NICE J2

Départ 11 heures du matin. Le soleil est la timide et frisquet. Sur l’avenue Gambetta un peu avant l’arrêt des bus 4, 7 et 23 nous découvrons une épicerie portugaise. Bena exulte:

Minha farinha, meu andu, meu feijão caroquinha, meu feijão, vou morar aqui em Nice. Que nada de Bordeaux. Aqui É paraiso. Cem mil vezes melhor que Bordeaux.

Moi je lorgne du côté de la morue dessalée et congelée, des assortiments de fruits de mer. Finalement pour ne pas repartir les mains vides j’emporte un Guarana à 1,50€.

En face de l’autre côté de l’avenue Gambetta il y a un restaurant portugais O Braseiro. La morue est à 13 €. Ce sera pour une autre fois. On prend le bus 7. Direction Garibaldi. L’AMENDE EN CAS DE STATIONNEMENT NON AUTORISÉ EST À 35€ SUR L’AVENUE GAMBETTA.

Sur une bâtisse je vois une pancarte cryolypolise. Si mes restes de latin et grec sont intacts c’est l’action de brûler la graisse par le froid. GRRRR.

Samedi 14 avril un outdoor proclame qu’aura lieu le IX tournoi international de torball masculin . Ballon tordu ? Parmi les organisateurs un certain Macron!

Près de Garibaldi nous empruntons une rue étroite, rue Pairolière ou Carreira Fairouliera un magasin appelé Spécialités Niçoises Socca avec une queue invraisemblable nous vend des cebettes. J’aurais juré que c’était des accras. Bande de pilleurs colonialistes . Ouf ce ne sont que de petits oignons.

PLUS LOIN A L’ESCALINADA JE VOIS BEIGNETS DE FLEURS DE COURGETTES. Ah ils aiment bien les beignets Kotesit!.

Nous progressons de rue en rue. Ma chère et tendre veut absolument s’acheter un chapeau. Nous faisons deux magasins et elle ne se décide pas. En fait elle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle essaie un béret noir, un béret blanc cassé. Si jai bien compris elle cherche une sorte de casquette du capitaine Haddock en feutre gris. J’ai envie de lui dire qu’elle se prend pour la Castafiore. Mais on ne plaisante pas avec les divas qui ont lu Tintin le jour de leur anniversaire. On s’arrête devant un magasin rempli de bobs de plage de toutes les couleurs à 25 € l’unité. Rien ne plaît à la donzelle dont c’est aujourd’hui l’anniversaire. Je commence à lorgner sur les cartes des restaurants qui défilent. Le mot souris d’agneau me persécute. Mais nous voilà en pleine ascension pour aller au château. Beau panorama de Nice. On voit donc d’un côté les sommets enneigés des Alpes, de l’autre la Méditerranée. En redescendant je passe devant l’Hôtel Suisse où l’écrivain irlandais James Joyce (1882-1941), l’auteur d’Ulysse, séjourna et où il écrivit les premières pages de Finnegans Lake. Un peu plus haut Berlioz avait écrit Le Roi Lear. Duffy Raoul était présent lui aussi. Idem pour Renoir Auguste. La Riviera inspire. Vite une photo en bord de mer pour fixer pour l’éternité un rouge I love Nice.

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Puis c’est reparti en direction du Vieux Nice pour se restaurer.

14h30 à table à La Claire Fontaine place Rossetti. Je COMMANDE ma souris d’agneau purée en croisant les doigts pour qu’elle me rassasie. Sera-ce assez copieux pour le mort de faim que je suis après avoir, hardi montagnard de Haute Basse-Terre, gravi et redescendu la colline du Château. Ma chère et tendre prend des poulettes frites (ce sont des moules au vin blanc , à la crème aux oignons et au persil). Pour boire une Leffe de 25 cl. Moi je prends une Stella Artois de 50 cl. MON PLAT ARRIVE ÉNORME. UN OS LE TRAVERSE DE PART EN PART. A MELHOR PARTE DO CARNEIRO E O TUTANO. JE SUCERAI CET OS CAR JE VEUX EN TIRER LA SUBSTANTIFIQUE MOËLLE DE L’AGNEAU. BENA ME DEMANDE POURQUOI ON APPELLE ÇA SOURIS D’AGNEAU. J’AVOUE MON IGNORANCE. J’ EN PROFITE POUR FAIRE UNE PAUSE. ET UNE PETITE PRIÈRE. AGNEAU DE DIEU, AGNUS DEI QUI TOLLIS PECATA MUNDI DONA NOBIS PACEM. ET ME REVOILÀ REPARTI À ENGLOUTIR CETTE SOURIS QUI N’EN FINIT PAS.

