Bruxelles et le mystère des six boîtes noires et du cheval de bois polychrome

Je suis à Bruxelles depuis hier soir. Arrivée à Bruxelles Midi.

Métro 2 direction Élisabeth, huit stations jusqu’ à Botanique. Nous avions réservé pour trois nuits via booking.com dans un apart-hotel BCCA (Bruxelles City Center Appartments) 34 rue de l’Association. Malheureusement suite à des retards dans les transports notre arrivée qui était prévue pour environ 16 h s’est effectuée vers 21h10. Et là, catastrophe. Tout est fermé. On appuie sur le bouton pour appeler le veilleur de nuit: personne.

21 heures il faut appeler un numéro pour avoir les clés et le code d’entrée dans l’immeuble. Mon téléphone est déchargé . J’appelle sur celui de ma compagne qui est en meilleur état. On me dit que j’ai reçu tous les renseignements par e-mail. Et que je dois récupérer les clés de l’appartement dans l’une des six boîtes noires que je trouverai au bout du couloir en bas de l’escalier. J’aurais reçu le code de la boîte et le numéro de l’ appartement via email. Je me souviens bien avoir reçu des emails mais aucun numéro d’appartement ni aucun code. Il consent toutefois à me donner le code d’entrée de l’immeuble. La porte s’ouvre, alleluiah.

Je lui dis que je vais consulter mes mails. Je lui dis que j’ai bien un code pin que m’a donné booking.com. Il me dit que ce n’est pas celui-ci. Le code serait les quatre derniers chiffres de ma réservation. Je suis parti de chez moi à Saintes ce matin vers 5 h. Il est 21h15. Je commence doucement à chauffer du côté des meninges. Mais quoi que bouillonnant je conserve mon sang froid. À quoi bon s’énerver nous avons l’accès aux appartements. On avance. Je promets de le rappeler si je ne trouve pas le mail en question.

Six boîtes noires, six, se dressent en effet mais laquelle est la nôtre ? Je recharge mon téléphone sur l’une des prises situées dans le couloir. Je fouille de fond en comble tous les messages, mes doigts passent et repassent sur tout ce que j’ai pu recevoir de booking.com depuis le 23 juillet, date de la reservation. Rien, nada, le néant. Pas de numéro d’appartement. En désespoir de cause je digite mes quatre numéros sur le clavier des six boîtes noires. Sistematiquement. Rien. Aucune boîte de s’ouvre. Je retourne sur mes emails car je viens de me dire que le message a pu se perdre dans les limbes des spams. Rien non plus. L’agitation nerveuse est à son paroxysme. J’essaie à nouveau sur les six boîtes avec le code pin de booking.com. Rien. Enfer et malédiction. Je prie les esprits du Manneken Pis et de Baudoin Premier ou de Leopold Deux de m’ accorder une sorte de trêve divine. Je suis fatigué . Je voudrais m’allonger. Allez je recommence une dernière fois, je suis têtu. Il y a sûrement une logique la-dedans. Mais je finis par réaliser qu’il y a plus de moins que de plus dans cette histoire à dormir debout. D’autant plus que je meurs d’envie de me soulager d’un besoin naturel et que dans ces moments-là je suis plutôt du genre nerveux. Allez je me résous à rappeler le quidam, le dit veilleur de nuit . Une fois, deux fois. Boîte vocale. Il est déjà 22h20, une heure que je suis à la lutte. Nous avons vu passer une bonne dizaine de personnes se rendant à leurs appartements. L’un passablement éméché nous raconte ce que je sais en dix langues. J’ai reçu un mail qui me donne le numéro de ma chambre et bla Bla bla. Finalement il est 22h30. Stop. Je stoppe les frais pour ce soir. J’abandonne. Nous repartons valises au bras, la queue basse à la quête d’un nouvel hôtel. Le premier hôtel rencontré est complet. ALLEZ À L’HÔTEL DU Congrès, nous conseille-t-on. Ah merci c’est gentil. Les terrasses des cafés sont bondées. J’ai une envie de bière qui me fait presque oublier mon envie de me soulager de ce besoin naturel pressant qui me persécute depuis déjà une bonne heure. Je pense bien à un moment le soulager entre véhicules stationnés mais dans la ville du Manneken Pis cela ferait piètre figure. Finalement nous y sommes.

Hôtel du Congrès. La nuit est à 65€ et les petits déjeuners à 9€ par personne. WI-FI Télé salle de bains. La chambre est immense mais pas d’air conditionné malgré la chaleur qui sévit. Mais nous n’allons pas faire la fine bouche. La chambre 314 nous est attribuée. Il est 23 heures. Bruxelles commence. Demain à 11 heures nous retournerons à Brussels appartements au 34 rue de l’association pour prendre possession des clés de notre appartement et qui sait être dédommagé de cette nuit à l’hôtel du Congrès. Je ne me fais pas trop d’illusion.

Après bien entendu comme il se doit avoir pris notre petit déjeuner continental sous le galop d’un cheval de bois polychrome récupéré d’un restaurant fermé en 1994 qui était attenant à l’hôtel. L’hôtel possède deux de ces chevaux de bois, vestiges d’un ancien carousel.

Nous nous rendons donc le matin vers 11 heures et après avoir expliqué notre histoire à la réceptionniste de l’ appart hôtel elle ne nous facture que deux nuits. Super. On respire. On emménage enfin dans notre appartement. A nous Bruxelles.