Mayotte, île de la Mort, île morte

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Ile de la mort depuis des siècles Mayotte devient désormais île morte ! Certes pas tout à fait morte car elle bande encore, mais si mollement qu’on jurerait qu’elle est atteinte de dysfonctionnement érectile tant est flagrante son impuissance. L’île est moribonde !

Le 101ème département, comme elle aime s’appeler, devenu tel le 31 mars 2011, deux ans après le référendum de 2009, il y a à peine 7 ans donc, vit une crise existentielle, âge de raison oblige,  qui ne risque pas de s’estomper. L’archipel est au bord de l’explosion ! Les coupables comme souvent sont tout trouvés. Les étrangers ! Les ressortissants comoriens ! Ils représenteraient environ 50 pour cent de la population. Il n’y a pas qu’eux. Il y a les ressortissants malgaches, les ressortissants congolais , les ressortissants rwandais, les boat people de ce 21ème siècle austral arrivés sur l’île par le biais des flux et reflux de kwassa-kwassa ! Tous en situation irrégulière selon certains, soutenus par la force publique, les maires, les conseils municipaux et la population excédée, qui voudraient décaser à-tout-va pour mieux encore refouler tout ce beau monde à la frontière, les bouter carrément hors de France. Ce qui mathématiquement serait la solution miracle à tous les maux ! Or le voisin comorien considère que Mayotte est terre comorienne, comme l’attestent plusieurs résolutions de l’ONU auquel la France demeure sourde, et que les comoriens étant sur leur terre ils n’ont pas en être refoulés comme des malpropres. Les comoriens en situation irrégulière sont donc ballottés comme des régimes de banane entre Charybde et Scylla ! On imagine qu’une augmentation substantielle de l’aide au développement pourrait changer la donne et réussir à en amadouer certains. On imagine… C’est tout ce que l’on peut décemment faire, imaginer une sortie heureuse du contentieux diplomatique qui oppose les îles soeurs, dans un lagon hanté d’un noeud de serpents qui paraît inextricable.

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On parle d’insécurité chronique et d’immigration clandestine inacceptable ! On évoque le cas de la Guyane qui souffre des mêmes maux mais  immédiatement on évoque les différences de taille entre la Guyane et Mayotte. Le gouvernement français, le préfet, la Gendarmerie, la Justice, l’Armée, la Marine, la Police, la CAF, sont accusés de complaisance ! Or chose étrange ces étrangers sont leurs propres frères ou demi-frères, cousins germains ou issus de germains, oncles et tantes, grand-pères ou grands-mères car depuis le XVème siècle Mahorais, Anjouanais Grands Comoriens et Mohéliens ainsi que les Malgaches et les Tanzaniens se sont allègrement mélangés au gré des califats. On oublie que Mayotte fut sous domination anjouanaise ou malgache à certains moments de son histoire pour ne retenir que la domination française qui date de 1841.

On méprise les Comores, les voisins comme on les appelle avec condescendance, mais jusque dans les années 60 et 70 c’est à Moroni que les plus fortunés se rendaient pour étudier au lycée Saïd Mohamed Check. On méprise Madagascar mais c’est à Tananarive que d’autres se rendaient pour étudier au Lycée Condorcet devenu depuis lycée Galliéni.

Mayotte c’est une Afrique qui ne s’accepte pas pour certains qui préfèrent revendiquer leurs racines arabes ou portugaises. Mayotte n’est pas perdue mais bien égarée, comme un chien, en l’occurrence une hippocampe perdue sans collier.

Car Mayotte se revendique française mais souhaite en même temps demeurer musulmane. Il y a des contradictions flagrantes entre les lois de la République notamment en matière de liberté, égalité fraternité, laïcité. Les mosquées sont pleines et fleurissent comme des champignons. On ne peut faire deux cents mètres sans se trouver nez à nez avec une mosquée ou une madrassa (une école coranique). Pour comprendre une école coranique imaginez un cours de catéchisme 7 jours par semaine à 5 heures du matin avant l’école, après l’école dite de la République, où l’on apprend outre le Coran l’arabe ! Des hauts parleurs diffusent aux heures stratégiques l’appel à la prière. Le premier chant de l’aube ce n’est pas le chant du coq mais celui du muezzin ! Que dis-je ! Celui des muezzin car chaque mosquée se fait concurrence. Il y a la mosquée des Anjouanais, la mosquée une telle, la mosquée une telle.

