On va se faire un tchak

Tout est prétexte à tchak à Mayotte. C’est l’équivalent de l’apéro entre mecs. Bon, il faut bien sûr de la boisson (et pas seulement de la gazeuse et de la non gazeuse) comme remontant et du solide. Le solide c’est en général du canard, du hérisson malgache, dit tangue à la réunion et landra à Mayotte, de la peau de boeuf, du gros poisson ou de la tête de zébu. Le tchak c’est une affaire d’hommes. Les femmes sont tolérées mais généralement les hommes se mettent dans un coin à l’écart sur la plage par exemple au moment du voulé et restent entre eux à discuter et rigoler.  ils ne laissent à personne de la gent féminine  le soin de préparer leurs affaires.

Le tchak équivaut donc à un barbecue entre hommes,

Le hérisson malgache dit tandraka à Madagascar et originaire de l’île se retrouve aussi bien à Mayotte qu’aux Comores, à la Réunion, à Maurice ou aux Seychelles. C’est du gibier à poil dont la chasse est en principe réglementée entre le 15 février et le 15 avril. Bien sûr les braconniers sévissent et à Mayotte ils chassent l’animal de jour accompagnés de leur chien. Traditionnellement à la Réunion ces chasses se menaient avec une race de chien appelée Royal Bourbon mais désormais les chiens viennent d’ailleurs la plupart du temps. Le tangue (Tanrec ecaudatus) est considéré comme un plat de luxe.Il n’a pas le droit d’être commercialisé mais à la Reunion par exemple on en a 3 pour 50€. A Mayotte on peut le chasser sans arme mais uniquement pour sa consommation familiale.

Le tangue peut être cuisiné en massalé, en civet, en cari ou simplement boucané.

A Mayotte le cari de landra a comme ingrédients principaux thym, citron, sel, curcuma, oignon, ail, piment

A la Réunion le cari tangue a pour ingrédients  le vin rouge, la sauce tomate, le gingembre, la feuille de  caloupilé, le thym brésilien, la feuille 4 épices, le clou de girofle, le combava, le gros sel, poivre, ail oignon, le rhum, le curcuma, la tomate, les feuilles de tomate, le citron, la muscade

Le landra ou tangue est de ces plats traditionnels qui permettent à l’homme e rester en contact avec sa nature sauvage ! Même si généralement les chasseurs ne sont pas les consommateurs finaux en mangeant du gibier sauvage l’homme croit toucher à son être profond, caché. Le ressort est le même pour ceux qui au Brésil mangent du tatou, ou du serpent ou qui aux Antilles et aussi à Mayotte mangent de la tortue, de la roussette (guimbo) ou du raccoon !

il n’est pas anodin qu’à la Réunion  il est dit plat cafre, et que c’est une façon pour ceux qui en mangent de rentrer en contact avec leur africanité. On dit qu’il n’est pas rare que des tablées de 3000 personnes mangent au même endroit du tangue. C’est donc aussi un plat identitaire.L’aspect sauvage est tel que l’on mange aussi le plat traditionnellement à la main ans une feuille de banane.

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