Sus au sans !

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La préposition « sans » est à la mode bio. On voudrait au nom  de principes forts sains apparemment : un vin sans sulfites, un œuf sans albumine, un savon sans phosphates. Un steak sans viande, une tomate sans pesticides, une christophine sans chlordécone, un bouillon cube déshydraté aux légumes bio sans sel, sans lactose, sans gluten, sans huile de palme, sans exhausteur de goût, sans arômes artificiels, un miel sans glyphosate, du chocolat en poudre sans gluten, une eau de source sans nitrates, un spray désinfectant sans javel, une crème de douche hydratante sans sulfates, un savon végétal sans parabène, une pâte à tartiner cacaotée sans huile de palme, du muesli sans sucres ajoutés, des frites sans matières grasses, des sardines sans arêtes, du colza sans néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, du maïs sans ogm, de la bière sans alcool, des chips sans glutamate de sodium, bref j’en passe des vertes et des pas mûres. Je ne vous cache pas que je m’interroge sur ce que je mange. Puis-je encore faire confiance aux étiquettes et aux labels ? Car sans ne veut pas toujours dire zéro.

J’essaie tant que faire se peut de limiter les dégâts en consommant le plus possible bio ou sans engrais mais sans toutefois me faire trop d’illusions. C’est le marché qui commande.