Dans cette concurrence d’héritages il y a des perdants et des gagnants. Les plus lettrés ceux qui sont entrés dans la mondialisation, ceux qui se sont formés à l’étranger et plus particulièrement en France ou en Arabie Saoudite, les descendants de familles traditionnelles occupent les mairies, les administrations, les postes stratégiques au Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte (SIEAM), à la Société Immobilière de Mayotte (SIM), à Electricité de Mayotte (EDM), etc.

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La corruption est rampante et institutionnelle. Emplois fictifs, détournement de fonds publics et favoritisme sont les maîtres mots de la politique mahoraise. Une fois installé comme maire, sénateur ou député ou conseiller municipal ou départemental  on est un nanti au service d’un clan. J’entends par exemple des débats où il y aurait un arrangement entre les familles de M’Tsapéré  pour que revienne le poste le président  du conseil départemental aux prochaines élections à quelqu’un du clan de M’Tsapéré qui a réussi entre autres à élire deux sénateurs. Il faut à tout prix que le poste revienne à quelqu’un de M’Tsapéré. Aux dernières élections le poste est allé à quelqu’un du canton d’Ouangani élu depuis le 2 avril 2015 (Soibahadine Ibrahim Ramadani né en 1949 à Chiconi, sénateur e Mayotte entre 2004 et 2011).  Entre 2011 et 2015 né en 1975 à Marseille Avant lui à la tête de l’exécutif  mahorais il y avait eu Daniel Zaïdani descendant d’une famile de M’Tsapéré qu’on avait fait venir de France pour succéder à Ahmed Attoumani Douchina né en 1955 président du Conseil Général de Mayotte de 2008 à 2011. Ce dernier remplaçait Saïd Omar Oili president d’avril 2004 à mars 2008. Peu importe les noms peu importe les affiliations politiques, UMPP, LR, SE, NEMA, l’important c’est que le poste reste aux mains du clan. Pour aspirer aux hautes fonctions on est souvent enseignant ou médecin ! Puis par capillarité on répand sur son clan la manne procurée par la fonction. On nomme à droite ou à gauche des administrateurs de la SIM, la DEAL, du Syndicat des Eaux, etc.

Abdallah Hassani, né en 1954, élu sénateur e Mayotte le 2 octobre 2017 à la succession de Abdourahamane Soilihi, sénateur de Mayotte de 2011 à 2017.

Mansour Kamardin né en 1959 élu député ainsi que Ramlati Ali (dont l’élection a été annulée et dont on saura dimanche prochain si elle ou bien Elad Chakrina se retrouvera sur les bancs e l’Assemblée Nationale).

