Nice Côte d’Azur J0

30 ans sinon plus que je n’avais plus foulé la Promenade des Anglais. LE BEAU NEGRE du Negresco n’en revient pas et me joue en sourdine de sa trompette un petit air de jazz spiritual hot hot hot bouillant. Oh when the saints go marching in. Et moi je lui joue sur la clarinette de Stellio Alexandre un petit solo de Amelio Totoblo.

AH SI PAPA IL SAVAIT ÇA TRA LA LA. IL DIRAIT OHE

Tu n’ connais pas la cadence

Tu n’ sais pas comment l’on danse

Tu n’ sais pas danser au pas cadencé

Au pas camarade.

J’AI PERDU LE DO DE MA CLARINETTE.

Du deuxième étage du Casino Ruhl des millions de dollars me saluent en trompe l’oeil…

Viens donc Darjeeling mon mignon dépenser tes beaux €. T’as de beaux oeufs tu sais.

Je me souviens parfaitement de ma première visite de Nice et de sa baie des Anges. J’ étais accompagné alors de celle qui partageait ma vie, une infirmière franco espagnole du nom d’Agnès Paneda. Nous vivions à Paris près de Montmartre à l’époque, metro Guy Moquet, avenue de Saint-Ouen et étions en vacances hébergés à Bédoin dans une maison provençale fabuleuse, propriété d’une de mes profs de la fac Paris VIII avec qui j’ avais fraternisé. Nous en avions profité pour visiter le Mont Ventoux puis on eut l’idée un jour de faire un petit détour sur Nice. AGNÈS avait à Nice une cousine qui avait une jolie petite fille asthmatique. Nous avions visité la Vieux Nice et probablement grignoté et bu quelque chose dans l’ une des nombreuses gargottes locales. Il faisait beau crois-je me souvenir. Nous sommes rentrés sur Bédoin puis nous avons continué sur Manosque où nous avions décidé de camper et de jouer au tennis. Drôle d’idée. Surtout quand il pleut. Dans notre Austin Cooper gris métallisé nous avions notre tente qu’il fallut installer sous la pluie glacée. IL A PLU TOUTE LA NUIT. On s’est réveillé au petit matin TREMPÉS jusqu’aux os. C’ est alors que ma dulcinée pique une crise. Elle veut du soleil. Elle qui fait du surmenage en tant qu’ infirmière juge que le soleil doit briller sur commande pour son seul bon plaisir. ET HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE ! Malheureusement le soleil ce jour-là est têtu, sourd, muet et aveugle. Presque autiste. Direction La-Grande-Motte. Enfer et damnation, toujours pas le moindre rayon ami. Par contre les gouttes font clic clac sur le dos des carreaux comme des mortes de rage et puis se jettent dans les caniveaux. Qu’à cela ne tienne, me dit la dulcinée, on va aux Deux-Alpes. Et là oui le soleil brille mais surtout par son absence. Bilan des courses : à force de conduire stressée dans les cols pour arriver aux Deux-Alpes ma dulcinée se choppe un torticolis. Et me voilà bon pour conduire notre boîte à sardines anglaise des Deux-Alpes à Paris.

Tout cela n’ a bien sûr rien à voir avec la méditerranéenne Nikaia mais le traumatisme est toujours là au fond du caillou mou que j’appelle ma petite cervelle. Nous sommes le 12 avril. Nous sommes arrivés hier soir avec Bena avec qui j’ai eu aussi un pétage de plomb en Estonie sous la pluie il y a de cela 5 ans. La pluie, les averses sont annoncées jusqu’à dimanche. Méditerranée chantait autrefois Tino Rossi.

MÉDITERRANÉE

AUX ÎLES D’OR ENSOLEILLÉES

AUX RIVAGES SANS NUAGES

AU CIEL ENCHANTÉ

MÉDITERRANÉE

C’EST UNE FÉE QUI T’A DONNÉ

TON DÉCOR ET TA BEAUTÉ

MÉDITERRANÉE

On y croit pourtant. YES ! MÉDITERRANÉE ! On a fait Bordeaux-Nice via Easyjet. Un taxi à 32 € le forfait nous a déposés à destination vers 23 h. On a loué un petit appartement, un T2 très sympa à Nice via Airbnb au 22 avenue de Buenos Ayres. LES LIGNES DE BUS 4, 7 ET 23 SONT À 3 MINUTES. LE TRAMWAY À 10 MINUTES. Nous sommes au quatrième étage avec une vue splendide sur Nice. Sur la table il y a un dossier orange avec en français et en anglais ce qui est « à voir, à faire » (to see, to do). Je cite : cours Saleya (Vieux Nice), place Garibaldi, colline du Château, promenade des Anglais, la coulée verte, place Massena, rues piétonnes, parc de Cimiez, le port, la vieille ville. Moi je souhaite commencer comme toujours par un marché. Ce sera le marché de la Libération tout proche. On y prendra un café et plus si affinités et ensuite on ira tranquillement à pied si le temps le permet jusqu’à la promenade des Anglais puis de là au Port en passant par le Château. MALHEUREUSENENT les marchés ne sont pas ce qu’il y a de plus captivant sous la pluie. On se trouve donc vite une petite boulangerie boulevard Gambetta pour se requinquer. Nous serons sur Nice et région une semaine. Nous comptons voir Cannes, Antibes Juan-les-Pins, Monte-Carlo, Saint-Paul-de-Vence, etc mais mon objectif c’est Grasse, ses fleurs, ses parfums. Je ne sais pas si on mangera un pain bagnat, une socca ou de la tapenade mais je prendrai bien une petite bouillabaisse. Ou une salade niçoise, une vraie de vraie. Notre hôtesse Evelyne nous a recommandé 3 restaurants bons et pas chers (pas cher à Nice ça veut dire 15 € le plat le midi). Spaggiari, les Deux Chefs, L’Altra Casa. Moi j’ai repéré un restaurant au nom rigolo O four No !😈. Un autre: Le Pop au Thym !😨

Il est presque 8 heures du matin. L’orage gronde, les éclairs zèbrent le ciel. S’il pleut de trop on ira au Musée Chagall ou on visitera la Cathédrale russe Saint Nicolas qui sont à deux pas, pensions-nous.

Mais nous sommes deux montagnards. Nous n’avons peur de rien. Nous sommes des carabiniers, une, deux. Moi de Haute-Basse-Terre guadeloupéenne, elle de Haute Chapada Diamantina brésilienne. Nous allons fêter ici nos deux anniversaires ainsi que nos 5 ans de mariage. Mariage heureux mariage pluvieux. On fait comme on peut. On se console comme on peut avec les adages.