Bestiaires, encres flottantes, ours à lunettes et peintres de la nubeselva

 

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Au 31eme FILBO Feira Internacional de Livros de Bogota qui a lieu à Bogota du 17 avril au 2 mai on peut trouver parmi des milliers de livres de toute provenance Animalario. C‘est  un bestiaire, un volucraire, un lapidaire fantasmé par le binôme colombien composé de Blanca Moreno au dessin  et Roberto Triana Arenas à l’écriture qui répond à la double exigence latine du placere et docere. Il faut plaire et instruire. Ils ne sont ni théologue ni zoologue. Mais tout bestiaire ayant la prétention de servir une morale peut-être y a-t-il dans cet opus une morale écologique chrétienne !

Le livre est paru en 2014  aux éditions Taller Arte dos Grafico, de Bogota avec un tirage de 300 exemplaires numérotés  et signés des auteurs. Les auteurs ont créé un opéra à quatre mains: le langage poétique et artistique s’entremêlent  pour présenter des visions fulgurantes . En 1980 le même Triana avait publié un autre livre intitulé Bestiario avec des lithographies  de l’italien Sandro Chia.

Rien ne se crée, tout se recycle disait Lavoisier. En l’occurrence il y a une approche européenne des animaux qui va de Pline Le Vieux et passe entre autres par Linné, Cuvier et Buffon, une approche  qu’ont suivie zoologues, paléontologues et naturalistes du monde entier et qui se poursuit ici mais avec une vision non pas italo-colombienne  mais cette fois-ci autochtone colombo-colombienne sur les animaux. Bien avant les bestiaires Hérodote (-480/-425), Aristote (-384/-322) et son Historia Animalium , Pline l’ancien (23-79) et son Naturalis Historia ont tour à tour tenté de poser des jalons et es passerelles entre gente animée, entre gente animale et gente humaine.

Les bestiaires étaient censés à partir d’animaux réels ou imaginaires dresser des portraits moraux ou moqueurs des contemporains de leurs auteurs. C’étaient en fait des fables moralisantes peintes ou dessinées.

Bien avant ces bestiaires encore, la Bible dans le Nouveau et l’Ancien Testament fait apparaître des animaux qui servent de support textuel à des considérations religieuses et ou à l’enseignement de  valeurs morales. Parmi les animaux qui apparaissent le plus souvent dans la Bible on retrouve  8 de ces animaux représentés dans Animalario : l’ours, le loup, le renard, le chien, le sanglier, le vautour,  l’araignée, le caméléon

Le Phisiologus Physiologos. Le bestiaire des bestiaires. Texte traduit du grec, introduit et commenté par Arnaud Zucker, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, 2004, 325 p.
33 euros / ISBN : 2-84137-171-9. (le livre de bestiaire) est l’un des premiers ouvrages sérieux en latin sur l’histoire naturelle. Il est attribué par certains à saint Epiphane. C’est un mélange subtil d’allégorie chrétienne et de science mystique venu du plus profond des âges et relevant de traditions culturelles aussi diverses que la Grèce, l’Egypte qui prétend fournir des explications exégétiques.

Le Livre XII – Des Animaux, in Etymologies d’Isidore de Séville (entre 560 et 570 -636) interprétation scientifique

Le Bestiaire de Philippe de Thaon (le premier en langue vulgaire à avoir utilisé le mot bestiaire dont deux animaux sont communs à ceux de Moreno : renard (gupil) et salamandre (sylio) : interprétations moralisatrices

Le bestiaire divin de Guillaume, clerc de Normandie, trouvère du XIIEme siècle (deux animaux communs à Moreno renard (Goupil) et salamandre ):interprétations exégétiques

Richard de Fournival et son Bestiaire d’Amour ( bestiaire à visée courtoise : 4 animaux communs : loup, renard, chien, vautour)

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Ana Maria Sybilla Merian (1647-1717)(Allemagne) artiste peintre florale et naturaliste et son Metamorphosis Insectorum Surinamensium de 1705 dans lequel elle croque des plantes hôtes avec es petits animaux qui peuplent ces plantes.,

Albert Eckhout (1610-1665),

Jean-Baptiste Debret, (1768-1848)

Cabocle Indian hunting birds with a bow and arrow, from 'Voyage Pittoresque et Historique au Bresil', published in 1839 (colour litho)

Friedrich Alexander von Humboldt (1769-1859)

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Johann Moritz Rugendas (1802-1858)

Estudo de pássaros na selva. Johann Moritz Rugendas (1802-1858)

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Jean-Jacques Audubon, (1785-1851), peintre naturaliste et son Birds of America (1838)

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Etienne Denisse (1785-1861), botaniste, auteur de Flore d’Amérique, (1843)

