Les feux de la Saint-Jean no sertão do Gâtinais : ode to José Maria

Que sont devenus les feux de la Saint-Jean? MOI JEAN-MARIE, DONC JEAN COMPOSÉ, JE M’INTERROGE CAR C’EST MA FÊTE, LA SAINT-JEAN. SAINT JEAN BAPTISTE, COUSIN DE JESUS, NE SIX MOIS AVANT LUI. C’est la fête de tous les Jean, les John, les Juan, les Giovanni, les Yann, les Jehan, les João….

Autrefois à la Saint-Jean les jeunes filles remplissaient une bassine d’eau et se concentraient pour y voir apparaître le contour de leur futur mari, celui que Saint Jean leur avait réservé. AUTREFOIS C’ÉTAIT À QUI SAUTERAIT LE PLUS HAUT AU DESSUS DES BÛCHERS DRESSES POUR CONQUERIR LE COEUR DE CES JOUVENCELLES

D’AUTRES GRIMPAIENT AU MAT DE COCAGNE POUR MONTRER LEUR HARDIESSE DEVANT CES GENTES DEMOISELLES EN HAUTE PAMOISON.

Disparus des campagnes à tel point qu’on se demanderait presque s’ils ont jamais existé. C’était autrefois les feux qu’on allumait au solstice d’été pour fêter les moissons. On dansait autour d’énormes brasiers, on buvait, dansait et mangeait. Il y a bien la fête de la musique mais elle n’a pas cette dimension bucolique. Autrefois on savait que Saint Pierre le 29 juin était le saint patron des veuves et des femmes célibataires que Saint Antoine avait délaissées. Antoine le 13 juin présidait aux amours et au mariage et Saint Jean dans la nuit du 23 au 24 juin répandait sa braise. Leurs rôles étaient bien répartis. On les invoquait, les priait. Que de litanies furent prononcées au mois de juin. Là c’était le maïs là, c’était le blé qu’on remettait au bon vouloir des divinités agrestes. Cérès veillait sur les semailles et les récoltes de céréales. C’était au temps où fiançailles, épousailles semailles et funérailles rimaient ensemble et chantaient toutes en choeur avec buvaille et mangeaille.

Au Brésil la Saint-Jean reste synonyme de prières exaucées, de voeux réalisés, de canjica, de forro, de feux de joie de l’hiver, de liqueur de génépi, de quadrille, de cacahuète, de maïs et d’ orange. Mais ici en France à défaut de canjica nous avons chanté la Paella. Quem não tem canjica se vira com Paella.

En cette année de grâce 2018 de notre ère j’ai passé une excellente Saint-Jean placée sous le signe des retrouvailles, de la mangeaille et de la buvaille mais aussi et surtout autour des funérailles. C’est donc autour d’une paella de 90 cm de circonférence dans le sertão du Gâtinais à La Merville, lieu dit dépendant de Pers-en-Gatinais dans le Loiret que nous nous sommes retrouvés pour célébrer la mémoire de l’artiste José Maria Piquer (1926-1979). La veuve de ce dernier, Andrée, et leurs deux fils ainsi qu’ une foule d’amis qui avaient à un moment de leur vie croisé l’artiste, étaient venus nombreux. C’était aussi pour moi un moment de retrouvailles avec un copain d’école que j’avais plus revu depuis 50 ans, Ariel Antona. Moment aussi de découverte avec la mère d’Ariel, Angelina qui nous apprit que sa fille Violetta Cousin et le mari de cette dernière Charles Cousin demeuraient comme nous dans l’Etat de Bahia entre Salvador et Cachoeira. Et que Violetta était adepte du candomblé. Mieux encore. Angelina habitait au-dessus de mon frère Patrick à Sceaux-les-Blagis. Autre rencontre extraordinaire: un autre polyglot trotter Alain Faure me racontait sa vie qui paraissait un roman d’aventure aux parfums de punch rare de pomme liane. GUADELOUPE, GUYANE, ETATS-UNIS, ALLEMAGNE. Une hôtesse de l’air Dominique racontait sa vie entre États-Unis, Argentine, Inde, France et Espagne. Tout cela autour de flûtes de Champagne Philippe Fays et de bon vin qui coulaient à flots. A l’ombre des noyers plana alors le chant invisible de Bobbie Gentry (1944) et son Ode to Billie Joe (1967) qui me revint soudain en tête en parlant avec Alain qui l’avait intimement connue. Je la transformai en Ode to José Maria. Le fleuve Mississippi était devenu Loing. Du 3 juin on était passé au 21 juin. Ce n’était pas un adolescent qui s’était suicidé du pont Tallahatchie mais un fumeur invétéré de cigarettes qui avait connu une mort précoce.

It was the third of June,
another sleepy, dusty Delta day.
I was out choppin’ cotton
and my brother was balin’ hay.
And at dinner time we stopped,
and we walked back to the house to eat.
And mama hollered at the back door
« y’all remember to wipe your feet. »
And then she said she got some news this mornin’ from Choctaw Ridge
Today Billy Joe MacAllister jumped off the Tallahatchie Bridge.