BENA MURMURE DES

DELÍCIA DELÍCIA HUM

ET ME PROPOSE DE GOÛTER SES POULETTES FRITES.

EXPERIMENTE. TEM GOSTO DE XIXI. (Goûte. Ca a un gout de pipi)

Gosto de xixi? NON MERCI CHÉRIE VOU FICAR MESMO COM MEU TUTANO SE A SENHORA NÃO SE INCOMODAR. (Gout e pipi? Non merci ma chérie. Je vais rester avec mon os à moelle si ça ne te gène pas)

ELLE INSISTE.

NÃO É GOSTO DE XIXI é CHEIRO. (mais ce n’est pas vraiment un goût de pipi c’est juste une odeur de pipi)

MESMO ASSIM EU ME NEGO A QUALQUER EXPERIMENTAÇÃO DESSA POULETTE MIJONA. VOU FICAR COM MA SOURIS. TU ES GENTILLE. (je me refuse malgré tout à goûter de cette moule-poulette pisseuse, je vais rester avec ma souris, tu es gentille)

ET MAINTENANT COMMENT SAISIR CET OS IMPOSANT.

OU VOCÊ CHUPA OU VOCÊ BATE COM A FACA (ou tu suces ou tu frappes dessus avec le couteau)

DIT CHERIE, SPÉCIALISTE DE CHUPAR TUTANO. FINALEMENT JE ME RÉSOUS À PRENDRE MA SERVIETTE EN PAPIER ROUGE SANG ET SAISIS L’OS COMME UNE DONZELLE EFFAROUCHÉE.

Enfin c’est l’heure de goûter aux poulettes après la souris. Delícia.

La serveuse qui a des airs de descendante d’antillais m’explique la souris et la moelle. Puis vient l’addition; 1 Leffe 25 cl 5,20€; une Stella Artois 50 cl 7.50€; 1 moules poulette 11.90€; un plat du jour = la souris d’agneau 13,90€; 1 café 2€. Total des courses pour la table 7 ; 40,50 €.

16 h. On monte à bord du 81 place Grimaldi station terminus promenade des arts. Direction Villefranche sur mer, Beaulieu sur mer et Saint Jean Cap Ferrat. Nous longeons le port que nous voyions du haut de la colline.

Il fait 26 degrés Celsius. Oh my God. Hier on fuyait les gouttes aujourd’hui on fuit les rayons dards de soleil. C’EST À DÉSESPERER DES MÉTÉOROLOGUES QUI PRÉVOYAIENT MAUVAIS TEMPS JUSQU’À DIMANCHE. BON LA MÉTÉOROLOGIE N’EST PAS UNE SCIENCE EXACTE. ELLE SE BASE SUR UN CALCUL DE PROBABILITÉS QUI TENTE DE SONDER L’INSONDABLE. TANT MIEUX POUR NOUS QUI JOUISSONS PLEINEMENT DE CE VENDREDI 13.

Au terminus bal musette alsacien avec dégustation vente de produits alsaciens.

Ce soir on vous met, ce soir on vous met le feu,

chante le batteur tandis que ronfle l’accordéon.

BENA commence à se dandiner, moi je reste stoïque.

Allez on réintègre le 81. Retour à la case départ. Quelques courses au Monoprix. Puis le bus 7 nous ramène tranquillement au bercail.

Ce soir dîner en amoureux aux chandelles. Ou plutôt à la Yankee candle parfumée aux bois précieux ebony and oak. Chêne et ébène.

Et vous ne devinerez jamais le menu d’anthologie que je vais confectionner pour My Fair Lady. Je vous le donne en mille. Salade niçoise à la mode à la mode. Quelle mode exactement? Moi même je ne le sais pas encore. J’ ai pris à Monoprix 175 g de mesclun de chez Florette (jeunes pousses de laitue verte et rouge, roquette et cerfeuil), deux boîtes de sardine, 170 g de harengs fumés sans arêtes de chez Delpierre , des radis, des tomates cerises, un oignon, un poivron rouge, un concombre, des oeufs bio de chez Bonneterre. J’ai ramené de la Réunion un avocat. Il fera peut-être partie du voyage. Il y a aussi du camembert moulé à la louche et du fromage de chèvre Andechser natur au cas où. Pour la sauce huile d’olive Puget et vinaigre balsamique.

Le dessert sera au choix : compote de pommes mangue passion de Tropicana ou une vraie mangue. Une Luna Verde tout juste débarquée du Pérou.

Pour boire un Côtes de Gascogne Haut Marin signé Élisabeth Prataviera, vigneronne. C’est un vin à base de cépage gros mangseng qui se marie bien avec les salades, les fromages, les desserts. Cette IGP nous dit être « un vin gourmand et frais, légèrement sucré, aux accents de miel et d’abricots séchés au soleil ».