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Ernst Haeckl (1834-1919) et son Kunstformen der Natur publié en 1904

http://hdl.loc.gov/loc.pnp/ds.07627
http://hdl.loc.gov/loc.pnp/ds.07627

 

Autant pour comprendre les bestiaires médiévaux il faut se replonger dans le contexte de l’époque pour en avoir une lecture, autant pour comprendre ce bestiaire qui insiste sur sa colombianité il faut tenter de saisir la charge psychologique investie ans cahacun e ses animaux en Colombie. Il y a aussi la nécessité de lier le texte au contexte donc et le dessin à une proto-structure originale pour laquelle  la référence est la vision occidentale moyennâgeuse de l’animal. L’animal est ce qu’il est mais surtout ce que l’on y met. De la même façon que les peintres et plus spécifiquement les botanistes peintres s’attachent à peindre le plus fidèlement la flore ils traduisent aussi des mythes qui entourent ces fleurs ou plantes. De même les spécialistes de la faune  malgré leur regard scientifique tentent de donner une représentation qui leur est personnelle un peu anthropologique des animaux. qui est une sorte d’alter ego de l’homme et qui permet à travers lui de  moquer, ridiculiser, faire sourire ou pleurer ses contemporains.

Il n’est pas indifférent que dans ce bestiaire il n’y ait pas de lion et que le premier animal soit l’ours qui en fait la couverture. il n’est pas indifférent qu’outre les 19 animaux qui composent cette fresque il y  en a un vingtième qui porte le nom de la bête et qu’on imagine être un mélange d’aptalon, de serre, de caladre et nicorace. Il y aurait bel et bien donc une filiation assumée entre les auteurs des bestiaires de l’ère médiévale et nos deux sud-américains ancrés dans la post-modernité de ce premier quart de 21ème siècle..

Animalario Universal del Professor Revillod ,  Almanaque ilustrado de la fauna mundial de  Javier Saez Castan (illustrations) et Miguel Murugarren (texte) publié au Mexique en 2003 est composé de 21 planches  d’animaux divisés chacun en trois parties qui alternées peuvent donner pèle-mêle jusqu’à 4096 animaux différents. On a droit aux animaux familiers tels l’éléphant (elefante), le tatou (armadillo),  le rhinocéros (rinoceronte), le kangourou (canguru),  la vache (vaca), le coelacanthe (coelacanto), le chien (perro), le tigre (tigre) la puce (pulga), le casoar (casuario), le kiwi (kiwi) , le chameau (camello), le sibérien (siberiano), le poisson rouge (carpin dorado), la truie (cochina), le lapin (conejo), le corbeau (corvo), et par le truchement fantaisiste  et aléatoire d’une sorte de poésie combinatoire digne de l’oulipo et de Raymond Queneau et ses Cent mille milliards de poèmes à des animaux fantastiques, du type cadavres exquis  tels le tasibegue, le rolaguro, la tacetuna, le cargante, l’elesibegre, le tawicanto, le pulpindorado.

L’idée de vouloir affirmer par l’art autochtone est ainsi reprise par un autre peintre animalier colombien de la région d’Antoquia Bryan Sanchez

Loin de moi l’idée de vouloir psychanalyser les auteurs mais ayant dans l’esprit l’ouvrage Bestiario de l’argentin Julio Cortazar je dois noter pourtant le fait que seuls deux animaux marins soient représentés (le poulpe et la méduse) soit deux sur 20 animaux ce qui caractérise un rapport de un sur 10. Ceci est compréhensible vue l’altitude de Bogota où les cris de la méduse et du poulpe ne parviennent pas à se hisser jusqu’aux nuages de la « nubeselva ».

Dans cette hypothèse de travail je dois dire que j’ai été un peu surpris par la première planche qui introduit ce bestiaire qui est un ours ! Un ours à lunettes, me semble-t-il (Tremarctos ornatus), animal vulnérable s’il en est et le seul représentant de la classe des ursidés en Amérique Latine.  Que veut-on exprimer de sa vision du monde quand on pose comme un préalable en page de couverture cet ours, sinon un regard écologique ? il y aurait donc bien une morale dans ce bestiaire même si les auteurs ne s’en vantent pas : une morale écologique ?

voyons tout ça de plus près ! Il y a dans ces vingt illustrations un ours (bear, oso, urso) donc, un tapir (tapir, tapir, anta), une araignée (spider, araña, aranha), un renard (fox, zorra, raposa), un colibri (humming bird, colibri, beija-flor), un faucon (falcon, halcon, falcão), une tortue terrestre (tortoise, tortuga, tartaruga), un caméleon (chameleon, cameleon, cameleao), un chien (perro, dog; cachorro) , un vautour (vulture, buitre, urubu), un poulpe (octopus, pulpo, povo), une mite (moth, polilla, traça), un tatou (armadillo, armadillo, tatu), une méduse (jellyfish, medusa, agua-viva), une salamandre (salamander, salamandra, salamandra), un iguane (iguana, iguana, iguana), un loup (wolf, lobo, lobo), un  sanglier (boar, jabali, javali), une bête (beast, bestia, besta) qui tentent d’entrer chacun en résonnance avec un court poéme.

