Et si mon sosa 40 était né à Antigua, en Jamaïque ou en Grenade ?

Eh oui depuis des années je suis bloqué sur l’origine de mon sosa 40 , le père de Monrose Baltimore né vers 1813 à Bouillante. J’ai longtemps soupçonné les liens de ce monsieur Baltimore hypothétique mais qui n’en demeure pas moins vivant dans ma mémoire avec l’île d’Antigua où on retrouve beaucoup de Baltimore à la même époque dans les paroisses de Saint-Philippe et de Saint-Paul où se trouvent les quartiers de Willikies et de Liberta, à l’est d’Antigua. Je pensais qu’il avait pu s’échapper, se faire marron , prendre un canot et se retrouver à Antigua vers 1834 quand l’esclavage y a été aboli. Je me faisais plein d’autres scénarios. Il aurait pu aussi lors de l’abolition anglaise de 1834 partir en Dominique. Il aurait pu lors de l’abolition anglaise en 1834 partir sur l’île voisine de Montserrat. Mon père a bien fait Guadeloupe-Dominique en canot vers 1942 pour entrer en dissidence alors pourquoi pas ce quadrisaïeul inconnu ?

Il aurait pu lors des guerres révolutionnaires avec les émigrés rebelles à la révolution française quitter avec ses propriétaires la Guadeloupe et les accompagner sur un territoire anglais où il se serait ensuite fait la malle. Il aurait pu aussi tout simplement mourir de sa belle mort ou se transformer en mouche des fruits des Caraïbes  (Anastrepha susspensa) sempiternellement réincarnée,  qui sait.

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Mais je n’avais jamais conçu le scénario d’un autre AFRICAN CARIBBEAN venant en Guadeloupe lors des guerres napoléoniennes. Un soldat par exemple.  Quand je l’envisageais la seule île qui me semblait possible c’était Antigua qui fut française et anglaise. J’aurais pu penser à Sainte-Lucie mais j’étais obnubilé par le fait qu’il y avait beaucoup de Baltimore à Antigua dès le 19eme siècle et aucun à Sainte-Lucie ni à la Dominique. J’avais vu aussi des Baltimore aux îles Vierges tant US que GB mais ils provenaient tous de Antigua. Puis un jour j’en ai découvert un né à la Barbade.                    La circulation inter-iles a toujours existé je n’y ai pas pris trop garde. Le scénario Antigua était trop tentant.

il ne me manquait selon moi que le chaînon manquant entre Guadeloupe et Antigua. C’était mon hypothèse la plus séduisante. Ensuite on verrait bien pour le chaînon manquant entre Afrique et Guadeloupe ou Afrique et Antigua.

A Antigua malgré les difficultés pour obtenir les données j’ai pu  déterminer suite à de nombreux appels téléphoniques vers 1998 qu’il y avait une abondante descendance de Baltimore issu du mariage de Charles Baltimore (1882 -1964) et Maria Williams. Ils auraient eu quatre enfants (je dis aurais car je n’ai vu aucun acte de naissance, il ne s’agit que de témoignages oraux obtenus à distance) : trois fils

  • Hilbert, né en 1906 et décédé en 1998,
  • David
  • Vincent ,

et trois  filles:

  • Mabel, née en 1910 et décédée en 1984,
  • Elmida née en ? (épouse Green),
  • Christophine.

La descendance de Hilbert et Fernella est constituée par Melvin (1931), Calvert, Saint-Clair, Alice, Estella, Lawson (1941), Lucy (1943).

Mais j’ai aussi des Alvin Baltimore (1929) David Baltimore (1929). J’ai aussi un autre Charles Baltimore qui serait né vers 1890 et qui aurait épousé une Alice originaire de Saint-Kitts née en 1905. Il y a une Alice née aussi en 1892 et décédée en 1965.

Et voilà que ce matin pris par une intuition subite je décide de fouiller dans les archives anglaises du National Archives anglaises.  Je suis redirigé sur Ancestry.com dont j’étais membre il y a bien une vingtaine d’années quand je recherchais les Baltimore US et que je pensais que nous avions des ancêtre communs. et voilà je mets Baltimore comme prénom sur les All slaves registers of  former British Colonial Dependencies 1813-1834 et ne voilà -t-il pas que du fond de l’obscurité m’apparaissent 3 Baltimore plus la mère de l’un d’entre eux.

  • sur l’habitation  dont les trustees sont Jonathan Harrison et Charles Nicholas Pallmer,  indenture, en Jamaïque dans la paroisse de Vere un Baltimore mâle né en 1762 en Afrique  (55 ans en 1817)
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  • sur l’habitation Chesterfield de Henry Parker Esquire en Jamaïque dans le paroisse de Vere un Baltimore mâle né vers 1765 en Afrique meurt en 1826 à l’âge e 61 ans.

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  • sur l’habitation Belvedere de Thomas Duncan dans le paroisse de Saint-john  il y a en 1834 un  garçon de 6 mois dont la mère se prénomme Hannah. Cette Hannah est âgée de 26 ans probablement mais il ya une autre Hannah qui est âgée de 41 ans.CSUK1817_133711-00641
  • sur l’habitation Gouyave et Maran dans la paroisse Saint-Jean et Saint Marc appartenant à Thomas Duncan il y a un enfant de six ans nommé Baltimore  et né en 1828CSUK1817_133711-00636
  • CSUK1817_133711-00637

A vrai dire les Baltimore de Jamaïque ne m’étaient pas inconnus car j’avais eu l’occasion de me rendre compte qu’il y en avait une bonne quantité mais je ne sais plus pour quelle raison je ne croyais pas à un possible lien de famille. J’en ai tout de même noté quelques uns par acquit de conscience sans toutefois étudier leur descendance. De la même façon il y avait des Baltimore à Porto Rico mais de toute évidence selon moi ils provenaient des Iles vierges US ou UK via Antigua. Il y en avait aux Bahamas  sur les îles Andros mais je pensais plus à des Baltimore US venu s’installer aux  tropiques. Idem pour ceux que j’avais repéré à un certain moment à Cuba.

Il faut parfois faire des choix. Mon choix c’était d’abord d’être bien au clair sur ceux de Guadeloupe et de trouver une explication plausible pour:

les descendants de Marie BALTIMORE née en 1854 (on ne sait où) et retrouvée à Cercier en Haute-Savoie  en 1894 à la naissance de sa fille des oeuvres  d’un monsieur Joseph BERTHOUD (1859).

les descendants de Parfait Désiré BALTIMOR (maçon, tailleur de pierre) né vers 1851 (on ne sait où) et que l’on retrouve au moins à partir de 1872 dans l’Orne à Préaux-sur-Perche avec Mélanie Félicie ELUARD avec qui il aura deux filles

les descendants de Henriette Clémentine BALTIMORE née le 27 janvier 1833 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) de  père et mère inconnus. (témoin Théodore Casse)

les descendants de François BALTIMORE qui épouse Marie PROTTEAU à Rochefort (Saint-Louis) (Charente-Maritime) en 1702

Désormais j’ai du temps. Je vais disséquer, éplucher les registres, les tables décennales, les recensements, les dénombrements  consciencieusement, tranquillement, systématiquement. Je prendrai le temps qu’il faudra  et qui sait s’il n’y aura pas un jour une éclaircie, un mabouya qui me remette sur le droit chemin de  la trace perdue

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