. J’ai donc été initié au blues et au folk à Bagneux Mais je dois avouer que cette atmosphère mystique me déplaisait un peu. Moi j’étais plutôt I’ve got ants in my pants and i need to dance ! J’étais plutôt James Brown, j’étais cool. Dans ces soirées hootenanny on se serait cru  dans un cloître, dans une chapelle. D’ailleurs c’est étrange plus tard sur mes 30 ans j’allais beaucoup à la chapelle des Lombards et au cloître des Lombards à Paris, aux Halles. Oui le jazz s’écoute beaucoup dans les caves et caveaux comme le caveau de la Huchette. Mais je ne me savais pas une âme troglodyte.

Mais arrivé à New York en juillet ou août 1973 mon premier pas fut de m’installer dans le Greenwich village près de Washington Square. J’ai oublié le nom de la rue , le nom de l’hôtel mais je sais que je passais avec mon frère cadet et l’ami Mat des journées entières sur le parvis du Washington Square à faire voler des boomerangs, des frisbees et à écouter de la musique. Nous allions aussi nous balader du côté de la Bowery, un quartier vraiment gore, remplis de bums (les clochards) de hookers (les putes) de drug addicts (les guédros) et de niggers (comme moi même). (Moi j’étais en fait là-bas pire qu’un nigger puisque j’étais un fucking coconut. Personne n’ayant jamais entendu parler de la Guadeloupe, je disais pour faire court que j’étais West indian et quand il fallait dire d’où exactement pour se différencier des Portoricains en nombre à New Yoirk je disais que j’étais de Saint-Thomas, US Virgin Islands) oh il y avait aussi des slick (des gens qui se baladaient sur leurs chaussures à talons compensés avec d’énormes colliers au cou et des montres flashy. Mais surtout il y avait des coupes afro, des magasins de tous côtés qui vous vendaient de l’afrosheen, des peignes afro plus énormes les uns que les autres. il y avait aussi es hippies mais moi je ne me souviens que du jazz. Avec le temps je me rends compte que je ne suis jamais allé dans un bar à Harlem écouter du jazz, boire un coup, jouer au snooker. Je sais que nous avons joué au snooker mais c’était à Brooklyn plus tard, Coney Island. Mon premier boulot fut de vendre à la criée The Village Voice, journal mythique. Oui nous avons été au Village Vanguard et au Blue Note et c’est là que je me suis rendu compte que le jazz pouvait être une fête et non une messe. Pendant que les artistes jouaient on parlait allègrement, fumait, buvait. voila la vraie ambiance que j’aimais. La vie. Et les instrumentistes ne s’en offusquaient pas. A l’époque je buvais des tequila sunrise (tequila, jus d’orange et sirop de grenadine). il y avait aussi es concerts e jazz gratuits à Central Park. On pouvait écouter en jouant au frisbee ou au baseball tout en grignotant des hamburguers et en se sifflant des Cherry Coke ! Et on pouvait bien sûr draguer !

 

 

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