Dans la chanson de nos pères

Dans la chanson de nos pères
 
Monsieur de Malborough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n’en dirait rien  encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
 
Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du joli tambour
Dans la grande cheminée
S’éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son coeur
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez  cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l’ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Hier comme ça sans crier gare cette chanson File la laine  s’est rappelé tout à coup à moi. Elle aurait pu me prévenir et faire retentir d’abord l’appel Scout.
Sont-ils là les éclaireurs, sont-ils là ?
Auquel j’aurais répondu : Ils sont là les éclaireurs ils sont là
Je la chantais au début des années 60 en colonie au chateau d’Hoche ou chez les Eclaireurs ou Louveteaux, je ne sais plus. Je pensais que c’était une chanson médiévale. En fait elle a été écrite en 1948 par Robert Marcy et popularisée par Jacques Douai. Un peu tristounette tout de même. eh oui j’ai été Scout, j’ai été Louveteau. J’ai fait partie de la meute. Je ne me souviens plus très bien de grand-chose. C’était aux temps fort lointains de ma chrétienté. Je croyais probablement dur comme du fer à Dieu, et à la Sainte  Trinité et à la communauté de tous les Saints. Et j’attendais l’hostie comme un dévorant. J’avais fait la promesse  d’aimer Dieu sans cesse, de plus en plus.
A cette époque-là, entre 8 et 11 ans j’étais louveteau, wolf cub en anglais, puis entre 2 à 17 ans éclaireur. J’ai dû abandonner le scoutisme bien avant mes 17 ans. Maintenant que je suis un vieux-loup c’est à moi de transmettre mon acquis aux jeunes louveteaux. J’ai baigné dans l’imaginaire du Livre des Louveteaux de B.P. (Baden-Powell) calqué sur Le Livre de la Jungle, de Rudyard Kipling. Je suis resté fidèle à ma promesse  comme le voulait la devise de Robert Baden-Powell (1857-1941), fondateur du mouvement Scout. J’ai fait de mon mieux ! J’étais toujours prêt. BE Prepared ! n’avait-il pas dit.   Préparé, fin prêt pour la meute, prêt pour la troupe, prêt pour le clan ! Un petit homme d’armes rêvant de devenir un jour chevalier errant, défenseur de la veuve de l’orphelin, des opprimés. Toujours prêt à faire une bonne action. J’étais prêt. Je suis prêt. J’étais un éclaireur. Je suis toujours et encore un éclaireur. Et ma poignée de main je la donne parfois encore de  la main gauche. Et je sais encore faire le salut du scout de la main droite, trois doigts tendus, le pouce se repliant sur l’auriculaire, comme pour le protéger, comme les plus forts protègent les plus petits.
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 « Cela signifie que vous devez avoir l’esprit et le corps toujours en état de faire votre devoir. Prêts pour ce qui est de l’esprit : parce que vous vous serez donné à vous-même la discipline qui permet d’obéir à n’importe quel ordre, et aussi parce que vous aurez d’avance pensé à tous les accidents et à toutes les situations qui peuvent se présenter; ainsi vous saurez au moment voulu ce qu’il y a à faire et vous serez disposés à le faire. Prêts, pour ce qui est du corps, parce que vous vous serez rendu forts, actifs, capable de faire au bon moment l’action qu’il faut faire et que vous la ferez. »

Baden-Powell

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 D’ailleurs l’uniforme de Scout d’antan n’est pas très loin de ce que je porte au quotidien. Je ne porte plus de foulard et je n’aime pas trop les chaussettes, et en particulier les mi-bas blancs, depuis  il y a belle lurette mais j’aime encore les bérets basques et les chapeaux. Je ne sors pas sous le soleil sans mon Stetson. Un short souvent dans des couleurs tirant sur le bleu, le gris ou le vert kaki. Une chemise qui elle n’est pas règlementaire car j’aime les chemises indiennes et les débardeurs. Mais quand il le faut je porte facilement une chemise à manches courtes toujours avec poches. il me faut le côté pratique. J’aime aussi les gilets de pêcheurs et les pantalons de chasseurs. Je dois être toujours prêt. Autrefois j’avais toujours un canif sur moi. Au cas où ! Pas pour blesser mon prochain, ah ça non, pour être prêt à toute situation. Avec décapsuleur, tire-bouchons, ouvre-boite. J’ai toujours adoré les couteaux suisses. Les Opinel , les Laguiole et autres articles de coutellerie. Mais la dernière fois que j’ai été en Suisse en 2010 je n’en ai pas acheté. J’en avais acheté un vers 1998 pour l’offrir à mon beau père d’alors au Brésil. Mais il m’a fait comprendre que détenir un couteau c’était se mettre en situation de tuer quelqu’un  sans le vouloir. Il a refusé de recevoir ce couteau à huit lames que je lui offrais. Cela m’a fait réfléchir. Etre scout c’est bien mais dans le monde brutal où nous vivons il vaut mieux s’abstenir parfois de trop tenter  le diable.
J’aime les couteaux sur mesure, les couteaux personnalisables. Comme ceux de Deejo, la taille de la lame, le manche, les gravures. Ce sont de très beaux outils, des couteaux de poche aux motifs tatoués (années folles, maori, tribal, latino) au laser sur l’acier qui étaient passés de mode. Je me le réapproprie pour m’en servir au quotidien dans ma cuisine. On n’a pas le droit d’avoir une lame sur soi, ni port ni transport. Sauf si on a un motif légitime. Au cas où, se défendre n’est pas un motif légitime.