Qui imagine un seul instant le gorille adjoint au direcab du général de Gaulle mis en examen ?


De Gaulle et ses gorilles, est un film de 52 minutes réalisé par Frédéric Decossas et Renaud Fessaguet en 2010.

N’est pas général de Gaulle qui veut ! J’imagine mal le général de Gaulle faire le fier à bras et défier l’opposition par un tonitruant qu’ils viennent me chercher télévisuel à la Maison e l’Amérique Latine! J’imagine mal le général de Gaulle clamer à cors et à cris que son gorille n’est et n’a jamais été une fois de plus son amant. J’imagine mal le général de Gaulle ironiser sur une prétendue double vie avec le président de la RTF !

Mais il est vrai que je suis de l’ Ancien Monde et non du monde de l’En-même-temps ! Je suis du temps de la marine à voile et il semblerait maintenant que les hors-bord ultramodernes sont en même temps à voile et à moteur !

J’imagine mal le psychodrame qui porterait le bon, preux et fidèle chevalier-général Charles à confier à la presse mon gorille m’a trahi. J’imagine Simone revenir de l’Outre-Tombe de l’Ancien Monde et porter plainte devant la justice pour calomnies.

Le Général de Gaulle a eu en tout et pour tout sur la période du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969 trois direcabs : René Brouillet (1959-1961), Georges Gallichon (juillet 1961 à janvier 1967) et Xavier Daufresne de la Chevalerie (janvier 1967 à avril 1969) si l’on en croit l’article d’ Eric Chiaradia Entourage du général de Gaulle à l’Elysée (8 janvier-1959 au 28 avril 1969)

Qui imagine à la Libération quelqu’un de l’entourage du général de Gaulle à l’époque du GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française) (25 août 1944 au 21 janvier 1946) mis en examen ?

Cabinet du Président

Directeur : Gaston Palewski (le gaulliste préhistorique)

Directeurs adjoints : René Brouillet, Geoffroy de Courcel (commissaire de la République en mission) jusqu’en avril 1945 ( ?), Louis Vallon (à compter de janvier 1945)

Chargés de mission : Michel Debré (à compter d’avril 1945), François de Langlade, André Malraux (d’août à octobre 1945), Jean Monnet, lieutenant-colonel Georges Spillman , Albert Chavanac , René Divin

On essaie ici et là de sous-estimer les tâches d’ Alexandre Benalla, gorille et en même temps chargé de mission auprès du directeur de cabinet de la Présidence de la République.

Qui imagine Michel Debré mis en examen ? Qui imagine André Malraux mis en examen ? Qui imagine Jean Monnet mis en examen ?

Qui imagine l’un des quatre gorilles historiques du général de Gaulle (Paul Comiti, Roger Tessier, Henri Djouder, René Auvray ainsi que gorille remplaçant de ce dernier Raymond Sasia) mis en examen ?

Alexandre Bénalla écrira-t-il un jour comme Roger Tessier : J’étais le gorille du général (éditions Perrin, 2002) ? Ou préfèrera-t-il écrire comme Raymond Sasia : Mousquetaire du Général (Editions Guéna, 2010)

et quand un jour viendra le moment de l’adieu, le verra-ton porter vers sa dernière demeure Pèpère comme le firent le 12 octobre 1970 à Colombey-les-Deux-Eglises les quatre gorilles du Général ?

Mais n’est pas général qui veut, dans l’ancien monde préhistorique comme dans le nouveau post-moderne ! Par contre le gorille ténébreux suspendu pourra peut-être aisément se reconvertir au cinéma dans un rôle balzacien à sa mesure dans un film comme Les Pieds-Nickelés ou Les Tontons Flingueurs du Nouveau Monde. Moi en tout cas je le vois bien jouer dans un remake de l’adaptation cinématographique de l’ouvrage Il gattopardo de Guiseppe Tomasi di Lampedusa le prince Tancrède Falconeri, neveu du prince Salina, joué par Alain Delon dans Le Guépard (1963), de Luchino Visconti avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale. Je le vois bien valser sur la musique de Nino Rota !

Et pour terminer cette chronique qu’on pourrait intituler splendeur et misère d’un gorille charmant je vous propose d’écouter à nouveau la chanson de Georges Brassens : Le gorille

C’est à travers de larges grilles que les femelles du canton

Contemplaient un puissant gorille, sans souci du qu’en-dira-t-on

Avec impudeur, ces commères lorgnaient même un endroit précis

Que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici

Gare au gorille!

Tout à coup la prison bien close où vivait le bel animal

S’ouvre, on n’sait pourquoi. Je suppose qu’on avait dû la fermer mal

Le singe, en sortant de sa cage dit « C’est aujourd’hui que j’le perds! »

Il parlait de son pucelage, vous aviez deviné, j’espère!

Gare au gorille!

L’patron de la ménagerie criait, éperdu: « Nom de nom!

C’est assommant car le gorille n’a jamais connu de guenon! »

Dès que la féminine engeance sut que le singe était puceau,

Au lieu de profiter de la chance, elle fit feu des deux fuseaux!

Gare au gorille!

Celles-là même qui, naguère, le couvaient d’un oeil décidé,

Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère de la suite dans les idées

D’autant plus vaine était leur crainte, que le gorille est un luron

Supérieur à l’homme dans l’étreinte, bien des femmes vous le diront!

Gare au gorille!

Tout le monde se précipite hors d’atteinte du singe en rut,

Sauf une vielle décrépite et un jeune juge en bois brut;

Voyant que toutes se dérobent, le quadrumane accéléra

Son dandinement vers les robes de la vieille et du magistrat!

Gare au gorille!

« Bah! soupirait la centenaire, qu’on puisse encore me désirer,

Ce serait extraordinaire, et, pour tout dire, inespéré! »;

Le juge pensait, impassible, « Qu’on me prenne pour une guenon,

C’est complètement impossible » La suite lui prouva que non!

Gare au gorille!

Supposez que l’un de vous puisse être, comme le singe, obligé de

Violer un juge ou une ancêtre, lequel choisirait-il des deux?

Qu’une alternative pareille, un de ces quatre jours, m’échoie,

C’est, j’en suis convaincu, la vieille qui sera l’objet de mon choix!

Gare au gorille!

Mais, par malheur, si le gorille au jeu de l’amour vaut son prix,

On sait qu’en revanche il ne brille ni par le goût, ni par l’esprit

Lors, au lieu d’opter pour la vieille, comme l’aurait fait n’importe qui,

Il saisit le juge à l’oreille et l’entraîna dans un maquis!

Gare au gorille!

La suite serait délectable, malheureusement, je ne peux

Pas la dire, et c’est regrettable, ça nous aurait fait rire un peu

Car le juge, au moment suprême, criait: « Maman! », pleurait beaucoup,

Comme l’homme auquel, le jour même, il avait fait trancher le cou

Gare au gorille