Papa said to mama as he passed around the blackeyed peas,
« Well, Billy Joe never had a lick of sense,
pass the biscuits, please. »
« There’s five more acres in the lower forty I’ve got to plow. »
Mama said it was shame about Billy Joe, anyhow.
Seems like nothin’ ever comes to no good up on Choctaw Ridge,
And now Billy Joe MacAllister’s jumped off the Tallahatchie Bridge

And brother said he recollected when he and Tom and Billy Joe
Put a frog down my back at the Carroll County picture show.
And wasn’t I talkin’ to him after church last Sunday night?
« I’ll have another piece of apple pie, you know it don’t seem right.
I saw him at the sawmill yesterday on Choctaw Ridge,
And now you tell me Billy Joe’s jumped off the Tallahatchie Bridge. »

Mama said to me « Child, what’s happened to your appetite?
I’ve been cookin’ all morning and you haven’t touched a single bite.
That nice young preacher, Brother Taylor, dropped by today,
Said he’d be pleased to have dinner on Sunday. Oh, by the way,
He said he saw a girl that looked a lot like you up on Choctaw Ridge
And she and Billy Joe was throwing somethin’ off the Tallahatchie Bridge. »

A year has come ‘n’ gone since we heard the news ’bout Billy Joe.
Brother married Becky Thompson, they bought a store in Tupelo.
There was a virus going ’round, papa caught it and he died last spring,
And now mama doesn’t seem to wanna do much of anything.
And me, I spend a lot of time pickin’ flowers up on Choctaw Ridge,
And drop them into the muddy water off the Tallahatchie Bridge.

Je ne sais l’heure à laquelle Jose Maria Piquer était passé de vie à trépas mais le poème de Federico Garcia Lorca A las cinco de la tarde qui raconte la mort d’un torero prit place en moi. Ignacio Sanchez Mejias et José Maria Piquer ne faisaient qu’un.

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A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.

El viento se llevó los algodones
a las cinco de la tarde.
Y el óxido sembró cristal y níquel
a las cinco de la tarde.
Ya luchan la paloma y el leopardo
a las cinco de la tarde.
Y un muslo con un asta desolada
a las cinco de la tarde.
Comenzaron los sones de bordón
a las cinco de la tarde.
Las campanas de arsénico y el humo
a las cinco de la tarde.
En las esquinas grupos de silencio
a las cinco de la tarde.
¡Y el toro solo corazón arriba!
a las cinco de la tarde.
Cuando el sudor de nieve fue llegando
a las cinco de la tarde
cuando la plaza se cubrió de yodo
a las cinco de la tarde,
la muerte puso huevos en la herida
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
A las cinco en Punto de la tarde.

Un ataúd con ruedas es la cama
a las cinco de la tarde.
Huesos y flautas suenan en su oído
a las cinco de la tarde.
El toro ya mugía por su frente
a las cinco de la tarde.
El cuarto se irisaba de agonía
a las cinco de la tarde.
A lo lejos ya viene la gangrena
a las cinco de la tarde.
Trompa de lirio por las verdes ingles
a las cinco de la tarde.
Las heridas quemaban como soles
a las cinco de la tarde,
y el gentío rompía las ventanas
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
¡Ay, qué terribles cinco de la tarde!
¡Eran las cinco en todos los relojes!
¡Eran las cinco en sombra de la tarde!

 

Vers 3 heures ce fut l’heure e passer à table et de déguster la Paella de Gaston, frère du défunt. Ce n’était pas une paella c’était une paellissima bellissima !

Avant la Paella des mises en bouche avaient proposées pour accompagner vins ou champagne. Il s’agissait de légumes frais coupés en petites portions que l’on trempait dans de la mayonnaise maison. J’ai apprécié les radis, les fanes de radis, les courgettes, le fenouil, le chou-fleur. Delícia. La Paella proposée était à base de poulet, crevettes, moules, petits pois, riz et chorizo épicé. Délicieuse. Puis vint le dessert . Un mélange de glace à la mangue, de granité au Cinzano, de mûres et de framboises, de papaye et de pastèque. Moi le gourmand j’ étais aux anges, rassasié, repu, heureux. DANS LES NUAGES SUBTILS DE LA SEPTIEME DIMENSION GASTRONOMIQUE ET SOCIALE JE CONNUS L’OUVERTURE DU PERICARDE ET LA COHÉRENCE CARDIAQUE. Nous étions dans la roça de Gatinais. Ai não me aguentei mais e comecei a dançar quadrilha na minha mente ao redor do puf de Mijanou Bardot com o som de  Mastruz com Leite. Melhor do que esse São João de hoje so aquele que vivi na roça da Chapada Diamantina alguns anos atras entre Rio de Contas e Livramento de Nossa Senhora (Bahia) com meu amigo falecido Jaldo e a esposa Jaciara.

Ah je peux vous dire que ma langue a chanté et sauté-maté sur le xote et le baião de ce São João octombule.

Je sirotais en sourdine avec Luiz Gonzaga et je vis dans ma flûte le champagne devenir licor de genipapo dont les bulles effervescentes se transformaient en ballons multicolores.

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

 

Foi numa noite igual a esta
Que tu me deste o coração
O céu estava assim em festa
Pois era noite de São João

Havia balões no ar
Xote, baião no salão
E no terreiro o teu olhar
Que incendiou meu coração

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

 

Nous n’avons dansé ni forro,  ni quadrille, ni zarzuela, nous n’avons pas chanté mais ce fut une fête mémorable que ce 23 juin 2018. Nous eûmes même droit à une exposition des oeuvres de José Maria Piquer autour de la grande salle et son imposante cheminée où nous sommes retrouvés à 31. TOUTE L’OCTOMBULIE SE TROUVAIT RÉUNIE. LE JOURNAL DE MINUIT ET DES POUSSIÈRES L’ OCTOMBULE AVAIT DÉLÉGUÉ SES PLUS FINS OCTOMBULISTES DE FRANCE, DE SUISSE, D’ESPAGNE, DE NAVARRE, DU BRÉSIL, D’ARGENTINE ET DE GUADELOUPE POUR COUVRIR L’ÉVÉNEMENT MAJEUR DE LA SAINT-JEAN 2018 ORGANISÉ PAR LES DEUX FREROTS BROTHERS ET LEUR UNCLE IN CHEF GASTON D’ARCACHON.