Le repas d’Offenbach en vingt-cinq tableaux

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C’était pourtant annoncé dans On va sortir à Saintes.

« Le repas d’Offenbach « :

le pâté spécial de Brabant

le rosbeef

la poularde

la tarte à la crème

le Morgon, le champagne …

 

seront réellement sur scène

avec les classes de chant lyrique

du conservatoire de Saintes ,

direction Martine March ,

Cédric Burgelin au piano .

une fringale incontrolable dans les jardins de l’Hostellerie Saint Julien (derrière la médiathèque ).

un très beau moment musical à partager

une deuxième répresentation le dimanche à 18h30

proposée sur Saintes et La Rochelle

Samedi à 20h30 et dimanche à 18h30 il y aurait un repas Offenbach. Ma chère et tendre m’en avait même prévenu deux semaines auparavant en me tendant un prospectus A la découverte d’Offenbach et du 19e siècle. Du 29 mai au 12 juin 2018. Avec écrit en gros entrée gratuite, le tout organisé par la Ville de Saintes. Mais occupé par autre chose je n’avais lu que d’un air distrait la chose sans trop m’y investir. Et puis samedi il y avait au même horaire France USA en football. Oh je n’ai même pas eu de dilemne. Je me suis dit peut-être que le temps était capricieux et qu’un repas dans le jardin de l’Hostellerie était un peu risqué. Et puis aussi une raison subliminale : je suis végétarien ! Comment allais-je pouvoir voir ces messieurs et dames du chant d’art lyrique se goinfrer en live devant moi de victuailles odorantes, charnelles et hautement appétissantes comme pâté, poularde et rosbeef fussent-ils estampillés Offenbach, moi qui de surcroit ne mange pas le soir ? Tel était le pitch :

Spectacles : Offenbach au menu
Les élèves de la classe de chant d’art lyrique du conservatoire invitent le public à un souper mondain du 19e siècle. Au menu: de somptueux plats accompagnés de non moins somptueux crus, le tout arrosé d’extraits de pièces et d’opéra bouffe à la drôlerie irrésistible et à l’humour décapant de Jacques Offenbach. Un cancan endiablé terminera en apothéose cette soirée placée sous le signe de la fête et de la joie , symbolisant le renouveau de la Vie Parisienne au Second Empire. Direction artistique : Martine March, artiste lyrique / Piano : Cédric Burgelin
Si météo défavorable, concerts aux m^mes horaires, salle de l’Etoile, L’Hostellerie
Gratuit. Sans réservation
Attention, jauge public limitée, refus possible

Ma chère et tendre s’est présentée trop tard le samedi et est rentrée le ventre vide. Il n’y avait plus de place. Le spectacle affichait complet. J’ai regardé tranquillement mon match. Le lendemain j’ai complètement oublié la chose. Elle est partie cette fois-ci de bonne heure pour ne pas être refoulée comme la veille et a pu assister au spectacle. Elle en est revenue ravie. Je vais donc vous raconter un spectacle que je n’ai pas vu mais je l’ai vécu à travers du feedback que m’en a fait ma chère et tendre.

En fait le spectacle était un port-pourri, un medley des oeuvres de Jacques Offenbach (1819-1880). L’ossature c’était :

La vie parisienne

Monsieur et madame Denis

Geneviève de Brabant,

La Grande Duchesse de Gerolstein,

La Créole,

Pomme d’Api,

La Chanson de Fortunio,

Robinson Crusoé,

Whittington et son chat,

Dragonnette,

Le voyage de Monsieur Dunanan

Madame Favart,

L’Île de Tulipatan,

La Périchole

Voyage dans la Lune,

Madame l’Archiduc

Tarte à la Crème.

L’idée du spectacle c’est de proposer un banquet mondain composé de plats en fonction de chaque extrait d’opéra bouffe (c’est le cas de le dire) ou comique ou d’opérette. Réunis autour d’une table géante les convives vêtus de costumes d’époque mangent et boivent vins, liqueur, eau, Champagne et punch. Même les deux chefs qui arborent toque et blouse blanches sont attablés . Des crêpes postiches volent et les sopranos Jenny Jacquet et Agnès Fouché défient remarquablement les limites des aigus.

Alors voilà le menu : pâté de Brabant accompagné de thé ou d’eau de source ou de Morgon. Moi j’ai choisi Morgon. Ma mie aussi. Pas de pâté pour nous. Ensuite il y avait au choix côtelettes grillées façon pomme d’api, rosbeef archiduc, poularde à la créole ou pot au feu Robinson. J’allais me laisser tenter par le rosbeef quand je me suis souvenu que j’étais végétarien. J’ai donc pris un petite assiette de pot-au-feu sans viande, juste les légumes. Madame n’a rien pris. Par contre elle s’est rattrapée sur les desserts. Il y avait des crêpes à la Dunanan, la tarte à la crème, l’échaudé Favart, la petite fruitière et les pommes de la lune. J’ai pris deux desserts : les crêpes  et l’échaudé qui me faisait penser au   chaudeau de Marie-Thérèse. Madame de après avoir  sifflé la bouteille de Champagne des troupiers se prit tout à coup pour la veuve du colonel. Puis la seconde d’après se fit soudainement polissonne. Elle se mit à chanter en faisant virevolter au dessus des bouches et nez des convives ébaubis sur la table ses jupons sens dessus sens dessous comme un tutu : Je suis un peu grise.

En sortant de ces vingt-cinq tableaux gargantuesques j’avais une petite faim. Je ne mange pourtant pas le soir. Mais tout cet Offenbach que je n’avais pas vu m’avait creusé. J’avais une petite faim. C’est ainsi que l’on se retrouva Aux Congés Payés, bar à soupes végétarien près de l’Arc de Triomphe de Saintes où après avoir commandé deux bières à la pomme je me suis offert un croque- monsieur aux champignons, aux épinards et au cheddar tandis que madame de, ex veuve de Colonel, qui avait recouvré ses esprits à temps se délectait avec un croque-monsieur aux courgettes, chèvre et herbes de Provence.

Ah la vie parisienne au   XIXe siècle c’était  épatant mais celle du   XXIe siècle à Saintes n’en est pas moins folle !

 

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