Il faut savoir que ce conseil départemental exerce aussi les attributions de conseil régional. La plupart des postes de fonctionnaires est occupée par de la main d’oeuvre migrante venue de métropole qui perçoit ainsi des revenus  différenciés  (prime de vie chère, congés bonifiés, etc) en raison de son statut d’expatriés. L’enseignement, l’hôpital sont leur chasse gardée. On retrouve dans ce tableau outre les métropolitains les Antillais, les Sénégalais, les Réunionnais, les Marocains, les Vietnamiens, les Malgaches qui ayant la nationalité française peuvent enseigner dans l’école de la République. La coexistence entre Mahorais de souche et ces français issus de métropole ou d’autres confettis de l’ancien empire français démantelé il n’y a guère que 60 ans ( Madagascar et d’autres pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire) se fait apparemment sans heurt. Mais on sent bien que les coutumes traditionnelles sont menacées par cette avalanche de nouveaux modes de vie qui déferlent sur l’île. Déjà la polygamie a été abolie alors que c’est un pilier de la société mahoraise. Les hommes préfèrent se marier tranquillement chez le cadi ce qui en cas de répudiation est beaucoup plus simple qu’entamer une procédure coûteuse de divorce. Les lois islamiques scandent le rythme de la société mahoraise. Interdiction de vente d’alcool à partie d’une certaine heure, surtout le week-end et le dimanche. Difficultés de trouver dans les quartiers des produits comme vinaigre à base d’alcool ou tous les produits à base de porc ou du simple cirage. Par contre la bière est largement disponible dans les supermarchés et épiceries de quartier. Il est notoire que le niveau des enseignements à Mayotte est le plus bas de tous les départements français ! En maternelle et au primaire l’accès à l’école est barrée par les communes qui prennent pour prétexte des classes bondées pour ne pas admettre en classe les petits de migrants. Ils accumulent ainsi des handicaps et se retrouvent souvent à 15/16 ans avec un niveau de primaire acquis avant leur arrivée sur le territoire. On trouve même des enfants de migrants nés à Mayotte puis repartis vers les Comores suite à l’expulsion de leurs parents, puis revenus en France qui au terme de ce ballotage permanent entre îles se retrouvent dans les plus pires difficultés d’adaptation et d’enracinement qu’on puisse imaginer car ils sont aussi bien honnis aux Comores car nés à Mayotte que par les mahorais car nés de parents comoriens en situation illégale. Les classes sont surchargées. Néanmoins le vice-rectorat avec l’appui du Casnav (« Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs ») ou d’autres organisations associatives qui font florès (Apprentis d’Auteuil, Croix Rouge, etc) essaie tant que faire se peut d’inclure dans le cursus scolaire des collèges et des lycées tous les enfants de migrants, et en particulier les EANA, élèves allophones nouvellement arrivés,  âgés de 11 ans à 16 ans malgré de forts taux d’analphabétisme ou d’illétrisme chez ces derniers. Cette hétérogénéité des apprenants n’est pas sans poser problème car la plupart des enseignants ne sont pas formés en FLE ou en FLS pour pouvoir prendre en charge efficacement de telles disparités d’apprentissage. Il y a des expériences de classe UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) ou UPE2A-NSA pour ceux qui n’ont pas été scolarisés dans leur pays d’origine. Mais malgré des besoins immenses à Mayotte la résistance de la population mahoraise est telle que l’on entrevoit mal comment résoudre la situation à moins de l’implantation d’un plan Marshall de l’éducation sur l’île hippocampe. Et je ne parle même pas des élèves âgés de 16 à 18 ans qui eux ne relèvent pas de l’obligation scolaire et à qui sont fermées toutes les possibilités de formation professionnelle ou de stages dans la mesure où ils n’ont pas de papiers.

C’est ainsi que se crée à Mayotte tout un sous-prolétariat payé au maximum 10 € par jour à faire des brochettes, faire le ménage, cuisiner, laver le linge dans les rivières, vendre des légumes à la sauvette, vendre du poisson dans des brouettes, vendre des boites d’allumettes, des oignons, de l’ail à tous coins de rue, s’occuper des enfants, travailler dans une épicerie, pour le compte de mahorais qui leur louent aussi à petit prix des  cases qui forment ici et là des bidonvilles insalubres de tôles et de planches sans eau et sans électricité. Ce sous-prolétariat corvéable à souhait ne parle pas très bien le français mais peut très bien communiquer avec les mahorais car les différences entre langue mahoraise et anjouanaise sont minimes. Ce serait comme les différences qui existent entre le créole guadeloupéen et le créole martiniquais. Avec le comorien de Grande Comore ou de Mohéli il y a plus de difficultés mais cela équivaut à la différence entre le créole de Guadeloupe et celui de Sainte-Lucie ou de Dominique. Voilà.

Mayotte on l’a déjà dit c’est la sous-France ! Et la souffrance aussi ! Comment sortir parle haut de la détresse ? Il faudrait des transferts énormes d’investissements pour que l’île revienne ne serait-ce qu’à la moitié du niveau de développement des autres départements d’outre-mer.  Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion ont pu se développer à la faveur des 30 Glorieuses et du tourisme de masse. Dans une France qui passe par une longue saison de vaches maigres j’ai du mal à voir la maison-mère investir à fonds perdus dans l’aventure. Je ne vois pas de solution miracle. Mayotte n’est pas la Guyane. Mayotte n’a pas Ariane ! Elle n’a qu’un lagon.    Des tortues, des hippocampes, de l’ylang-ylang et des makis. Au grand dam des Mahorais je ne vois de solution durable à long terme qu’avec une coopération effective d’égal à égal entre îles soeurs. Car si Mayotte est française elle est aussi comorienne qu’elle le veuille ou non et elle devra un jour s’accepter comme telle pour pouvoir, je le lui souhaite ardemment, s’affirmer pleinement comme île adulte. Je sais ! Je ne suis pas mahorais ! C’est plus facile à dire qu’à faire mais après avoir vécu en live cette souffrance pendant maintenant 8 mois je ne vois aucun accouchement, aucune délivrance  possible à court terme.