Homme à fossettes, hou la la, homme à …

Ne soyez pas jaloux, quoi. Est-ce ma faute si les fées se sont penchées sur mon berceau et m’ont doté de cet instrument parfait, de ce bel organe qui fait resplendir et rougir les joues de tout un chacun. Merci aux fées , merci aux divinités, merci aux génies de m’avoir ainsi entre tous élu homme à fossettes ! Fossettes toujours au pluriel, les jumelles, l’une à droite l’autre à gauche. Parfaitement parallèles et équilibrées. Empreintes du doigt des anges, N’allez surtout pas croire que c’est génétique. Explication oiseuse et superfétatoire, s’il en est. Non, chers messieurs de la Faculté, ne vous en déplaise, mon grand zygomatique n’est ni déformé ni plus court qu’un autre et le rapport entre mes pommettes et la commissure de mes lèvres n’est pas la cause de cette petite dépression enjouée et juvénile. Homme à fossettes, dimple man, homem com covinhas, hombre de hoyuelos, excusez du peu. Je suis un envoyé spécial sur Terre. Ma mission est une bénédiction dyonisiaque : sourire et faire sourire.

Mais voyez-vous, la Nature qui sait ce qu’elle fait m’a doublement doté. Car je suis aussi des rares ceux qui possèdent des fossettes d’Apollon ! Vous ne connaissez pas ? Disons alors que je suis doté du losange de Michaelis. Vous ne voyez toujours pas ! eh bien disons alors en anglais que je possède un rhombus of Michaelis. Toujours rien ? Bon  je vous explique. C’est anatomique, docteur Watson. Vous voyez l’épine dorsale , vous descendez vous descendez juste au-dessus du sillon interfessier, vos joues du bas si vous préférez, vous verrez deux petites dépressions de chaque côté qui relient l’os iliaque du pelvis au sacrum de l’épine et qui forment un cerf-volant. Fossae lumbales laterales, sacral dimples fossettes sacro-iliaques. C’est Phoebus lui-même, fils de Zeus et Léto, qui les a creusées là ces fossettes d’ Apollon, Apollo holes, back dimples, butt dimples, salières de Vénus chez ces dames, salières d’Apollon chez ces messieurs. Et n’allez pas appeler ça des poignées d’amour, espèce d’impertinent. Non ce sont mes thumb handles, zoné érogène de mon rhomboïde intime s’il en est que jamais je ne percerai de piercing comme certains. Ni en haut ni en bas. D’ailleurs je ne les vous montrerai pas, mon rhombus, mon cerf-volant secret. Laissez-le flâner tranquillement dans l’alizé apollonien de mes hanches, mon sourire d’en bas.