Não se fazem mais antigamentes como antes

O tempo passa, o tempo voa e a poupança Bamerindus continua numa boa, é a poupança Bamerindus, dus, dus, dus

Je me souviens encore comme d’hier de ce jingle brésilien vantant la traditionnelle épargne proposée par la feue banque Bamerindus (Banco Mercantil e Industrial do Parana) créée en 1929 et dont le slogan était « gente que faz ». Je n’ai jamais eu de compte à cette banque . J’ai eu des comptes à Banco do Nordeste, Banco Santander, Banco Itau, Banco Real, Banco Franco Brasileiro et je n’ai jamais de ma vie épargné un kopeck. Mais cette chanson m’a marqué par son humour un peu noir rétrospectivement puisque la banque a fait lamentablement faillite.

NÃO SE FAZ MAIS ANTIGAMENTES COMO ANTES est une phrase que je trouve admirable. Littéralement « on ne fait plus d’autrefois comme avant » ou « on ne fait plus de jadis comme autrefois ». Ou « antigamente » et « jadis » qui sont des adverbes deviennent des substantifs et en conséquence prennent le s du pluriel.

En français cela passe un peu inaperçu dans la graphie puisque « jadis » et « autrefois » prennent déjà un s dans leur forme invariable. Par contre on pourrait rendre le même effet avec la phrase « on ne fait plus d’hiers comme avant ». Ou « on ne fait plus d’avants comme au temps jadis ». Sauf qu’ici « avant » a une existence en temps que substantif ce qui dévoierait la phrase et lui ferait dire ce qu’originellement elle ne voulait pas dire.

Tout cela pour vous parler de tôle émaillée. VOUS ME DIREZ MAIS QUEL EST LE RAPPORT AVEC LA BANQUE? AUCUN. JE VAIS OÙ MES PENSÉES ME MÈNENT AU FIL DU VENT. ET DE « ANTIGAMENTES » À « BAMERINDUS » JE SUIS ARRIVÉ À « POT DE CHAMBRE EN TÔLE ÉMAILLÉE ». CE SONT LES GRANDES MANOEUVRES DE L’ESPRIT QUI S’ÉGARE PROGRESSIVEMENT DANS LES DÉDALES DU PASSÉ INFINI.

Ce matin un plat en tôle émaillée m’est revenu à l’esprit et tout de suite après un pot de chambre, un seau d’aisance, un broc à eau, une timbale et une bassine, un bassin de chambre, une cafetière. Le tout en tôle émaillée. La tôle émaillée ce n’est pas de la porcelaine, ce n’est pas de la faïence, ce n’est pas du fer-blanc, ce n’est pas de l’aluminium. C’est de la tôle émaillée. Léger, incassable résistant aux intempéries ce matériau eut son heure de gloire jusque vers la fin des années 50 quand il fut remplacé par le plastique. Je ne sais trop quelle était l’émaillerie qui fournissait les Antilles. Était ce Japy, était-ce Godin, était-ce l’émaillerie alsacienne ou parisienne? Ce n’était pas de la porcelaine mais de l’émail, ce n’était pas des bibelots, ni des biscuits ni des articles ménagers de luxe. Non c’était tout simplement du fer-blanc émaillé. Les Brésiliens ont un mot pour dire fer-blanc qui est Flandres. MAIS LAISSONS LE PLAT PAYS OÙ IL EST. JE ME SOUVIENS QU’AU PETIT MATIN QUAND J’ÉTAIS PETIT ON DÉVERSAIT LES SEAUX D’AISANCE DIRECTEMENT DANS LA MER QUI PRENAIT ALORS UN ASPECT DE TÔLE ÉMAILLÉE MALODORANTE DONT RAFFOLENT LES POISSONS. CELA EXPLIQUE PEUT-ÊTRE POURQUOI PENDANT LONGTEMPS J’AI ASSOCIÉ L’ODEUR DU POISSON À L’ODEUR D’UNE MER PUTREFIEE.