El OSO

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Siempre fui agria

no para su lengua

fluia con recato

si de mi se alejaba

escondia mis néctares

Hasta que él no llegara

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J’ai autrefois connu personnellement dans sa période anglaise Blanca Moreno, il y a donc de cela une trentaine d’années et plus. Et elle s’est rapidement spécialisée dans l’art naturaliste. La nature morte. La nature vivante, peu importe. La nature pleine et entière dans un rapport presque ésotérique à l’eau. A l’instar de Gonzalo Ariza Velez (1912-1995) originaire lui aussi tout comme elle de Bogota elle s’est consacrée à ce que Ariza appelait « la nubeselva » la forêt entre 1400 et 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Comme Ariza    Moreno a emprunté à la tradition japonaise et s’inspire dans Animalario de Katsushica Hokusai (1760-1849), l’homme aux 120 noms, auteur prolifique. J’aime ses représentations de la nature vierge de toute figure humaine ou animale.

Mais il a eu aussi une production de shungas, des planches érotiques  dites images du printemps, des estampes qui mettent par exemple en scène comme ci dessous la célèbre  femme aux deux poulpes-pieuvres.

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Dans Animalia Blanca Moreno s’est inspirée notamment e 3 haikus érotiques dont les illustrations mettent en scène des animaux.

Mais elle compte parmi ses influences tout ce qui touche aussi à l’art islamique naturaliste mohgol et perse et en particulier  l’oeuvre d’  Ustad Mansur (17eème siècle).

J’ai toujours pensé que Blanca Moreno, bien qu’appartenant elle aussi à la sphère de la « nubeselva », avait en elle quelque chose de profond, une écheveau de racines rhizomiques la reliant de manière presque organique à ce que j’appelerais  pour paraphraser nubeselva « la selvarhizofora ». Il me semble qu’il y a un coeur de mangrove nocturne qui pulse en elle. L’élément eau lui est consubstantiel. Je la vois flotter comme un diablotin hybride entre les palétuviers  rouges, s’entremêler dans l’obscur humide aux pieuvres miaulantes dans les racines en échasses où pullule la vie. Les moustiques, les crabes, les palourdes, les huîtres, les hérons !  Sanctuaires de faune et de flore où les fleuves se faufilent comme des papillons-deuil dans la vase dessinant leur souffle à la surface des nuages .

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Et je lui ai fait un jour la remarque qu’on ne voyait jamais apparaître d’animaux dans ses tableaux. Ce à quoi elle m’ a répondu en janvier 2007:

« Sabes?? los animalitos andan metidos detras de las hojas…(de los arboles). Tambien las montañas y bosques viven flotando dentro de mi .. It is always that way that I paint…When I do, I feel boundaries do not exist any more. »

Thus spoke Blanca Moreno, en réponse à mon interrogation sur l’absence étrange d’animaux dans ses tableaux exposés en ce moment à la galerie .

« Les animaux vont et viennent bien installés à l’abri des feuilles… (des arbres). Par ailleurs les montagnes et les bois vivent en flotaison en mon for intérieur… C’est toujours ainsi que je peins… C’est alors que je ressens que les frontières n’existent plus. »

