Fiori di zucca

FIORI DI ZUCCA. C’est fleurs de courgettes en italien. Ici à Nice ou à Menton on en voit partout sur les marchés. Elles sont super fragiles. 24 heures maximum pour savourer pistils, étamines et pétales. Pour les conserver il faut les mettre dans une boîte hermétique et les couvrir de papier absorbant humide. Leur destination: beignets de fleurs de courgettes dont voici la recette exigeante ici.

Le COMTÉ de Nice ayant fait partie du Royaume de Sardaigne il n’est pas ÉTONNANT que cette recette perdure ici. Comme j’adore les beignets sous toutes les formes qu’ils soient accras antillais ou acarajés Brésiliens cette recette m’interpelle.

Dans les accras on ne met pas que de la morue il y des accras de malanga (dachine, dasheen), ou de carottes râpées ou de jiwomon. Surtout le Vendredi-Saint où il faut manger maigre. Donc l’accra est aux légumes. Dans ma tête commence à trotter une recette d’accras de fleurs de courgettes. Il paraît que la recette originale se fait avec des fleurs mâles. LES FLEURS MÂLES SE DISTINGUENT DES FEMELLES CAR ELLES NE PORTENT PAS DE COURGETTE. Mais on ne trouve sur le marché que des fleurs femelles attachées à leur pédoncule. ENFIN C’EST DU MOINS CE QUE J’AI PU VOIR. Bref, l’idéal serait de mélanger mâles et femelles. Étrange, chef, qu’on ne commercialise ces fleurs que dans le sud! Il faudrait consulter la Bible de la cuisine niçoise écrite par Jacques Médecin : La Cuisine du Comté de Nice.

Ces fleurs de courgettes, mâles ou femelles, avec pistil pour les demoiselles et étamine pour les messieurs, vont être passées dans une pâte à beignets ou une pâte à tempura (fécule de maïs ou pomme de terre, bicarbonate de soude, farine, eau gazeuse) voire une pâte à crêpes, la pâte dépendant de la texture voulue, et ensuite on va frire vite fait bien fait ces jeunes gens dans de l’huile à 180 degrés Celsius.

Mais il y a aussi cette préparation de fleurs de courgettes farcies des Carnets de Julie qui est séduisante. Il faut faire selon le chef Jean-Claude Bensa une farce à base de noix de veau, pain rassis trempé dans le lait, oeuf, courgette trompette cuite à la vapeur, parmesan râpé, persil, basilic et en farcir les fleurs. On passe tout ça au four baigné dans l’huile d’olive. On sert avec un coulis de tomates agrémenté de carottes et de céleri! Hummmmmmm! Il y a la recette d’Evelyne aussi.

Moi je n’en démords pas. On a des courgettes aux Antilles. Ce ne sont pas les fleurs qui manquent. Mais sont elles comestibles? Je ne connais que la fleur de banane qui se laisse déguster . Je verrais bien des beignets de fleurs d’hibiscus ou de bougainvillées. Nous avons tous des biais culturels. Par exemple à Mayotte on grille les graines de jaque. Il paraît que c’est délicieux. Aux Antilles et au Brésil on les jette à la poubelle. Le baba figue est apprécié à la Réunion. Il était aussi apprécié autrefois en Guadeloupe. Moi je n’en ai jamais goûté et je ne connais personne qui en ait mangé au Brésil . Culture familiale. Culture nationale, culture personnelle. CULTURE IDENTITAIRE.

Le docteur Jean-Louis Longuefosse dans son ouvrage « Délices de plantes créoles : recettes, saveurs, bienfaits » nous indique entre autres la courge dite giraumon (jiwomon) (Cucurbita moschata) et la courgette (Cucurbita lepo), la groseille – pays (Hibiscus sabdariffa) connue en Jamaïque sous le nom de sorrel ou de roselle ainsi que la fleur de glicerias ou gliceridia (Gliceridia sepium) qui peuvent faire l’objet de beignets . Ne nous en privons pas.

Moi je me pose quand même la question autour de la fleur de gombo. C’est un Hibiscus esculentus ou Abelmoschus esculentus. Je la verrais bien en beignets car j’adore le gombo. Chiche?!!