Une nuit blanche vaut deux messes noires, ou quatre croche-pieds ou une demi-pause café ou deux soupirs

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En théorie musicale de langue française, la durée d’une ronde équivaut à celle de deux blanches, une blanche dure deux fois plus qu’une noire. Une noire dure deux fois plus qu’une croche, une double croche dure deux fois moins qu’une croche, et ainsi de suite on peut aller en triple et en quadruple croche. J’ai de tous temps écouté des blagues qui reprenaient cette théorie musicale et qui servaient à véhiculer l’idée qu’une femme blanche en valait deux noires. Moi j’aime à penser qu’une nuit blanche n’en vaudra jamais deux noires mais c’est une question de goût. Et encore il ya des nuits blanches immémorables ! Avec les notes, voyez-vous, on peut tout faire, même des confettis ! On peut faire dire aux notes tout et son contraire ad libitum.

Tout ceci pour dire que la blague « une blanche vaut deux noires » un peu potache voire à connotation raciste selon le ton selon lequel elle est proférée peut fonctionner en français mais ne fonctionne pas en anglais puisque dans cette langue la ronde s’appelle whole note, la blanche half note, la noire quarter, la croche eighth, la double croche sixteenth, la triple croche thirty-second, la quadruple croche sixty-fourth. Les crochets qui symbolisent les croches s’appellent drapeaux en anglais (flags) et la portée s’appelle staff. La clé de sol  se nomme treble clef ou G clef, la clé de fa  Bass clef ou F clef. Les dièses et les bémols se font appeler flats ou sharps et font partie des accidentals.

En anglais a white note est n’importe laquelle des notes (the naturals) jouée sur les touches blanches (white keys) d’un instrument. A black note bien entendu se réfère à n’importe laquelle des touches noires (black keys) de ce même instrument.

Cela ne veut pas dire que les notes n’ont que deux couleurs puisqu’il y a la fameuse blue note que les bluesmen et les jazzmen ont en adoration.

Guido d’Arezzo (995-1050), le moine bénédictin de la péninsule italienne qui mit à jour la notation musicale et leur coloration qu’il croyait universelle la basant sur un intervalle d’octave avec 12 demi-tons ignorait probablement que d’autres cultures ignorées de lui à l’époque évoluaient sur une système à 5 notes, l’échelle pentatonique. Cette tradition musicale occidentale ne doit pas faire oublier l’importance des traditions musicales non-occidentales et il ne serait pas étonnant que ans une tradition musicale donnée il y ait des notes, rouges, vertes, orange ou violettes car chaque tradition musicale a son propre langage, ses dialectes, ses verlans et ses créoles. On pourrait même parler de basilecte et d’acrolecte en évoquant les notes ! Et alors attention à la traduction, attention au jeu du je !

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Traduttore traditore dit l’adage ! Le traducteur qui veut éviter à tout prix d’être un traditore à la mode italienne, un traître, doit se méfier dans ses traductions de mots contenant en français les mots noir ou blanc. Prenons cette phrase et confions-la au traducteur automatique de google par exemple :

Une nuit blanche vaut deux messes noires, ou quatre croche-pieds ou une demi-pause café ou deux soupirs.

A sleepless night is worth two black masses, or four eighth-notes or a half-coffee break or two sighs.

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