grajé rapé raklé

La technologie culinaire est d’une précision diabolique. Un cuisinier est un être organisé. il y a les choses que l’on émiette, celles qu’on coupe en tranches, celles qu’on cisaille, celles qu’on cisèle, celles qu’on émince, celles qu’on presse, celles qu’on écrase, celles qu’on hache, celles qu’on coupe et il y a celles qu’on graje. Qu’on dise râpé, grajé, grated, ralado on dit la même chose. En anglais il y a néanmoins une petite subtilité entre grated et shredded. Pour grajer on a bien sûr toutes sortes de râpes et de mandolines. Certains préfèrent le robot et ses multiples lames tandis que d’autres ne jurent que par la pierre de corail. Je fais partie de ces derniers.

Chaque culture a ses grajé symboliques. Dans mon univers wolfokien nous avons au choix :

la noix de coco,

l’oignon,

le radis,

le navet,

le concombre (pour la salade de concombre râpé)

la racine de manioc, pour faire le couac, la cassave

la carotte, pour la salade de carottes râpées,

les pommes de terre (on a affaire alors aux pommes paillasses)

le chou palmiste,

la courgette,

l’aubergine,

le christophine,

le jacque vert (comme dans la recette du cari Ti jacque de la Réunion)

la sapote mamey

la noix de muscade,

le giraumon, (pour les accras)

la gousse d’ail,

le madère (Gp) = dachine (Mq) = songe, chou e chine (Re) = taro = malanga (cu) pour les accras par exemple

le zeste le citron vert, pour le chodo

le noyau d’avocat

le gombo (pour faire la sauce kopè ivoirienne)

le dictame (pour la farine)

la mangue verte (pour le souskay)

le gingembre frais,

la papaye verte (pour le souskay)

le bois d’inde,

le fruit à pain, pour la farine de fruit à pain

la patate douce,

l’igname,

la banane verte =poyo (gp) =ti nain (mq) pour le carri banane râpée (Maurice)