Suite à cette réponse  j’étais écrivait alors ceci :
« Voici Blanca Moreno, que je proclame dès à présent chef de file de l’infra-réalisme merveilleux. Car maintenant tout est fantamagoriquement clair. Son merveilleux ne saurait être accessible qu’à travers l’utilisation de rayonnements infrarouges, ultraviolets et x . Au-delà de l’observation à l’oeil nu qui vous montrera une couche picturale tout à fait normale (si ce n’est quelques craquelures, témoins de l’ancienneté du tableau), je vous invite d’ores et déjà à l’examen de l’un de ses tableaux au microscope binoculaire. Il s’agit du célèbre « Platanillos » (Balisiers) .
Ce dernier montre que la plupart des motifs végétaux du tableau (feuilles, troncs, branches, bractées) du tableau ont été retravaillés ou ajoutés par l’artiste. La réflectographie par infrarouge permet de pénétrer plus en avant dans la couche picturale. L’analyse par cette technique fait apparaître le dessin préparatoire qui se trouve sous la couche de peinture. Par exemple ici on constate que c’est la fin de la saison de pluies, nous sommes entre Pâques et juin, sous chaque feuille s’ébat une colonie de fourmis coupeuses de feuilles rouge orangé en plein vol nuptial par un lendemain de carnaval. L’analyse fait aussi apparaître quelques surpeints au niveau des troncs d’arbres (en fait à l’origine des palétuviers à échasses). On aperçoit aussi des milliers de trous de crabes et des fourmis à gros cul qui s’y aventurent désorientées à la recherche de leur reine. La radiographie révèle une foule de détails : grain, fissures, défauts, vides, joints, ailes, repentirs, ajouts, retouches, mandibules, insectes à l’état de nymphes ou d’imago, etc
Grâce aux rayons X on se rend compte que la tache rouge (la bractée de balisier bordée de poupre et de vert) correspond à une tête de troglodyte siffleur masquée par un surpeint. Si on observe attentivement on découvre qu’elle a été modifiée : elle était au départ peinte de profil.
Oui, bien installée à l’abri des feuilles de balisier c’est une vraie ménagerie de troglodytes qui est ainsi exposée au-delà de la paix apparente de ce paysage tropical de zingibérales idéales : à calotte noire, à gorge brune, à face pale, à long bec, à miroir, à nuque rousse, à poitrine grise, à poitine tachetée, à ailes blanches, à bec court, à bec fin, à tête blanche, à ventre blanc, à ventre noir, arada, austral, barré, bicolore, chanteur, d’Apolinar, de Bewick, de Boucard, de Caroline, de Cobb, de Socorro, de Zapata, des cactus, des canyons, des marais, des rochers, des ruisseaux, des volcans, du Merida, du Sinaloa, du Yucatan, familier, fascié, flûtiste, géant, gris, grivelé, mignon, modeste, montagnanrd, rayé, roux, rufalbin, tacheté, zoné, à favoris, à moustaches, à sourcils roux, à ventre fauve, balafré, bridé, brun, coraya, de Branicki, de Clarion, de Cozumel, de Nava, de Niceforo, de Sclater, denté, des Antilles, des Guarayos, des halliers, des Santa Marta, des tépuis, fauve, ferrugineux, inca, joyeux, maculé, moine, ocre, olivâtre, philimèle, rossignol, zébré.
C’est une vraie explosion de cris et de chants, de queues qui remuent et de couleur qui tente de s’affranchir des bleus et verts et bleus et verts et bruns d’une mangrove décidément indomptable. Puis tout à coup s’impose le silence. Et si l’on prête l’oreille au delà des inflorescences, on entend par delà les mousses et les lichens le chant parfait des troglodytes siffleurs : twit twit twit !!!! Also sprach Blanca Moreno, grande amatrice devant l’éternel de caviar de Santander. »

Du 27 février 2007 au 27 mars 2007 Blanca Moreno exposait à Bogota à la Galeria de Arte Fenalco. L’exposition avait pour titre : Memorias de Lugar. Mémoires de lieu. Elle ajoute alors en préambule à l’exposition :

« Il y a un endroit qui bouge en moi. Parfois c’est le vent qui remue les feuilles vertes de la forêt qui vit dans mes poumons. Parfois encore ce sont des milliers de lumières qui parcourent mon torrent sanguin, frénétiques et délicates comme un roucoulement. Je m’assieds sur une rive ou l’autre et j’observe le va-et-vient. Alors celui qui peint disparaît. Le jeu mystérieux commence et nous sommes plus débordants de vitalité, plus libres et plus vulnérables.
De cette vraie dynamique, vestiges silencieux, surgissent, les peintures. »

Blanca Moreno, 2007

 

Dans Animalia elle utilise la technique ebru  (art des nuages), technique turque de peindre sur l’eau, appelée aussi papier marbré. Cette technique vient elle aussi du Japon  où elle est apparue au XIème siècle sous le nom de suminagashi (encres flottantes) puis s’est répandue à travers l’Asie Centrale à partir de l’Inde pour arriver en Turquie vers le XVIème siècle. Pour réaliser cette technique il faut de l’eau distillée à laquelle on ajoute de la gomme adragante et du fiel de boeuf. Le liquide devient visqueux  (certains préfèrent la poudre d’algues, moi j’imagine bien des gombos, des mucilages).

Les animaux représentés par Blanca Moreno en 2014  dans Animalario forment un bestiaire où chacun des auteurs arrive à cloche-pied pour ne pas emprunter le nuage de l’autre. Il s’agit de ne pas réveiller les animaux, « los animalitos », mais aussi les fieras. La bestia montre les crocs telle une hyène qui ne dit pas son nom. Peut-être cette bestia voudrait-elle simplement elle aussi  à l’heure des grillons (« la hora de los grillos« ), à cette heure si paisible, se retrouver sous les racines en échasses d’un palétuvier rouge à souffler sur l’eau pour simplement faire des vagues d’encre qui feront elles aussi un tableau aléatoire dans la mer des Caraïbes. Mais la question continue, lancinante : les ours à lunettes peuvent-ils décemment surfer sur  les vagues dans la mangrove ?

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